lundi 12 janvier 2026

L'hélice est lasse et c'est là qu'est l'os

Ce n'était pas une menace en l'air, cette histoire de têtes plombées à hélice. Non, non, non. Point du tout que je te ferai dire même. En utilisant avec habileté les petites pauses de ma journée en pointillés, j'ai avancé en douceur sur l'affaire. Il reste évidemment un peu de plomb à limer pour accéder à la perfection. J'en suis bien conscient, cela va de soi. Mais tout ça prend forme et c'est l'essentiel.

Pire, poussé par je ne sais quelle pulsion démiurgique de bon aloi, je me suis aventuré dans les territoires brumeux de la verve créatrice. Pensez-donc ! Un Hair-jig maison à hélice, mais où allons-nous, tout fout le camp, mon pauvre monsieur, c'est le retour de la chienlit, des zazous, de la permissivité à cheveux gras dans le cou, oui, bon, merde quoi, ma parole, c'est que les limites qui n'ont plus de bornes ouvrent sans précaution la porte des fenêtres à tous les vents qui font le lit de l'oisiveté, de l'assistanat et de l'anti-France, bordel de merde !!! Bon, excusez-moi, je m'emporte. Cette cinquième Suze était peut-être superfétatoire.

Montage basique, à la portée de n'importe quel bricoleur du dimanche, voire du lundi dans le cas présent, je ressens impatiemment le besoin de mettre l'engin au banc d'essai le plus vite possible. Certes, les précipitations musclées de la nuit dernière ne sont pas de bonne augure pour les prochains jours. Tout à l'heure, je suis passé sur un pont surplombant une petite rivière et je peux vous dire que ça dépote sa mère en rafting. Un coin où l'été, on compte les chevesnes depuis le pont, aujourd'hui, je ne me serais pas aventuré en waders. Ma prochaine fenêtre de tir est mercredi après-midi, je crains que cela ne soit un peu trop tôt hélas...
 

En tout cas, cette nouvelle phase de bricolage, synonyme de températures de nouveau décentes, me donne de quoi m'occuper les mains et l'esprit en cette période pénible. D'ailleurs, si certaines poivrasses arrivent à se donner bonne conscience en suivant scrupuleusement les conseils fitness du gouvernement en s'infligeant le Dry January, de mon côté, j'ai un objectif tout aussi louable, celui de ne PAS acheter de matériel de pêche en janvier. Na, c'est dit, pochtron qui s'en dédit.

Déjà une douzaine de jours d'abstinence, je crois que l'on peut honnêtement déjà saluer bien bas ce début d'exploit. Je ne suis pas passé loin de la commande Camotackle durant un moment de faiblesse mais j'ai su conserver au prix d'efforts surhumains ce qui me sert de dignité. Ouf, le naufrage a été évité. Pour l'instant.

 


 

dimanche 11 janvier 2026

Ah ben quand même...

Je déclare donc officiellement lancée l'année halieutique 2026. Il était temps, nom d'un petit innocent en talonnettes persécuté par des journalistes mythomanes, des bédouins affabulateurs et une magistrature marxiste-léniniste assoiffée de sang. Car après avoir enduré en silence, avec une dignité totale, trois semaines d'épreuves (attention, hein, de vraies épreuves, froid, neige, abstinence de pêche, lecture du Figaro...), je tiens à livrer mon témoignage dans un ouvrage digne mais poignant qui s'intitulera "Journal d'un Braconnier".  Certaines vérités se doivent d'être rétablies. Bref, en ce très frais dimanche matin, on a enfin pu célébrer le retour au bord de l'eau pour le Bourreau de la Boutonne qui est un peu au Maillochistan ce que Nicolas Maduro était encore récemment au Venezuela : un leader débonnaire et sympathique mais sans moustache (les ayants-droit de Josef Staline, Saddam Hussein et Roland Magdane le menaçant régulièrement de poursuites pour plagiat de vibrisses). Parmi tous les moments de joie qui ont entrecoupé nos claquements de dents, je me dois de mettre en avant une nouvelle trouvaille décrochée d'une branche rivulaire : un crankbait qui devrait prendre sa perchette aux beaux jours. Youpi.

Passons charitablement sur l'agraphe pour cachalot utilisée pour attacher la petite chose, à crankbait offert, on ne mégote pas le bas de ligne comme le dit la sagesse populaire. Mais nous n'étions pas là uniquement pour récupérer des leurres dans les arbres. En effet, ces retrouvailles placées sous le signe des mains qui picotent sous la morsure du blizzard avaient pour objectif premier de prendre des poissons !!! 

Par chance, nous n'avons pas trop attendu pour débredouiller. Une nouvelle fois, c'est le Tanta qui nous a sauvé la mise, quelle surprise. Alors que nous nous étions préparés pour une traque de la perche, de façon relativement étonnante, nous n'avons longtemps pris que des chevesnes.


