vendredi 19 juin 2026

Pause fraîcheur en attendant la fin du monde

L'arpenteur frénétique des berges s'est un peu calmé ces derniers jours, préférant passer en mode pusillanime, on se demande pourquoi... La chaleur est devenue pénible, les rivières lorgnent vers un assec précoce battant tous les records (et pourtant Dieu sait si depuis 20 ans, on a tiré la sonnette d'alarme au niveau local...) et aller à la pêche est passé de moment de détente à tentative de suicide par déshydratation.

La semaine qui arrive sera horrible. Peut-être même les deux prochaines, tiens, ça n'étonnerait personne. En attendant, si, par un concours favorable de circonstances heureuses, je survivais à cette épreuve, j'ai mis de côté quelques leurres souples qui devraient, un jour ou l'autre, s'il reste de l'eau et des poissons, rencontrer le succès. Le Twin Curly Tail 2,8" a déjà eu le bonheur de prendre un joli bass sur un hameçon Wide Gap lesté sur la hampe mais une légère gamelle de ma part lui a évité de finir photographié. Le leurre est solide, dense, nage à faible vitesse et même sur les relâchés, bon, ça promet... J'ai repris aussi des shads Finesse Supercontinent qui font merveille en split et drop-shot mais dans un coloris plus flashy qu'à l'ordinaire, anticipant avec brio les lointaines eaux teintées de l'automne/hiver...

Comme si j'en manquais cruellement alors qu'au contraire, j'en ai assez pour ne pêcher qu'à ça pendant trois ans au moins, j'ai aussi acheté de nouveaux types de grubs : un peu chers pour les tarifs aliexpress mais ça vaut franchement le coût (ah ah ah jeu de mot d'une habileté extrême...). L'attractant est tenace, le corps plus aplati et beaucoup moins dodu que la plupart de ceux des produits comparables permet le montage texan sans problème et les coloris splendides...

Là encore, j'ai anticipé la baisse des températures avec quelques mois d'avance même s'il est possible que je m'en serve en pêche maritime nocturne cet été. S'il ne fait pas trop chaud, si je ne suis pas trop claqué, enfin bref si j'ai survécu début juillet, sait-on jamais...

En attendant, il est peu probable que je retourne à la pêche avant un bout de temps. Par contre, il est facilement prévisible qu'au moment où les températures extérieures seront plus favorables pour aller pêcher, les milieux aquatiques seront probablement complètement flingués... C'est déjà le cas pour la moitié ouest de la Loire Atlantique, j'imagine que dix jours de météo saharienne et des dérogations préfectorales à la chaîne pour l'arrosage massif en plein jour achèveront en beauté le reste.

 


 

mardi 16 juin 2026

Canicule Fishing 10

Allez zou, c'est déjà l'après-midi mais les températures annoncées ne fricotent qu'avec des 26/27 degrés qu'un baroudeur buriné de ma trempe considère avec dédain. Je retourne donc avec superbe sur les lieux de mes exploits matinaux. Sauf que le soleil est haut et que sans ombre, ça pique un poil...


Fini de jouer les ferrailleurs, place au subtil, au velouté, au Grub Supercontinent sur tête plombée Un gramme, quoi... Mais là encore, c'est une trop grosse bouchée pour ce qui se presse dans le courant du seuil, un maelstrom large d'à peu près vingt centimètres... Une perche puis un bass valident mon choix, pourtant ça ne mord pas des masses. Avec un micro Tanta sur hameçon de 16 par contre... Dommage, je n'en avais pas en magasin.


Finalement, je reprends une perchette au grub supercontinent avant de me rendre à l'évidence. On crame sur place. Je vais donc migrer piteusement vers les rares zones ombragées du secteur.


Ombragées, ombragées, bon, faut le dire vite quand même, hein. Le soleil tape dur et l'eau devant moi est d'une clarté inquiétante. Par chance, j'ai un leurre qui fait des miracles et il ne m'a pas coûté un sou. La vie est injuste, Auguste !!!


