Oui, je sais bien ce qui se murmure derrière mon dos : le fou du bus, le ferrailleur maniaque, le jaillou de la Mepps vintage oxydée, ne le niez pas, hein, ça se gausse, ça dénigre, ça jase... Mais qu'importe après tout, peu de personnes sont dignes d'accéder à la maîtrise de l'artisanat métallique de jadis, bravant chaque jour le tétanos avec un mépris du danger et des convenances rappelant avec une certaine émotion les prises de paroles publiques de Luc Ferry.
Alors pendant que mes waders laissaient s'engouffrer des litres d'eau dans des bottines, elles, parfaitement étanches après ripolinage intensif de colle néoprène machin bidule, quoi de plus exaltant que de mettre au banc d'essai mes réparations-recyclages-réinterprétations de vieilles Nymphes de derrières les fagots du Père Mailloche, le Fouras de la palette vrombissante !!!
Et oui, pêcher en cuillères vintage, c'est aussi infliger à de vénérables reliques l'épreuve du feu. Il est donc normal qu'à un moment, on doive en passer par l'atelier...
En attendant, les exemplaires testés ont remporté un franc succès et m'ont comblé d'aise quant à l'efficience de mes réparations.
Certes, ma satisfaction pourrait être interprétée, par des esprits chafouins, comme une preuve éclatante de fatuité. Il est vrai que me goberger comme un Gérard Larcher au Festival des Gros Mangeurs de Rillettes du Mans parce que quelques perchettes rustiques ont cru malin de croquer un bout de ferraille, quelque part, oui, ça peut passer pour une manifestation outrancière d'auto-satisfaction à peu de frais...
Que voulez-vous ? On est bien peu de choses, alalalalala m'dame Michut, surtout avec cette recrue d'essence, hein, comme qui z'ont dit à la télé, pour sûr et puis, entre nous, on se doit de trouver de quoi se remonter le moral comme et où on peut à mon âge...