Heureuse nouvelle en vérité : je viens de réussir cet exploit mémorable, ce triomphe du début d'année, oui, j'ai ma carte de pêche 2026. Cependant, n'allez pas hâtivement en conclure que je vais me ruer dès demain après-midi sur les berges boueuses à peine dégelées. Déjà, je travaille, snif snif, et surtout demain, qui qu'arrive ? Ben la grosse tempête à son chti pépère, bordel. Goretti. Mais qu'est-ce que c'est que ce blase encore ? Ils les trouvent où leurs noms sérieusement ? Bref, on va attendre encore un peu pour une bonne vieille bredouille sous la pluie. Mais le redoux est là et je vais en profiter pour avancer sur certains projets.
Si vous suivez un tant soit peu mes divagations chroniques, vous avez dû apprendre à un moment donné que je fréquente durant la fermeture des brocantes-pêche. Lors de ces réunions fiévreuses, j'ai régulièrement acheté pour 10 centimes la pièce quelques vénérables leurres souples dont des Killer Shads Mister Twister (voir plus haut). En effet, j'avais en tête d'en faire quelque chose en rapport avec un vieil article de la Pêche & les Poissons datant dans mon souvenir du début des années 2000. Mon cerveau ne m'avait pas joué un vilain tour car en fouillant dans les archives de la Bibliothèque Nationale du Maillochistan, j'ai retrouvé j'ai retrouvé le dit-article.
Il s'agissait de la description détaillée d'un montage imaginé par Thierry Lacombe, à l'époque guide de pêche sur le fameux lac du Der, pour traquer spécialement les grosses perches hantant cette immensité aquatique. Double bas de ligne terminé par deux Killer Shads montés sur des têtes plombées à hélice maison... Rien que du bon !!!
Voilà donc en quoi consiste ma prochaine marotte. Si toutefois cette expression datée reste autorisée...
Et revoilà janvier et son épreuve suprême : arracher sans tomber dans la folie furieuse une carte de pêche plus ou moins valable au site officiel démoniaque de la Fnpf, une monstruosité informatique n'obéissant qu'à des algorithmes sadiques. Comme tous les ans, je vais finir par l'obtenir mais après avoir essayé 128 codes différents, changé 79 fois d'AAPPMA et fini par me déclarer né en 1882.
Ce n'est pas comme si c'était urgent non plus, remarquez. Sinon je serais allé à la jardinerie de Ploucasse-les-Moufettes prendre la carte des Loches lubriques ou d'une autre société du coin (je ne suis pas sectaire).
En effet, exceptionnellement, la neige a figé le Ploukistan, m'octroyant même deux journées de farniente qui m'ont permis de progresser dans mes tentatives désespérées de rangement.
Hélas, en tentant une autre de ces tâches impossibles (trier les photos encrassant la mémoire de mon portable), je me suis un tant soit peu laissé happer par les réseaux sociaux. Quelle perte de temps sauf si l'on ressent un irrésistible besoin de se voir confirmer l'ignorance, la bêtise et les capacités incroyable du minus habens à se faire manipuler par le grand capital et ses relais médiatiques.
Allez, on croise les doigts, on garde ses moufles et son bonnet et on prie pour qu'on puisse éventuellement pêcher un peu ces trois prochains week-ends !!!