La décence devrait me dispenser d'afficher de telles photos mais on va mettre ça sur le compte de l'insolation. Je n'ai pas dû passer loin. Car j'ai changé de spot juste après cette perche mais je n'ai pu m'extraire de ma voiture. Pensez donc... Une place bien à l'ombre, un courant d'air... Qui ressentirait alors le besoin de retourner se faire cuire à point l'épiderme au bord de l'eau ?


Allez, on va enchaîner gaiement avec les prochains jours qui s'annoncent d'une amplitude thermique digne de châtiments bibliques. La pêche, ça va cinq minutes quand on passe en mode survie, poissons comme pêcheur...
 

 

Canicule Fishing 9

Aujourd'hui, j'avais envie de profiter dès ma pause matinale de la fraîcheur relative et surtout du peu de courant en aval d'un seuil depuis lequel je peux pêcher en tenue légère sans enfiler mon armure de PVC sentant le vieux putois mort à vingt mètres à la ronde. J'ai moins d'une heure de libre, allons à l'essentiel !

Une fois encore, car je suis un routinier acharné, je débute les réjouissances avec une cuillère tournante recyclée qui me rapporte quelques kiki bass. Mais ça se calme vite, ils ont compris la leçon.

Je tente de ranimer un peu le spot au Pencil 47 mais ça rame bien. Seul un super kiki se laisse leurrer...

Bon... Va falloir faire quelques réglages... Aglia Zéro, chic et de bon ton. Ben voilà, quand on peut...
 
 

J'en reprends un autre quasiment sur le même poste au lancé suivant avant que le filon s'épuise. Un doublé de petits chevesnes, je dois m'estimer heureux car le soleil s'est désormais levé et je peux contempler avec effarement le peu de profondeur que j'ai à mes pieds. On voit le fond partout, misère...


Les cinq dernières minutes seront fébrilement consacrées à essayer de prendre une perche...


Mission accomplie dans la douleur et les premières morsures d'un soleil vindicatif !!!

 


 

lundi 15 juin 2026

Canicule Fishing 8

Je commence à craindre sérieusement que les prochaines semaines ne soient émaillées de ces micro-sorties de proximité, qui plus est en journée. En effet, déjà trop fatigué pour me lever avant l'aube pour picorer du pin's avant le turbin, je rentre le soir carbonisé. Pour la rapide session de début d'après-midi, j'ai donc choisi un coin ombragé où un petit courant d'air mutin rendait presque supportable la chaleur...


Le coin est certes à l'abri du gros cagnard mais il est aussi très accessible et pêché à l'année par des centaines voire des milliers de pêcheurs. Autrement dit, je ne m'attends pas à y faire des miracles. Quelques perchettes devraient me suffire à réconforter mon fragile ego...

J'en prends quelques unes au Grub Supercontinent, l'incontournable débusqueur de pin's en toutes saisons, avant de passer à la Mepps Aglia numéro Zéro. On ne plaisante plus, c'est du sérieux !!!

Heureusement qu'elle est là. Je suis en tenue short et sneakers (un buffet à volonté poilu pour tout ce que le secteur compte d'insectes vampiriques bien sûr...) donc on va soigneusement éviter d'accrocher un leurre de valeur au milieu des caillasses fangeuses déjà à demi immergées...

Une fois de plus, fidèle à ma réputation d'iconoclaste à la pointe du progrès halieutique du futur de demain que je te ferai dire, je finis par quelques essais de leurres, essais non concluants hélas. Du coup, un dernier ratissage de la zone m'offrira quelques perchettes au leurre de surface. Là aussi, j'ai choisi la valeur sûre du moment, le Pencil 47 Adam's.

Une session courte évidemment mais un bon exercice de style dans le genre "éviter la bredouille caniculaire"...