Il a tout de même fallu être bien concentré pour les prendre, les petits salopiots. Le Bourreau de la Boutonne, en restant fidèle au Tanta, s'est envolé au score. De mon côté, je me suis un peu perdu dans les changements de leurres, une perte de temps avérée tant mes doigts gelés étaient incompatibles avec la motricité fine requise pour enfiler sur la hampe d'une tête plombée un micro leurre souple...



En fin de matinée, devant une certaine baisse d'activité (en même temps, le spot était plutôt du genre exigu), nous avons commis l'erreur classique des pêches hivernales dans le secteur : la ruée vers les hot-spots d'automne, hélas actuellement soit squattés par des vifeurs de base pêchant depuis l'intérieur de leur véhicule garé au ras de l'eau, soit totalement vides de poissons.
 

Il fallait essayer pourtant mais là, c'était un jour sans. Finalement, les leurres du jour étaient le Tanta et le Nano Minnow. Enfin, plus exactement, ils étaient les leurres qui convenaient pour pêcher dans peu d'eau les concentrations de poissons facilement repérables, soyons honnêtes. Et pour finir sur une touchante note de sincérité, spectacle si souvent absent de la littérature halieutique contemporaine, je tiens à saluer le talent de mon comparse maillochistanais qui a réussi, lui, à prendre autre chose que des chevesnes !!! Oui, l'inénarrable Bourreau de la Boutonne a pris deux perchettes et un rotengle, remportant brillamment ainsi le Challenge Multi-Espèces !!!



Une journée de reprise bien fatigante avec un peu de route, certes, mais au final avec du poisson, ce qui était le but de la manoeuvre et qui, surtout, reste toujours en cette saison froide un objectif périlleux, tout spécialement après une semaine de neige et de tempête.

 


 

mercredi 7 janvier 2026

Montages & Projets

Heureuse nouvelle en vérité : je viens de réussir cet exploit mémorable, ce triomphe du début d'année, oui, j'ai ma carte de pêche 2026. Cependant, n'allez pas hâtivement en conclure que je vais me ruer dès demain après-midi sur les berges boueuses à peine dégelées. Déjà, je travaille, snif snif, et surtout demain, qui qu'arrive ? Ben la grosse tempête à son chti pépère, bordel. Goretti. Mais qu'est-ce que c'est que ce blase encore ? Ils les trouvent où leurs noms sérieusement ? Bref, on va attendre encore un peu pour une bonne vieille bredouille sous la pluie. Mais le redoux est là et je vais en profiter pour avancer sur certains projets.

Si vous suivez un tant soit peu mes divagations chroniques, vous avez dû apprendre à un moment donné que je fréquente durant la fermeture des brocantes-pêche. Lors de ces réunions fiévreuses, j'ai régulièrement acheté pour 10 centimes la pièce quelques vénérables leurres souples dont des Killer Shads Mister Twister (voir plus haut). En effet, j'avais en tête d'en faire quelque chose en rapport avec un vieil article de la Pêche & les Poissons datant dans mon souvenir du début des années 2000. Mon cerveau ne m'avait pas joué un vilain tour car en fouillant dans les archives de la Bibliothèque Nationale du Maillochistan, j'ai retrouvé j'ai retrouvé le dit-article.



Il s'agissait de la description détaillée d'un montage imaginé par Thierry Lacombe, à l'époque guide de pêche sur le fameux lac du Der, pour traquer spécialement les grosses perches hantant cette immensité aquatique. Double bas de ligne terminé par deux Killer Shads montés sur des têtes plombées à hélice maison... Rien que du bon !!!


Voilà donc en quoi consiste ma prochaine marotte. Si toutefois cette expression datée reste autorisée...
 

 



mardi 6 janvier 2026

En stand-by

Et revoilà janvier et son épreuve suprême : arracher sans tomber dans la folie furieuse une carte de pêche plus ou moins valable au site officiel démoniaque de la Fnpf, une monstruosité informatique n'obéissant qu'à des algorithmes sadiques. Comme tous les ans, je vais finir par l'obtenir mais après avoir essayé 128 codes différents, changé 79 fois d'AAPPMA et fini par me déclarer né en 1882.


Ce n'est pas comme si c'était urgent non plus, remarquez. Sinon je serais allé à la  jardinerie de Ploucasse-les-Moufettes prendre la carte des Loches lubriques ou d'une autre société du coin (je ne suis pas sectaire).

En effet, exceptionnellement, la neige a figé le Ploukistan, m'octroyant même deux journées de farniente qui m'ont permis de progresser dans mes tentatives désespérées de rangement. 


