Un petit peu pris par le temps (alors que j'en ai plein de libre à mon corps défendant), j'ai tout de même pris un moment pour pêcher quelques secteurs accessibles en sneakers, histoire d'entamer une existence sans waders ni, de par le fait, float-tube. Il n'y a plus de courant perceptible à la surface de la rivière, le flux de nord-est éclaircit l'eau et la forte luminosité qui règne, ce ne sont pas franchement des conditions idéales pour pêcher sur ce bief. C'est même bien galère. Je suis tombé par hasard sur un regroupement de perches mais je n'en ai pris qu'une avec un petit shad aliexpress, une nouveauté appelée à des grandes choses...
Pour la suite de l'expédition, j'ai rejoué le même scénario : petite tête plombée sabot, hameçon texan et Filet Craw Supercontinent à gratter le fond. Inutile de préciser que c'est l'autoroute du kif pour les perchettes...
Oui, je sais bien ce qui se murmure derrière mon dos : le fou du bus, le ferrailleur maniaque, le jaillou de la Mepps vintage oxydée, ne le niez pas, hein, ça se gausse, ça dénigre, ça jase... Mais qu'importe après tout, peu de personnes sont dignes d'accéder à la maîtrise de l'artisanat métallique de jadis, bravant chaque jour le tétanos avec un mépris du danger et des convenances rappelant avec une certaine émotion les prises de paroles publiques de Luc Ferry.
Alors pendant que mes waders laissaient s'engouffrer des litres d'eau dans des bottines, elles, parfaitement étanches après ripolinage intensif de colle néoprène machin bidule, quoi de plus exaltant que de mettre au banc d'essai mes réparations-recyclages-réinterprétations de vieilles Nymphes de derrières les fagots du Père Mailloche, le Fouras de la palette vrombissante !!!
Et oui, pêcher en cuillères vintage, c'est aussi infliger à de vénérables reliques l'épreuve du feu. Il est donc normal qu'à un moment, on doive en passer par l'atelier...
En attendant, les exemplaires testés ont remporté un franc succès et m'ont comblé d'aise quant à l'efficience de mes réparations.
Certes, ma satisfaction pourrait être interprétée, par des esprits chafouins, comme une preuve éclatante de fatuité. Il est vrai que me goberger comme un Gérard Larcher au Festival des Gros Mangeurs de Rillettes du Mans parce que quelques perchettes rustiques ont cru malin de croquer un bout de ferraille, quelque part, oui, ça peut passer pour une manifestation outrancière d'auto-satisfaction à peu de frais...
Que voulez-vous ? On est bien peu de choses, alalalalala m'dame Michut, surtout avec cette recrue d'essence, hein, comme qui z'ont dit à la télé, pour sûr et puis, entre nous, on se doit de trouver de quoi se remonter le moral comme et où on peut à mon âge...
Il était donc écrit que j'allais passer une semaine de rentrée "atypique" en ne travaillant que le lundi et (un peu) le vendredi. Je ne vais pas me plaindre non plus même si cela risque de se voir au final sur la fiche de paye à un moment ou à un autre. Soupir. Mercredi après-midi, faisant contre mauvaise fortune bon coeur comme on dit dans les vieux romans pour scouts, j'ai décidé gaillardement de tester en conditions naturelles la réparation de la dernière chance sur mes waders respirants foireux (qui n'ont que deux mois d'utilisation derrière eux, Aliexpress, si tu nous regardes...). Ma réparation a été un franc succès, le pied droit est désormais totalement étanche. Le problème est désormais que des fuites sont apparues pendant ma séance de pataugeage aux deux jambes. Bordel.
Cela dit, si l'on excepte les risques manifestes de mycoses pas dans le manuel auxquels je me suis exposé à force de baigner mes orteils dans des rivières mi-glyphosate mi-cyanobactéries, pendant cette après-midi à faux-airs caniculaires, le refroidissement par eau, c'était plutôt appréciable.
J'avais sélectionné un parcours peu profond, pas trop éloigné mais ne recelant pas ou alors très peu de poissons de taille correcte. C'est donc avec une décontraction confinant au jemenfoutisme que j'ai tricoté au Pencil 47 Adam's pendant une bonne partie de la session.
Au risque de me répéter, je ne pense pas avoir jamais eu autant de réussite avec un leurre trouvé pendu à une branche basse. Le leurre de l'été s'est donc révélé être un leurre gratuit.
Bref, il faisait chaud, la rivière était plutôt basse mais les lâchés d'eau ponctuels du barrage sis 40 kilomètres en amont apportent un peu d'oxygénation. Cependant, une fois constaté le désastre et les pieds bien au frais, je n'ai pas parcouru toute la distance prévue, me contentant de quelques postes accessibles.
J'ai même pris un bass, tiens. Le deuxième sur ce bief car j'en avais décroché un plus en amont début août si ma mémoire ne me joue pas des tours. Ce n'est pas franchement l'endroit idéal pour en lâcher, je trouve, mais bon, après tout, vu l'évolution du climat...