Canicule Fishing 7

Jamais sans mon pin's, la saga continue... Pour l'instant, car j'ai l'impression que les niveaux ont pris une méchante claque en seulement un week-end. Même au stickbait, ça ne passe plus, misère...

 
Mais il en faut plus pour me persuader de ne pas essayer de pêcher pendant ma pause désormais réglementaire. En prenant des risques calculés, je débredouille en beauté en allant chercher un chevesne au milieu des myriophylles. 
 

Mais ce coup d'éclat restera unique tant le coin est pourri d'herbiers. Bon, Plan B ? Plan B... Direction un affluent proche afin d'y titiller les perchettes qui y squattent en masse. Retour à la petite virgule Supercontinent et en avant Guingamp !!!

Effectivement, à l'ombre du pont, il n'y a pas beaucoup d'eau mais par contre, ça grouille de perches de petite taille. Dès que le leurre touche le fond, c'est poisson. Je n'ai pas vraiment d'espoir réel de prendre une perche dépassant la douzaine de centimètres, soyons honnête, mais parfois j'ai pris sur ce spot des chevesnes ou même des gros rotengles...

Les perches se succèdent mais le temps passe, il ne me reste que 20 minutes de pêche. Que faire ?

Changer de spot, pardi !!! Là, par un coup de chance assez bienvenu, je dois dire, je tombe sur un rassemblement de poissons un poil plus conséquents (mais sans exagération non plus, hein...). Par flemme, j'ai continué avec le grub Supercontinent évidemment.


Bon, le filon prometteur ne recelait pas que de spécimens notoires, on y trouvait aussi de la portion...

C'est fou mais en un quart d'heure, j'assure une pêche honorable en quantité de pin's malgré des niveaux d'eau catastrophiques (plus particulièrement lorsque l'on se rend compte qu'on est QUE mi-juin, putain...).


Je me demande si je ne vais pas y retourner demain, tiens, si j'ai le temps, le courage et récupéré du coup de chaud de la fin de journée (je suis hors-service, trop pour regarder les Diables rouges se faire momifier vivants par les Pharaons, c'est dire).

Parmi mes nombreuses victimes matinales, un petit bass s'est faufilé et s'est fait relâcher illico sur le bief amont où il sera beaucoup moins emmerdé par les affreux viandards et autres braconniers Biactol du cru.

En attendant, c'est peut-être ma dernière session sur ce spot avant l'automne... C'est loin.



dimanche 14 juin 2026

Palmipède matinal

La nuit avait pourtant été chaude et courte. Évidemment, les juvéniles bouseux en moto cross n'étaient pas passés à côté de l'occasion rêvée de faire chier le monde toute la nuit en brûlant à gogo de l'énergie fossile avec un enthousiasme touchant. Décalqué de la calebasse à la sonnerie du réveil, programmée à 5h, je m'extirpe dans bien que mal de mes projets ensommeillés d'installation de corde à piano en travers de la route pour me préparer à aller palmer car, oui, je me suis décidé à enfin remonter sur ma bouée fétiche  !!!

Heureusement, je ne suis pas parti trop loin car une fois le float-tube gonflé, un constat m'accable : j'ai oublié de prendre mes palmes. Oh non... Un aller-retour plus tard, ça y est, on est partis. Hélas, les poissons ne font pas preuve d'une activité débordante. D'autant plus que j'ai pris ma Trinis M et que les perchettes qui suivent par paquets de 20 mes leurres sont encore à quelques années de croissance de pouvoir s'y piquer. Mais par miracle, l'une d'entre-elles finit par commettre une erreur fatale et me sauve donc de la bredouille, grâce à mon imitation aliexpress d'un crankbait Tiemco à bavette souple dont le nom actuellement m'échappe...