Alors que la Ligérie Inférieure avait terminé l'année en beauté avec 61 morts sur la route, améliorant ainsi le score de 2024 qui était resté bloqué à un médiocre 50, la nuit du Réveillon a tenu ses promesses en emportant, dans des crissements de freins stériles, la vie d'une jeune fille de 23 ans et celles de deux jeunes garçons de 17. Le 44 ne mollit pas. Par chance, j'ai évité d'un cheveu d'Eric Ciotti ce matin de rallonger la liste en esquivant d'un petit coup de volant opportun le blaireau en utilitaire arrivant en face à pleine vitesse et n'ayant pas pris la peine de noter la présence d'une plaque de verglas pourtant grande comme un terrain de football. Cela dit, quelques minutes auparavant, en marchant précautionneusement tant les trottoirs étaient sournois, en allant récupérer mon véhicule, je suis passé au milieu d'une "scène de crime" comme on en voit dans les téléfilms au suspens haletant (d'après Télé Z au moins...) de France Télévision. "Mort suspecte au Ploukistan" comme si vous y étiez. Glaçant. Un voisin a été retrouvé mort et manifestement pas de cause naturelle. Terrible. En rentrant du travail, j'apprends avec une stupeur très relative que les bombes américaines s'abattent sur le Venezuela MAIS pour le "libérer" (c'est fou ce côté chevalier servant des Américains dès lors que la demoiselle en détresse pèse ses 300 milliards de barils de pétrole...). En toute candeur, j'invite ceux qui trouveraient des excuses à cette action à se référer à l'histoire diplomatique des années 30 afin d'y trouver potentiellement quelques similitudes frappantes.
Si l'on y ajoute ce froid tenace, vous comprendrez facilement que le moral est fragile. Malgré tout, avec une résignation de bon aloi, je m'efforce de ne pas flancher en continuant contre vents et marées mon inventaire de l'impossible. J'y arriverai !!! Par contre, je me perds trop souvent en tâches secondaires comme, par exemple, réfléchir à un Chacha Bait lilliputien mais chut, j'en ai déjà trop dit.
Alors, me direz-vous de votre misérable filet de voix de fausset à en faire passer l'organe vocal du sémillant Jean-Philippe Tanguy pour celui de Paul Robeson, comment après un tel étalage de morosité, peut-on laisser le mot "espoir" dans le titre de ce billet ? Oui, homme de peu de foi, en vérité l'espoir renaît car le week-end prochain, la douceur, certes accompagnée de précipitations mais on a rien sans rien, ma pauvre dame, la douceur, disais-je, revient !!! C'est peut-être très provisoire, j'en conviens mais ça me poussera certainement à renouer avec une certaine pratique itinérante hivernale volontariste en diable de la pêche à la ligne et c'est déjà ça à se mettre sous la canne en ces temps de disette.
Ne rien lâcher surtout, ferme sur les appuis, remonté comme une pendule sous Redbull, je me dois en responsabilité d'achever ce rangement titanesque sans dévier de ma route et... Oh un Vitala... Un orange, pinèze !!! Mais comment que quoi mais si mais non ? Vite, lâchons immédiatement le boulot prévu pour monter ma 590ème cuillère-maison !!!
Une balle de 4 grammes, une palette d'AR-S, un bout de corde à piano et le tour est joué. Bon, d'accord, il s'agit là d'une entorse à mes saines résolutions. J'ai dérapé. O.K. J'avoue. Mais reconnaissez tout de même que ça a une certaine gueule, cet assemblage, non ? Il ne ferait pas un froid de gueux dehors, j'aime autant vous dire que je serais allé l'essayer séance tenante. Sauf que je suis un misérable dont la frilosité n'a d'égale que la fainéantise...
Misère... Alors qu'une petite voix dans ma tête me susurrait des mantras inspirants d'une positivité totale...
Il va me falloir donc encore beaucoup de patience avant d'étrenner l'engin. Combien, je n'en sais rien car à chaque fois que je mets la truffe sur les prévisions météo, j'éprouve la sinistre impression que les températures positives s'enfuient au loin en laissant seul face au givre et au vent du nord-est. Fatalitas !!!
Alors que je n'ai pas encore pris ma carte de pêche pour cause évidente de procrastination domiciliaire étroitement liée à la persistance d'un froid toujours tenace, n'allez pas pour autant penser que je m'abandonne aux délices capiteux de la fainéantise en robe de chambre.
C'est tout le contraire. En effet, je suis en train de traquer dans tous les recoins les leurres souples dispersés par mon sens très personnel du rangement. On a pas idée à quel point plusieurs décennies de pratique assidue de la pêche à la ligne peuvent entraîner une accumulation de petits trucs. Mais là, tout de suite, je suis possédé par le démon de la motivation et je sortirai de ce frileux intermède avec des boîtes "prêtes à pêcher" que je ne vous dis que ça !!! L'objectif est louable, je vous l'accorde. Cela me dispensera des recherches fébriles précédant les parties de pêche plus ou moins improvisées.