Il avait bien mangé le bougre. Son bidou était plein d'écrevisses. Mais il risque d'être bien seul s'il décide d'éradiquer l'espèce sur cette rivière, le pauvre...
J'ai tout de même pris pas mal de perches malgré le coup de chaleur assez conséquent finalement même s'il n'avait pas l'intensité mortelle des coups de chalumeaux qu'on a encaissé depuis fin mai. La pêche était même plutôt facile. Il suffisait de lancer au ras de la berge ombragée, deux trois coups de scion et hop, la perche était dans le sac !!!
Les photos risquent de paraître assez répétitives, j'en conviens, et encore, je n'ai pas tout mis...
La faible profondeur moyenne de la rivière ainsi que la présence de nombreux herbiers étaient des facteurs facilitant ce genre de pêche rapide. Spécialement si on est en waders, pratique en cas d'accrochage, même si je conseillerais plus des waders étanches que ceux qui embarquent 5 litres d'eau par bottine...
Pour une pêche de reprise, c'était plutôt sympa, il n'y a pas à se plaindre.
Le Pencil 47 a dû me rapporter au moins une vingtaine de poissons, ce qui est vraiment pas mal vu le contexte.
Je crois qu'à mes futurs moments perdus, je vais essayer de compter combien de poissons (ou à peu près) ce petit leurre de surface m'a fait prendre depuis le mois de mai. Je crains d'être agréablement surpris !!!
Par la grâce d'un bug informatique, ô joie ô bonheur, j'ai bénéficié d'une journée de farniente impromptue. Contraint d'improviser, je me suis vite résigné à retourner pêcher "en bas" car je n'ai toujours pas eu le temps de tester les boudins du float-tube et, surtout, les énièmes réparations des waders respirants attendront un peu pour le crash-test. Douze degrés à huit heures du matin, c'est frais pour une pêche avec le pied mouillé, je trouve. Bref, pêche du bord, sur un secteur sur-pêché, eau claire, vent d'est, pas de courant... On pouvait déjà envisager le désastre.
Et pourtant, sans triomphalisme, ça s'est plutôt pas trop mal passé. Je n'ai pas eu beaucoup de touches mais finalement, à force d'insister, j'ai pris quelques poissons. Cela dit, en dehors des leurres souples écrevisses, ça a plutôt été moyen même si je me suis fait raccourcir quelques leurres souples par des carnassiers féroces.
Une fois encore, si j'avais choisi de pêcher XUL, j'aurais sans aucun doute pu facilement étoffer le score tant les perchettes avaient l'air en verve. Mais j'avais pris ma Wixom UL (qui n'a d'UL que le nom, hein, soyons sérieux un peu...) et il était difficile de finasser outre mesure...
Je suis resté la plupart du temps sur ces classiques intemporels que sont les Little Spider Keitech et les Finesse Filet Craw Supercontinent. J'ai décroché un joli chevesne au Bevy Pencil 60 et une...Carpe au Worm Lureshazer qui pue mais pour l'essentiel, c'était la Foire à l'écrevisse !!!
Ah oui, j'ai pris un bass avec un hair-jig maison agrémenté d'un Yubari Finesse mais ça a bien été l'exception qui confirme la règle, cette affaire. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé un peu de tout...
Le peu d'activité visible m'a donc contraint à gratter le fond de chaque poste, encaissant sans broncher les micro-attaques de perchettes et attendant avec patience les véritables touches de vrais poissons. Enfin, bon, je me comprends...
Hélas, car il faut toujours un d'hélas dans cette interminable chemin de croix qui constitue ma vie halieutique, à un moment le soleil est apparu et avec lui la cohorte infernale des moustiques tigres. Oh purée. Les infâmes saloperies méphistophéliques de leur mère...
Franchement, c'est à ne plus y tenir cette année... Allez, il va falloir que je me décide à tester l'étanchéité de mes waders (quel thème fâcheusement récurrent, tiens...) et changer un peu de décor.
L'ultime fenêtre de tir des grandes vacances s'est révélée en tous points remarquable : vide-grenier pêche annulé, suite aux intempéries de la semaine précédente, vent, pluie, refroidissement et eau boulée au programme pour notre trio de facétieux braconniers. Fidèle à mon habitude, j'avais bien évidemment emmené dix fois trop de matos et c'est un grand classique du Marais, le Cheburashka avec le fameux worm flottant aliexpress qui a lancé les hostilités !!!
La matinée s'est plus ou moins emballée par la suite. Pour preuve, je casse deux fois, en 26/100°° !!! Dont une fois sur un très gros bass qui passe sous la couche de merdes en bordure, une soupe d'algues filamenteuses dégueulasses et bien gluantes. Merdasse. Heureusement, je réussis tant bien que mal à sortir quelques bass... Mais plus petits par contre.
