dimanche 14 juin 2026

Palmipède matinal

La nuit avait pourtant été chaude et courte. Évidemment, les juvéniles bouseux en moto cross n'étaient pas passés à côté de l'occasion rêvée de faire chier le monde toute la nuit en brûlant à gogo de l'énergie fossile avec un enthousiasme touchant. Décalqué de la calebasse à la sonnerie du réveil, programmée à 5h, je m'extirpe dans bien que mal de mes projets ensommeillés d'installation de corde à piano en travers de la route pour me préparer à aller palmer car, oui, je me suis décidé à enfin remonter sur ma bouée fétiche  !!!

Heureusement, je ne suis pas parti trop loin car une fois le float-tube gonflé, un constat m'accable : j'ai oublié de prendre mes palmes. Oh non... Un aller-retour plus tard, ça y est, on est partis. Hélas, les poissons ne font pas preuve d'une activité débordante. D'autant plus que j'ai pris ma Trinis M et que les perchettes qui suivent par paquets de 20 mes leurres sont encore à quelques années de croissance de pouvoir s'y piquer. Mais par miracle, l'une d'entre-elles finit par commettre une erreur fatale et me sauve donc de la bredouille, grâce à mon imitation aliexpress d'un crankbait Tiemco à bavette souple dont le nom actuellement m'échappe...


Un peu vacciné par des débuts laborieux, je descends un peu en aval, histoire de titiller des perches qui s'avèrent imprenables du bord mais qui squattent un tas de bois immergé. Pour ne pas prendre trop de risques dans le mikado, j'envoie un vieux poisson-nageur Wlure peinturluré par mes soins critiquables au ras de la berge et... Boum ! Un joli chevesne embusqué à fleur d'eau le dégomme !!!
Là, le moral remonte en flèche. Ce ne sera toutefois qu'une embellie passagère car à l'exception d'un bass qui croquera mon Vixen Minnow 70 (c'était la matinée Tiemco ou quoi ?), l'activité retombera vite. Je décrocherais juste trois petits bass en texan sur un nouveau shad aliexpress mais j'en parlerai plus tard...

 
J'ai quitté la zone à 10 heures, le soleil était déjà brûlant et les rives se remplissaient de joggers entre deux âges désireux de tester la réactivité des services d'urgence d'un hôpital de campagne un dimanche. On a les sports extrêmes qu'on peut...
 


samedi 13 juin 2026

Pinsage de proximité 9

Samedi matin, par un coupable relâchement ayant certainement eu une incidence dramatique sur le P.I.B, je me suis octroyé une grasse matinée sentant bon la paresse, l'indignité, bref l'anti-France certifiée 100% gauchiasse décadente. Levé à 8h00, comme un sybarite de chef lieu de canton, j'avais pas mal de trucs à faire avant de partir pour la journée. Sur le chemin, une idée lumineuse me suggère de passer par Action prendre un Sling-Bag Ranger. L'ustensile est peu onéreux et assez pratique pour le genre de sessions minimalistes qui constituent l'essentiel de mon activité halieutique hebdomadaire. Aussitôt l'objet en ma possession, je décide de consacrer une heure au soleil à cette pêche raffinée qui a fait ma célébrité (ou pas).

Premier constat, il n'y a pas d'eau. Bizarre, je croyais pourtant que les nappes étaient pleines début avril. Vu que je suis en tenue de sortie, j'ai choisi un coin accessible du bord et raisonnablement envahi d'orties. Après quelques perchettes décrochées au Pencil 47 en guise de hors-d'oeuvre, je sors vite les cuillères recyclées car je dois lancer loin au milieu d'herbiers susceptibles d'infliger des dommages irréparables à mon arachnéen bas de ligne (hé oui, je fais mon délicat en XUL, pointe en 18/100°° !!!). J'ouvre le bal sur un... Rotengle. Ils sont chaud-patates en ce moment.

Puis j'enchaîne avec un bass pas énorme mais qui, en XUL, me donne l'occasion de mettre à l'épreuve ma petite canne (évidemment, comme j'étais parti pour une session rapide, je n'avais pas pris l'épuisette...). Le spot a été bien ruiné par la rudesse du combat. Je pars donc pêcher quelques minutes en aval. Pas d'eau non plus, encore moins même, mais les perchettes squattent les lisières ombragées... La vieille cuillère Nymphe offerte jadis par le Bourreau de la Boutonne, rechapée par mes soins après bien des aventures, fait encore merveille !!!