On va insensiblement glisser dans la saison du rockfishing et cette année, foi de pinseur, je ne vais pas faire l'économie de quelques sorties sur l'estran. Il y a trop longtemps que je n'ai pas pris de poisson en mer, il est urgent de remédier à cette insupportable incongruité. N'oublions pas, ce serait injuste, quelques bassines de fermeture perdues de vue depuis un bail. Elles risquent de me revoir si, évidemment, le blizzard faiblit un brin ces prochaines semaines, sait-on jamais...
Cette entreprise était indispensable et je m'en veux un peu de l'avoir repoussée depuis tant d'années. Au moins, désormais, je sais quoi prendre d'un seul coup d'oeil au lieu de farfouiller dans des amoncellements chaotiques de paquets de souples en vrac et de boites à demi garnies de têtes plombées dépareillées.
Mais d'un autre côté, je n'ai plus d'excuses pour éviter d'aller traquer le lieu gobeur de civelles, la vieille boulimique terrée dans ses repères rocheux ou le gobie sournois terrorisant sa flaque. Enfin, si, j'en ai encore une et elle est assez évidente si on regarde un thermomètre...
C'est bien parti pour durer ces conneries, dirait-on. Du froid, du froid, du froid. Brrr, quelle période naze, Je n'ai même plus la volonté pour me faire violence et m'en aller pinser, la goutte au nez, la perchette juvénile. En même temps, bon, avec un vent comme ça et une température ressentie de -22°centrigrades, il faudrait me payer cher. J'attends donc avec une certaine résignation une fenêtre météo favorable à venir.
Et puis, cette vague de froid ne serait-elle pas l'occasion de ranger définitivement mon bordel ? Je sais, je dis ça tous les ans mais vous verrez, un jour... J'ai déjà entamé des démarches constructives comme rassembler les "shads à palette". Le côté recyclage n'échappera pas à l'observateur attentif.
Par contre, le truc qui a le don de m'effrayer, c'est de retrouver dans tout un tas de recoins des bricolages datant pour certains de très longtemps et qui attendent toujours d'être baptisés. Cela prouve deux choses :
1-La Fermeture est une période où je fabrique, rechape ou recycle des leurres plutôt que de me livrer à un inventaire complet, un rangement exhaustif et surtout une vente du superfétatoire !!!
2- Je ne vais pas assez à la pêche durant la bonne période. Il va falloir que je me penche là-dessus. Il faut que je reprenne le contrôle de mon existence et que je regarde en face mon problème de travail.
Marronnier de la morte saison, il est enfin de retour. Qui ? Le Syndrome hivernal de la Boite à Truite parfaite bien évidemment, banane !!! C'est tout un art, un sommet d'équilibre, de raffinement, une oeuvre délicate qui ne souffre pas la médiocrité... Et comme tous les ans, je ferai du poisson à la Mepps, bordel.
Je ne m'en sors pas. Dès que je bouge un carton, paf, je tombe sur deux trois bricoles oubliées, mises de côté pour le fameux "plus tard". Par contre, j'ai bien progressé sur le rangement des cuillères tournantes en standardisant les boîtes. Toutes les oranges seront consacrées à la ferraille. J'ai dit. Là aussi, il y a du lourd. Surtout la boîte que je compte emmener au Maillochistan pour le Jour de la Marmotte. Ou de la Marmorata ? Je ne sais plus et de toute façon, le personnel de l'office de tourisme de ce vaillant petit pays est sujet à caution depuis le fameux scandale éclaboussant la maison Ricard et la moralité caprine.
Mes projets pharaoniques m'occupent donc un minimum pendant cette séquence polaire. Ils m'interrogent aussi sur ma capacité paranormale à stocker du matos au gré de mes incorrigibles foucades. Rien qu'en ce qui concerne les crankbaits, ustensiles que je dédaigne allègrement depuis le dernier jogging de François Hollande, il serait opportun qu'enfin je fasse un tri mais je n'arrive pas à m'y résoudre, m'aveuglant misérablement sur mes chances futures de les utiliser à bon escient. Il reste pourtant parmi eux du beau monde.
