Pêche, nature & récriminations
lundi 2 novembre 2026
To Eire and back...2
Nous voici déjà au troisième jour de l'expédition. Toujours capot, rincés, glacés. Mais aujourd'hui, ça ne rigole plus, nous nous attaquons à un lac ordinairement productif. Il pleut mais modérément, il vente mais pas jusqu'à décoller les toitures, bon ça devrait aller. On se fait gentiment tremper sur le chemin mais soudain, ô merveille, le soleil paraît !!! Miracle, nous découvrons ébahis cet astre légendaire dont seul Eddie Carson, le légendaire pêcheur local affirmait jadis fermement l'existence malgré les hordes de contradicteurs incrédules peuplant le comptoir du Kellys, honorable estaminet bien connu de la Garda.
Timide, le soleil n'attendra pas son reste trop longtemps et nous laissera en compagnie de nuages noirs venus du nord qui colorent comme chacun sait les landes de pierre et tout le bastringue. Nuages noirs taquins, maintenant que j'y pense car ils nous doucheront bien comme il faut... Malgré tout, au détour de nénuphars pourrissants, j'ai comme une sensation bizarre au bout de la ligne et j'envoie à toutes fins utiles un ferrage de bûcheron. Aaaaaah !!! Je te tiens mon gaillard !!!
Un brochet d'environ 75 centimètres vient de se faire prendre sur un Fox Rage Replicant Jointed 180 en coloris Parrot !!! Il fait du bien celui-ci. Le moral remonte en flèche. Mieux, quelques minutes plus tard, c'est un autre brochet, un poil plus petit, qui vient choper le même leurre au ras de la surface dans plusieurs mètres d'eau !!! Serions-nous partis pour une journée homérique ? Ah ben non, en fait... L'heure qui suit s'étend monotone sans la moindre touche. Je change donc de leurre pour une association Miuras-Pig Shad 20 centimètres...Une tape près du bord loupée plus tard, j'indique la zone à mon comparse qui, d'un magistral coup de X-Buster attrape l'insolent !!! Nous ne sommes plus bredouilles. Ouf.
Il reste quelques heures de pêche mais entre le retour du vent et celui de la pluie, ce sera plus un calvaire qu'autre chose. Nous aurons quelques tapes loupées jusqu'à ce que lassé de ferrer dans le vide je remette au bout du fil le leurre qui m'a valu en doublé...Qui se transforme au bout de deux lancés en triplé.
Quand je pense que si je n'avais pas vendu ces derniers temps des bouquins frénétiquement sur Vinted, je n'aurais pas acheté ce leurre...
Trempés, gelés, rincés, certes, mais pas bredouilles !!! Le lendemain, ragaillardis par l'irréfragable constat de notre niveau de performance retrouvé, nous nous lançons un défi des plus audacieux : faire deux lacs et une rivière dans la journée. Sauf que la pluie et le vent des derniers jours (comprenez les deux semaines précédentes...) ont provoqué une montée des eaux assez conséquente...
Bref, ça ressemble à une inondation et le courant nous surprendra assez vite. Il nous faudra presque deux heures, des moments d'angoisse et une batterie de moteur presque vidée pour remonter vers le premier lac...
En ce qui concerne la pêche, par extraordinaire, à mon deuxième lancé, je prends un brochet à la Miuras-Pig Shad !!! On dirait que ça part plutôt bien, d'autant plus que mon compagnon de bord en prend un autre une minute plus tard... Sauf que ça sera tout pour la matinée. Au deuxième lac, je prends un jack sur un malentendu avec un Slider bruiteur peint maison (une coque aliexpress à moins de deux euros l'exemplaire, ça donne envie de se ruiner...). Par contre, dans les dernières minutes de la sortie, mon complice se déchaîne en prenant cinq brochets !!! D'accord, des petits mais bon, vu le contexte...
Le soir, nous aurons le triomphe modeste bien qu'avec huit brochets pris nous soyons les terreurs du jour (tout est relatif). Fort heureusement car le lendemain, le sort s'acharnera de bien cruelle façon sur nous. Nous tentions un lac inconnu et ça n'a pas été notre jour. Le lac est en effet très profond, sept mètres de fond à dix mètres du bord, ce n'est pas du tombant de boy-scout. Impossible bien sûr de s'ancrer et qui est-ce qui revient nous souffler dessus ? Aaargh... Le plus frustrant de l'histoire, c'est qu'au bout de dix minutes de pêche, un brochet vient taper gueule fermée au ras du bateau sur le même Replicant Jointed qui avait pris la veille. Ce sera le seul poisson vu de la journée...
Troisième bredouille sur cinq jours, le drame... Même la faune locale reste dubitative sur nos capacités.