Un peu vacciné par des débuts laborieux, je descends un peu en aval, histoire de titiller des perches qui s'avèrent imprenables du bord mais qui squattent un tas de bois immergé. Pour ne pas prendre trop de risques dans le mikado, j'envoie un vieux poisson-nageur Wlure peinturluré par mes soins critiquables au ras de la berge et... Boum ! Un joli chevesne embusqué à fleur d'eau le dégomme !!!
Là, le moral remonte en flèche. Ce ne sera toutefois qu'une embellie passagère car à l'exception d'un bass qui croquera mon Vixen Minnow 70 (c'était la matinée Tiemco ou quoi ?), l'activité retombera vite. Je décrocherais juste trois petits bass en texan sur un nouveau shad aliexpress mais j'en parlerai plus tard...

 
J'ai quitté la zone à 10 heures, le soleil était déjà brûlant et les rives se remplissaient de joggers entre deux âges désireux de tester la réactivité des services d'urgence d'un hôpital de campagne un dimanche. On a les sports extrêmes qu'on peut...
 


samedi 13 juin 2026

Pinsage de proximité 9

Samedi matin, par un coupable relâchement ayant certainement eu une incidence dramatique sur le P.I.B, je me suis octroyé une grasse matinée sentant bon la paresse, l'indignité, bref l'anti-France certifiée 100% gauchiasse décadente. Levé à 8h00, comme un sybarite de chef lieu de canton, j'avais pas mal de trucs à faire avant de partir pour la journée. Sur le chemin, une idée lumineuse me suggère de passer par Action prendre un Sling-Bag Ranger. L'ustensile est peu onéreux et assez pratique pour le genre de sessions minimalistes qui constituent l'essentiel de mon activité halieutique hebdomadaire. Aussitôt l'objet en ma possession, je décide de consacrer une heure au soleil à cette pêche raffinée qui a fait ma célébrité (ou pas).

Premier constat, il n'y a pas d'eau. Bizarre, je croyais pourtant que les nappes étaient pleines début avril. Vu que je suis en tenue de sortie, j'ai choisi un coin accessible du bord et raisonnablement envahi d'orties. Après quelques perchettes décrochées au Pencil 47 en guise de hors-d'oeuvre, je sors vite les cuillères recyclées car je dois lancer loin au milieu d'herbiers susceptibles d'infliger des dommages irréparables à mon arachnéen bas de ligne (hé oui, je fais mon délicat en XUL, pointe en 18/100°° !!!). J'ouvre le bal sur un... Rotengle. Ils sont chaud-patates en ce moment.

Puis j'enchaîne avec un bass pas énorme mais qui, en XUL, me donne l'occasion de mettre à l'épreuve ma petite canne (évidemment, comme j'étais parti pour une session rapide, je n'avais pas pris l'épuisette...). Le spot a été bien ruiné par la rudesse du combat. Je pars donc pêcher quelques minutes en aval. Pas d'eau non plus, encore moins même, mais les perchettes squattent les lisières ombragées... La vieille cuillère Nymphe offerte jadis par le Bourreau de la Boutonne, rechapée par mes soins après bien des aventures, fait encore merveille !!!

Je finis par retourner au spot précédent en changeant de leurres. Passage au micro Fat Swing Impact Lureholic et hop, direct, un kiki bass ne laisse pas passer l'offrande. Il commence à faire bien chaud, je sue à grosses gouttes et je suis à deux doigts de plier pour la journée...

Mais dans le fouillis de micro leurres souples qui déborde de la musette, je retrouve l'unique exemplaire survivant du Mebaru Shokunin Ecogear !!! Monté sur une tête Aji Ringer Reins 0,9 gramme (le vide-grenier toujours !!!), au premier passage, paf ! Un joli rotengle n'en a fait qu'une bouchée.

Bon, j'ai continué encore dix minutes malgré le cagnard et surtout l'horloge qui tournait mais je n'ai pris que des kiki bass après avoir dit adieu à mon Mebaru Shokunin tombé au champ d'honneur...


Voilà. Ma nouvelle musette est baptisée en douceur, j'ai pris quelques poissons en un minimum de temps et demain, avec un peu de motivation, ce sera pêche aux aurores...