Je finis par retourner au spot précédent en changeant de leurres. Passage au micro Fat Swing Impact Lureholic et hop, direct, un kiki bass ne laisse pas passer l'offrande. Il commence à faire bien chaud, je sue à grosses gouttes et je suis à deux doigts de plier pour la journée...

Mais dans le fouillis de micro leurres souples qui déborde de la musette, je retrouve l'unique exemplaire survivant du Mebaru Shokunin Ecogear !!! Monté sur une tête Aji Ringer Reins 0,9 gramme (le vide-grenier toujours !!!), au premier passage, paf ! Un joli rotengle n'en a fait qu'une bouchée.

Bon, j'ai continué encore dix minutes malgré le cagnard et surtout l'horloge qui tournait mais je n'ai pris que des kiki bass après avoir dit adieu à mon Mebaru Shokunin tombé au champ d'honneur...


Voilà. Ma nouvelle musette est baptisée en douceur, j'ai pris quelques poissons en un minimum de temps et demain, avec un peu de motivation, ce sera pêche aux aurores...
 

 

jeudi 11 juin 2026

Pinsage de proximité 8

Aujourd'hui, le gros avantage que j'avais résidait principalement dans une totale absence de choix quant à la durée et à la destination de l'éventuelle sortie volée entre deux épisodes de labeur acharnée. En effet, je n'avais qu'une heure et demie à consacrer au noble art du pinsage pré-estival. Retour donc au fameux parcours aménagé où je me dois de slalomer entre les généreuses déjections canines évidemment non ramassées par les propriétaires ex-CSP+ majoritairement retraités qui laissent leur Youki d'Amour y déféquer d'importance en toute impunité. Les incivilités communautaristes, hein, mon petit Pascal...


Insistant lourdement sur l'usage de ma canne L Sakura, j'avais pris surtout un échantillonnage de leurres durs mais suite à un suivi de surprise d'un silure de 10/15 kilos sur une Mepps numéro 2 customisée au tout début de la session, j'ai révisé ma position. Je n'avais pas le temps de bastonner du moustachu, faut pas déconner. Il me restait en stock par contre quelques shads Lureholic. Parfait, ça, ça convient bien...
 

Certes, je n'ai pas le matos idéal pour ce style de traque millimétrée mais en desserrant un minimum le frein du moulin, ça passe. Hélas, j'ai eu l'occasion de regretter amèrement de ne pas avoir pris la XUL car les rotengles étaient joueurs. Ce sera pour une autre fois, j'aurai ô combien d'occasions supplémentaires de tremper du fil dans le secteur si j'hérite tout l'été d'emplois du temps similaires, hélas !!!


Que dire de plus ? Les perchettes sont mordeuses, la taille du leurre est adaptée mais si l'on excepte le passage du silure, je n'ai pas vu le moindre poisson digne de ce nom. Même les gros chevesnes goguenards semblaient aux abonnés absents.

Au milieu des myriades de perchounettes boulimiques, je suis tombé sur un bass particulièrement vorace. On sent qu'ils sont d'origine américaine, hein, il y a un truc bien à eux tout de même...


Comme j'en ai pris l'habitude, les derniers moments de la sortie sont consacrés à l'essai de leurres à l'opposé de ce que j'ai utilisé pendant la session. Aujourd'hui, c'est une AR-S de 3,5 grammes (oui, il y a toujours beaucoup de vent...) qui m'a rapporté quelques touches, toutes décrochées sauf une...

 
Oui, je dois humblement admettre que c'était une après-midi à perchettes. Une de plus...
 

 

mercredi 10 juin 2026

Pinsage de proximité 7

D'ordinaire, le mercredi, j'ai mon après-midi pour m'en aller débusquer quelques alevins apeurés au delà de mon aire de prédation quotidienne. Sauf que le fait de rentrer à 14h30 sans avoir eu le temps la veille de trier un tant soit peu son matos, ça obère sérieusement les chances de pêche à distance. Il est donc 16h passées quand je pars. Autrement dit, je vais pêcher pas loin.