Frustrés, nous arrêtons la pêche plus tôt afin de recouvrer des forces pour l'ultime sortie du séjour...
On va voir ce qu'on va voir, tiens !!!
dimanche 1 novembre 2026
To Eire and back...1
Ah enfin !!! Après bien des angoisses causées par l'annonce de la tempête Austen, de rumeurs d'annulation de bateau et autres soucis malvenus (comme une semaine de boulot entière dans un état sanitaire en dessous de tout par exemple), le tant attendu périple irlandais était sur les rails !!! Passons sur la traversée épique avec ses creux pour cap-horniers déchaînés, une tentative de meurtre par café dégueulasse déjouée grâce à mes incroyables capacités de régurgitation maritime, les menus travaux nous imposant un détour à travers des comtés dispensables pour en arriver à ce qui motivait fondamentalement cette épopée : la virée au pub...Ah non, pardon, la pêche sportive du brochet par conditions extrême...
Arrivés samedi trop tard pour envisager de façon décente une pêche même rapide, c'est dimanche matin que, plein d'allant, nous nous rendons sur le premier lac. Le temps est un peu gris mais après tout, il s'agit là d'un temps de saison en Hibernie, que diable !!!
Hélas, nous ne savions pas que la météo allait nous apporter une nouvelle tempête. Le lac était profond de onze mètres par endroits, les rafales bien fortes et nous n'avons pas pu pêcher correctement, si jamais c'était possible...
Comme c'était le premier jour, nous n'avons pas voulu céder trop facilement devant les éléments déchaînés. Orgueil d'une déplorable vacuité puisque nous n'avons pas eu la moindre touche et nous n'avons dû notre survie au final qu'à l'apport calorifique bienvenu de la gastronomie locale !!!
Le lendemain, échaudés par cette rebuffade vexante, c'est sur un lac peu profond que nous avons jeté notre dévolu, convaincus un peu hâtivement que nous trouverions plus facilement les poissons dans un faible volume d'eau. Effectivement, la situation s'est franchement améliorée puisque nous avons eu tout de même deux suivis de brochetons dans la matinée et l'après-midi, une tape franche sur un Spin Mag 24 grammes Fire Tiger...
Deux jours de pêche, deux capots...Ouille, ça part mal. On est déjà au tiers du séjour et un zéro pointé fait mauvais genre. Pire, les autres pêcheurs du lodge n'ont pas pris grand chose malgré une expérience du coin assez conséquente... La pleine lune, les tempêtes, la température de l'eau qui est remontée ?
dimanche 18 octobre 2026
Loire & déboires, épisode 2897
Ah mais c'est qu'on y croyait dur comme fer à cette descente musclée sur les bords du fleuve sauvage. Les requins du Danube n'allaient pas faire les malins longtemps, non mais des fois...Sauf que, vous comprenez, 5° à l'aube, un vent du nord, une Loire historiquement basse, etc... Et j'allais oublier cette compétition de cross-country qui nous a forcé à coups de déviations à explorer en long et en large la campagne angevine !!! Franchement, quelle épreuve... Bref, quelques heures nous ont suffi pour abandonner l'espoir de voir un aspe aujourd'hui. Seule une perche a daigné mordre à un leurre de Benoît.
Oui, Benoît, le même individu que l'on a pu observer durant l'après-midi sur un parcours street-fishing (dont je tairai le nom pour des raisons évidentes de sécurité) en train d'empiler les poissons en faisant montre d'une aisance assez bluffante. Car, vous vous en doutez, la partie de pêche à l'aspe avait fait pschit. Par chance, il y avait à peu de distance une solution de secours...
Nous nous sommes donc repliés sur les perches avant que l'averse se pointe, douchant définitivement nos secrètes ambitions...
Heureusement qu'elles sont là... Un dimanche au long cours qui débouche au final sur une pêche au minimum syndical, la Loire n'est décidément pas généreuse cette année.
jeudi 15 octobre 2026
Une session compliquée
Ouille ouille ouille. Pour une fois que je me retrouvais en position d'aller un peu plus loin que d'habitude en semaine, je me suis bien ramassé en gâchant la moitié de mon temps disponible pour aller sur des coins impêchables, pourris d'herbiers, recouverts de lentilles d'eau et surtout quasiment à sec. Je me demandais pourquoi je restais toujours à pêcher les deux trois coins habituels...Je ne me le demande plus. Mercredi, j'avais rattrapé un peu de sommeil en retard, heureusement, ça m'a permis de tenir le choc par cette chaude journée de mi-octobre (27°, ça calme...). Pour commencer, je l'ai joué fine dans les herbiers en weightless avec devinez quoi ? Une Finesse Filet Craw, quelle blague !!!