Hélas, en tentant une autre de ces tâches impossibles (trier les photos encrassant la mémoire de mon portable), je me suis un tant soit peu laissé happer par les réseaux sociaux.  Quelle perte de temps sauf si l'on ressent un irrésistible besoin de se voir confirmer l'ignorance,  la bêtise et les capacités incroyable du minus habens à se faire manipuler par le grand capital et ses relais médiatiques.


Allez, on croise les doigts, on garde ses moufles et son bonnet et on prie pour qu'on puisse éventuellement pêcher un peu ces trois prochains week-ends !!!



samedi 3 janvier 2026

L'espoir renaît avec timidité

Alors que la Ligérie Inférieure avait terminé l'année en beauté avec 61 morts sur la route, améliorant ainsi le score de 2024 qui était resté bloqué à un médiocre 50, la nuit du Réveillon a tenu ses promesses en emportant, dans des crissements de freins stériles, la vie d'une jeune fille de 23 ans et celles de deux jeunes garçons de 17. Le 44 ne mollit pas. Par chance, j'ai évité d'un cheveu d'Eric Ciotti ce matin de rallonger la liste en esquivant d'un petit coup de volant opportun le blaireau en utilitaire arrivant en face à pleine vitesse et n'ayant pas pris la peine de noter la présence d'une plaque de verglas pourtant grande comme un terrain de football. Cela dit, quelques minutes auparavant, en marchant précautionneusement tant les trottoirs étaient sournois, en allant récupérer mon véhicule, je suis passé au milieu d'une "scène de crime" comme on en voit dans les téléfilms au suspens haletant (d'après Télé Z au moins...) de France Télévision. "Mort suspecte au Ploukistan" comme si vous y étiez. Glaçant. Un voisin a été retrouvé mort et manifestement pas de cause naturelle. Terrible. En rentrant du travail, j'apprends avec une stupeur très relative que les bombes américaines s'abattent sur le Venezuela MAIS pour le "libérer" (c'est fou ce côté chevalier servant des Américains dès lors que la demoiselle en détresse pèse ses 300 milliards de barils de pétrole...). En toute candeur, j'invite ceux qui trouveraient des excuses à cette action à se référer à l'histoire diplomatique des années 30 afin d'y trouver potentiellement quelques similitudes frappantes.

Si l'on y ajoute ce froid tenace, vous comprendrez facilement que le moral est fragile. Malgré tout, avec une résignation de bon aloi, je m'efforce de ne pas flancher en continuant contre vents et marées mon inventaire de l'impossible. J'y arriverai !!! Par contre, je me perds trop souvent en tâches secondaires comme, par exemple, réfléchir à un Chacha Bait lilliputien mais chut, j'en ai déjà trop dit.


Alors, me direz-vous de votre misérable filet de voix de fausset à en faire passer l'organe vocal du sémillant Jean-Philippe Tanguy pour celui de Paul Robeson, comment après un tel étalage de morosité, peut-on laisser le mot "espoir" dans le titre de ce billet ? Oui, homme de peu de foi, en vérité l'espoir renaît car le week-end prochain, la douceur, certes accompagnée de précipitations mais on a rien sans rien, ma pauvre dame, la douceur, disais-je, revient !!! C'est peut-être très provisoire, j'en conviens mais ça me poussera certainement à renouer avec une certaine pratique itinérante hivernale volontariste en diable de la pêche à la ligne et c'est déjà ça à se mettre sous la canne en ces temps de disette.
 

 

vendredi 2 janvier 2026

Toujours pas de pêche...

Ne rien lâcher surtout, ferme sur les appuis, remonté comme une pendule sous Redbull, je me dois en responsabilité d'achever ce rangement titanesque sans dévier de ma route et... Oh un Vitala... Un orange, pinèze !!! Mais comment que quoi mais si mais non ? Vite, lâchons immédiatement le boulot prévu pour monter ma 590ème cuillère-maison !!!

Une balle de 4 grammes, une palette d'AR-S, un bout de corde à piano et le tour est joué. Bon, d'accord, il s'agit là d'une entorse à mes saines résolutions. J'ai dérapé. O.K. J'avoue. Mais reconnaissez tout de même que ça a une certaine gueule, cet assemblage, non ? Il ne ferait pas un froid de gueux dehors, j'aime autant vous dire que je serais allé l'essayer séance tenante. Sauf que je suis un misérable dont la frilosité n'a d'égale que la fainéantise...

Misère... Alors qu'une petite voix dans ma tête me susurrait des mantras inspirants d'une positivité totale...


Il va me falloir donc encore beaucoup de patience avant d'étrenner l'engin. Combien, je n'en sais rien car à chaque fois que je mets la truffe sur les prévisions météo, j'éprouve la sinistre impression que les températures positives s'enfuient au loin en laissant seul face au givre et au vent du nord-est. Fatalitas !!!