Histoire de sortir de la morne routine, je décide de changer de spot et d'en exploiter un où je ne suis pas allé depuis un bon siècle... Pour une excellente raison, c'est un parcours aménagé avec parking et tables de pique-nique (ce qui vous laisse présager de la qualité de la fréquentation usuelle).


Disons les mots justes, c'est un choix contestable, effectué dans l'urgence et qui va confirmer ses défauts présumés tout au long de la sortie. Pour commencer, il n'y a pas d'eau mais ça, hein, c'est le cas un peu partout. 



De surcroît, le poisson y est méfiant, tatillon, flirtant avec la paranoïa. On le comprend.  J'ai donc eu peu de touches franches et un bon nombre de suivis dubitatifs conclus par un refus énergique.



Selon l'adage bien connu, "quand c'est dur, retour aux valeurs sûres", je ne me suis pas compliqué le boulot : Tiny Fry 50 + cuillères tournantes, la base...


Finalement, c'est encore une AR-S Blux (mais en coloris arc-en-ciel cette fois-ci) qui a assuré le gros des prises (oui, j'avais pris ma canne L, une poussée d'ambition maladive probablement liée à un début de démence sénile, que voulez-vous...).



Ça n'a pas eu le pouvoir de faire grossir la taille moyenne des poissons, bien sûr. En XUL, il est probable que les prises auraient été plus nombreuses. 


Encore un secteur qui est très peu susceptible de me revoir ces prochaines semaines. Un de plus... Vivement que mes nouveaux waders respirants me soient livrés et que je puisse aller palmer dans le bouillon de culture, saperlotte !!!




mardi 9 juin 2026

Pinsage de proximité 6

Encore une fois, j'ai voulu dans mon infinie fainéantise éviter le port olfactivement franchement discutable de waders PVC alors que je retournais travailler en soirée. Il est vrai aussi que cet ustensile est un peu à la fraîcheur de l'odeur corporelle ce que Nordhal Lelandais est au co-voiturage. Autant essayer de pêcher un parcours archi-racassé, certes, mais sur lequel je peux rester en tenue légère. Le léger rafraîchissement du fond de l'air était le bienvenu, par contre, le vent un peu moins. Désireux de ne pas trop tortiller du slobard, je prône d'emblée l'efficacité. Grass Minnow Ecogear, on va aller directement au plus pressé !!!


Hélas, le vent latéral m'empêche de poursuivre dans cette voie royale du pinsage de rotengles. Il est impossible de contrôler la récupération du leurre et même de voir où il retombe à la fin du lancé. C'est pas évident du tout cette affaire...


Au final, je me retrouve contraint et forcé de pêcher en dandine quasiment sous la canne pendant les plus grosses rafales. Donc à ce petit jeu, pas de surprise, ce sont les perchettes qui prennent cher.


Mes petites têtes plombées maison continuent de se montrer particulièrement adaptées à ce genre de pêche. Par contre, j'ai constaté la casse de la prise de mon pot à fusion. La boulette. Je n'ai pas encore eu le temps de trouver un réparateur mais il va falloir s'occuper de ça le plus tôt possible...


Bon, je ne vais pas vous imposer toutes les perchettes du jour non plus, hein. Disons que j'en ai pris beaucoup plus que dimanche. Ce qui va me pousser à reconsidérer la fréquence de mes sorties longue distance...


Le Grass Minnow, c'est super, personne ne se hasardera à le contester mais entre nous, soit dit en passant, ce serait vraiment sympa de pêcher autrement de temps en temps. Sauf que rattrapé par la sécheresse, j'ai déjà le sentiment d'être piégé dans la boucle infernale du marasme ligérien estival.


Sur la fin de la session, j'ai osé sortir un peu des sentiers battus... Relativement. Avec un des leurres achetés en vrac en vide-grenier, un Pintail d'une marque pour l'heure inconnue. Hasard ou réelle plus-value, il m'a rapporté une perche plus que correcte, au moins dans le contexte, et ce au premier lancé !!!


Mieux, au deuxième lancé, paf, un bass !!! Oh oh oh mais on tient quelque chose là, non ? Bon, ça a tourné court. Il était l'heure de repartir au turbin. En attendant, voila un leurre dont on reparlera...


Finalement, je ne m'en suis pas trop trop mal sorti de cette histoire. Jusqu'ici, tout va à peu près bien...