Janvier sera court, froid et certainement réfractaire à une pratique décontractée, chic et efficiente de la pêche à la ligne moderne du futur des jeunes, j'en conviens. Mais qu'importe, même si les congères me fixent à domicile, je compte bien préparer boîte par boîte les lendemains au moulinet qui chante !!!
Revenons, voulez-vous, vingt ans en arrière. Vous avez encore vos dents d'origine, vos cheveux et une sorte d'à priori positif irrationnel quant aux bonnes intentions de la social-démocratie envers la populace. Un nabot monté sur talonnettes à ressorts monopolise l'espace médiatique en promettant aux retraités aisés de les débarrasser une bonne fois pour toute des jeunes pauvres. Et vous, pauvre candide, croyez encore que Sensas, le numéro un franchouillard de la gaude de maïs, s'attaque au marché de la pêche aux leurres dans le but éminemment philanthropique de faire baisser les prix... Calembredaines que tout cela, évidemment, mais par chance, je tombe à cette époque sur les premières annonces de boutiques chinoises sur ebay qui proposent (déjà...) des copies de leurres à bas prix. Dont une imitation très aboutie du DAGORED, un propbait de 11,5 centimètres de long vendu pour une somme considérée à l'époque comme indécente. 35 euros de mémoire... Depuis, on a fait pire mais c'était juste pour dire.
Bien sûr, je me procure la copie de la merveille en déboursant quelques dollars et... Je pêche avec. Sans jamais rien prendre hélas. J'insiste quelques mois et fatalement, le leurre finit par regagner le banc de touche, l'équipe-réserve puis la liste des joueurs à transférer, la dure loi du sport, quoi... Sauf que je ne le vends pas. C'est une copie et malheureusement la plupart des pêcheurs, tout spécialement les débutants absolus, vivent toujours dans le culte de la "marque" qui serait, selon les publicitaires, le garant dûment tamponné d'une qualité incontestable garantissant à l'heureux propriétaire du bel objet des paniers somptueux faisant l'admiration du public et, ne l'oublions pas trop vite, provoquant l'aigreur des gagne-petits bien incapables, ces pauvres nullards, d'aligner deux billets de 20 pour acquérir le même leurre-miracle vu dans le journal.
Bref, un jour, en redonnant une chance à l'engin, je pousse l'enthousiasme jusqu'à lui faire heurter une pile de pont à pleine puissance. La boulette. La bavette fait la gueule, il en manque les deux tiers. Putain de sa mère comme on dit dans notre jargon. La bouse est désormais encore plus invendable. Bon, j'en tire mon parti et range la gueule cassée au fond d'un tiroir. Et là, alors que le blizzard me contraint à rester pleutrement calfeutré, je retombe inopinément sur ce leurre et l'idée iconoclaste en diable de le recycler me frappe !!! Aussitôt dit, aussitôt fait ou presque...
Une application de gaine rétractable plus tard, le simili Dagored a une meilleure dégaine. Par contre, me direz-vous, sans sa bavette, comment pourrait-il nager en mode subsurface ? Et bien, je vous remercie de cette question pertinente. Je dois avouer que je me suis posé un tas de questions avant d'en arriver à la conclusion qu'il me fallait lester le leurre. En coupant une chevrotine de 5 grammes en deux et en en collant les deux parties sous le ventre du Dagored contrefait, j'imagine (je n'ai pas encore testé l'engin, la faute au vent de nord-est) que celui-ci plongera un minimum. De toute façon, je ne voyais pas d'autre solution.
J'espère avoir l'occasion de tester en conditions réelles cette tentative de remettre en état un leurre amoché traînant dans mon souk depuis trop longtemps. Je ne me berce guère d'illusion vu ce que la météo prévoit jusqu'au 10 janvier mais bon, il n'est pas (encore) interdit de rêver !!!