Finalement les herbiers sont bien tombés donc je renonce au texan pour passer à la tête plombée basique. Il y a sans doute eu quelques cormorans à venir se rassasier dans le coin cet été, non ?
J'ai pêché quasiment toute la session avec ma Trinis M mais j'ai fini en Wixom UL à l'abri du vent à faire les entrées de conches afin de prendre quelques perches. Raté, je n'ai pris qu'un bass au Easy Shiner chartreuse...
La seule perche du jour, elle, a subi aussi la loi implacable du leurre souple Keitech mais avec un Sexy Shad... D'ordinaire, ce genre de spot, les jours de pluie et de vent, ça donne souvent un peu de sandres mais là, avec les pelles fermées, sans courant...
Non, ce n'était pas la super journée, loin de là, il fallait s'appliquer pour faire un peu de touche. Plus la journée s'avançait, moins ça mordait. Il a même fallu que je donne du Zman Drop KicherZ en Ned Rig pour faire un poisson sur un spot pourtant bien fourni d'ordinaire...
Sinon le Grub aliexpress à double flagelle a lui bien assuré. Une casse et quelques poissons pris ou décrochés, vu le contexte difficile, je trouve ça plutôt prometteur pour la suite...
On y a quand même eu droit à cette sortie bass estivale finalement...
Bon, ben comment dire ? Il pleut, c'est pas trop tôt. Après avoir profité de la matinée pour avancer dans mon rangement, ce mouvement perpétuel névrotique, et dans le tri des leurres, sans que j'arrive à me résoudre à en vendre cependant, je suis d'une insigne faiblesse, bref, à l'issue de tout ça, pourquoi ne pas aller se tremper la couenne sous le vent ? Allez zou, c'est vendu !!!
Hélas, à peine arrivé au bord de l'eau, je me rends compte que j'ai oublié mes polarisantes. La boulette. Avec un ciel gris, des vaguelettes et l'eau claire en bordure, je suis incapable de voir si des poissons suivent mes leurres. Le petit détail qui n'aide pas...
Dans le doute, je reste sur des valeurs éprouvées (Little Spider, Shad Arawuna, Easy Shiner dont je me suis fait confisquer trois exemplaires déchirés sur des attaques mesquines de poissons d'une lâcheté confondante !!!). J'ai tenté quelques coups de leurres de surface bien sûr mais en pure perte...
Allez, c'est pas tout ça mais demain, c'est la dernière journée de pêche des vacances. On ne les a pas vu passer... Remarquez, 53 jours de canicule en un peu plus de deux mois, ça n'a pas laissé beaucoup de place...
Il était prévu initialement de descendre dans le bayou pour rejoindre le Guide Suprême du Maillochistan mais hélas ce dernier avait pris froid. L'équipée sauvage s'en est vue reportée à des jours prochains. Me retrouvant ainsi inopinément pris de court, j'ai bien entendu pris la plus inopportune décision qui soit : je suis retourné sur les spots de Loire qui ne donnent rien ou pas grand chose. Un grand moment, deux heures de détresse psychologique, de dérapages non contrôlés sur des cailloux vicieux et surtout pas un poisson en vue à part de timides attaques sur les plus petits leurres de surface utilisés. Un désastre. Midi sonnant, je me suis repris en main. Pause déjeuner. Le temps de réfléchir (le pied droit au frais, la botte de mes waders PVC ayant définitivement rendu son tablier...), je me décide courageusement pour une retraite en bon ordre en direction d'un affluent du fleuve afin de changer complètement de tactique !!!
Fini le patatage de leurres durs face au vent, dans les vagues et sans le moindre espoir crédible de débredouiller avant le crépuscule. La Trinis rejoint le coffre et je sors ma Wixom UL pour traquer le bass.
Malgré le vent insistant, je sauve très vite la bredouille grâce aux inévitables kiki bass. Par chance, je repère quelques poissons corrects squattant à l'ombre d'un marronier et l'un d'entre eux croque mon Easy Shiner 2" destiné à une éventuelle jolie perche !!!
Le moral remonte en flèche. Quelques mètres plus loin, je change de leurre pour mettre un Little Spider Keitech. Le choix royal. Un bass au premier lancé puis un gros chevesne en vadrouille que je décroche lamentablement, le scion de la canne s'étant pris dans les branches basses secouées par les rafales. Grrrrr...
J'ai considérablement corrigé le tir (même si la fête est plutôt gâchée par la perspective d'avoir ENCORE à racheter des putains de waders...). C'était super mal barré même. J'étais prêt à m'arrêter là quand j'avise une chasse au ras de la jussie de la berge d'en face. Oh oh... C'est un travail pour Super Whopper Plopper !
Bon, tant que je gagne, je joue... Allez, un bass, comment donc...
Je termine là dessus, bien fatigué de cette demi-journée entamée sous le signe de la scoumoune mais qui finalement ne s'est pas révélée si merdique que ça !!!