Bredouille sauvée, il était temps... La suite n'a pas été franchement délectable : j'ai dû réduire mes ambitions à l'inusable Baffi Fly. Pour assurer le quota de perchettes (j'ai même décroché une grosse perche-soleil avec ce merveilleux leurre souple !!!). L'absence de courant tangible et la clarté de l'eau en bordures n'ont une nouvelle fois pas aidé. Les rares belles perches entraperçues sont restées distantes...
J'ai essayé le Worm Lureshazer afin de voir si d'aventure, on ne sait jamais, sur un malentendu, un plus gros poisson pousserait la correction jusqu'à se faire attraper mais non, ce n'était pas le bon jour...
Je crains que je ne doive désormais renouveler ma panoplie du Parfait Petit Street-fisher villageois...
Ah si, à un moment, sans doute rendu fou par la chaleur, j'ai sorti de la musette un vieux RS-100 Illex recyclé avec une gaine ProskinZ... Il a eu le temps de prendre son bass, son ultime, car au lancé suivant, crac... Le fluoro 26/100°° Daiwa claque et catapulte le crankbait à l'autre bout de la rivière. Damned...
Ce fumier de fluoro me coûtera pendant cette partie de pêche un Cannibal Grub 13 centimètres (oui, parfois, j'ai comme des besoins de mégalomanie) et un bass correct. Il ne m'avait pas fait défaut jusqu'alors mais aujourd'hui, il a montré cruellement ses limites...
Du soleil, des pin's, des moustiques tigres en mode revanchards, et si c'était ça, le bonheur ?
mardi 13 octobre 2026
Retour à l'ordinaire ou presque...
Lundi matin, fracassé par le crapahutage intensif de la veille, j'ai entamé dans un brouillard cognitif bien épais ma journée de reprise. La pause méridienne que je consacre à la pêche s'est transformée en grosse sieste bienvenue. Mardi, rebelote, parti à la nuit noire, je n'ai pu voir le jour qu'en début d'après-midi. Bien décidé à reprendre ma routine halieutique, je suis donc descendu le long de la rivière toujours équipé de ma canne Johncoo Travel 7-28 grammes vu que j'étais rentré cramé dimanche soir et que tout était resté en vrac dans le coffre de mon coupé sport (les Français ont le droit de savoir). Je commence la session de la plus brillante des manières en loupant consécutivement sur le même spot deux bass moyens et une grosse perche au Jika Rig écrevisse (évidemment, quelle question...). Mieux... Je décroche trois perches au spot suivant et je perds deux montages Jika maison au fond dans des bois morts. Là, franchement, je suis au point de me convaincre de lâcher l'affaire et de rentrer faire une sieste réparatrice quand le miracle survient...
Un énorme chevesne qui était resté là dissimulé parallèlement à la berge se rue sur le montage, l'engloutit et se ramasse donc un ferrage d'anthologie dans les gencives. Ah là c'est du pépère !!! Heureusement, en patientant juste comme il faut, je réussis à l'emmener jusqu'à l'épuisette malgré les obstacles environnants. En fait, la partie de pêche aurait pu s'arrêter là mais j'ai poussé le mauvais goût dans ses ultimes retranchements en continuant à pêcher malgré mon état de fatigue avancé. J'ai donc ferré dans le vide un bon million de fois, loupant allègrement tout ce que je voulais, avant de prendre une perche avec...Quelle surprise... Le fameux Jika Rig "écrevisse" !!!
J'ai donc décidé de m'octroyer une sieste afin de récupérer et de (peut-être) améliorer tout ça mercredi...
dimanche 11 octobre 2026
Un petit tour dans le marais...
Au programme ce dimanche, une expédition dans le marais, afin de prendre quelques bass...Du moins, c'était le projet initial. Dès l'entame de la journée, il était assez évident que nous avions devant nous de longues heures de galère. L'eau était d'une clarté surnaturelle jamais vue dans le secteur. Malgré un coin d'ordinaire généreux en poissons, il nous a fallu attendre près d'une heure pour enfin prendre du poisson.
Pendant ce temps, bateaux et float-tubes passaient et repassaient devant nous sans connaître, il est vrai, une plus grande réussite. Poursuivant notre exploration, nous avons remonté le fleuve en quête de spots plus productifs. C'est un peu plus en amont que je prends un petit brochet-surprise tant ça faisait longtemps que nous n'en avions pas vu à ce niveau... Rubber Jig maison + KickerZ Zman en trailer, la recette du succès ?
Mais tout de même, c'est pas l'extase. La pause restauration est la bienvenue. Surtout pour le Bourreau de la Boutonne qui, en guise de digestif, cartonne en quelques minutes un tas de pin's dans le sillage du fier traîne-couillons officiel du marais, le Quolibet...






































