mardi 27 janvier 2026

2025 en statistiques (on va se poiler !!!)

Il est universellement convenu qu'en début d'année, les pêcheurs "qui comptent" -dans tous les sens acceptés du terme-nous exposent, à nous, humbles mortels, l'étendue de leur talent à travers des "bilans de capture" du plus achevé comique. Il va de soi que je sais que les réseaux sociaux ne drainent pas les brèmes les moins baveuses du canal, certes, mais il y a quand même un certains nombres de followers énamourés qui devraient arriver par eux-mêmes à se dire : "Trop fort, ce King Size Fishing 75, dans l'année à peine 300 sorties, zéro bredouille (malgré 10 crues,  4 vagues de froid et 2 mois de canicule record...) avec une moyenne de 10 brochets dont un métré, 15 sandres, 18 truites, 45 perches et 12 chevesnes par sortie... J'aimerais un jour pouvoir faire pareil afin de générer une admiration béate de la part d'un public affublé d'un QI de bivalve à peine suffisant pour bosser comme rouleur de joints à Frontières..." Et bien, jeune influenceur en devenir, crois-en tes rêves car malgré les apparences, c'est très facile. En effet, il suffit de mentir. Voila, c'est dit. Le mensonge, quelle jolie chose, elle sauve des mariage, des carrières politiques et même des réputations de chevaliers de la gaule qui n'ont plus besoin de s'ancrer dans le réel, voire le crédible...

Pour commencer, quel pêcheur "sérieux" peut décemment affirmer qu'il atteint la moyenne de 10 brochets par sortie dans le domaine public sans faire sourire son auditoire ? Et 45 perches ? Par sortie ? En MOYENNE ? Bon, après, quand tu n'es jamais bredouille parce que tu es béni des Dieux, que ton caca sent l'ourson en guimauve et que tu as gagné tous les concours de pêche de San Francisco à Hokkaido en passant par Châteauroux, ça peut aider. Justement, tiens, c'est amusant, je le suis rarement bredouille, pas parce que je suis bon. Non, juste parce que je connais les limites de mes spots, que je pêche pas trop gros et que je vais souvent au plus facile car je n'ai en général que peu de temps disponible en semaine et une demi ou une journée le week-end à consacrer aux perchettes. Dans ce cadre précis, je crois pouvoir affirmer que les sorties à plusieurs dizaines de poissons, disons plus de 20 dans la sortie, sur l'année dernière, je les compte sur les doigts des deux mains et encore... Beaucoup de poissons rime, à quelques exceptions près, avec petits poissons. Et puis, 300 sorties ? 5 000 poissons ? Vraiment ? Mais où trouve-t'il toute cette énergie, Pinocchio ? Mentez nous mieux les gars, mentez mieux... Ou alors devenez conseillers de Trump, au moins vous serez payés pour vos capacités de communicants.


 


lundi 26 janvier 2026

Debouts les morts !!!

J'avais commencé il y a peu un article sur le recyclage d'un leurre trouvé gisant dans les branches basses surplombant une petite rivière du Ploukistan occidental. Hélas, pendant la rédaction d'icelui, à quelques encablures de la sortie du dimanche de fermeture, la gastro du Millénaire s'est abattue sur mon frêle organisme. Suspension du bricolage, abandon par la force des choses de mes rêves de pinsage frénétique et passage en mode survie. Au terme de trois jours pénibles, j'émerge à peu près ce soir. Il était temps. Avec un peu de chance, je pourrais même retourner au travail mercredi mais n'anticipons pas, oulalalalala.


Parmi les points positifs à dégager de ce bref épisode, il me faut mettre en avant le fait de ne pas avoir dépensé d'essence pour la fermeture ni perdu de leurres en quelques tentatives aussi hasardeuses que désespérées de prendre autre chose qu'une perchette format cacahuète. Oui, je tente de sublimer ma frustration ainsi que 72 heures à gargouiller du bidou en redoutant la faute de goût, ça se voit tant que ça ou quoi ? Finalement, après consultation du sorcier local agrée par la sécurité sociale, je suis un homme libre jusqu'à lundi matin. Enfin, libre, je me comprends. Dans la limite de mes moyens physiques, ça ne me portera pas beaucoup plus loin en cas d'urgence que la salle de bains...



Ce n'est donc que tout à l'heure que j'ai été en capacité de renouer avec mon activité hivernale favorite : trier mes amas de vieilles cuillères rouillées. Parmi elles, il y a quelques spécimens que je crois artisanaux mais je n'en suis évidemment aucunement sûr étant donné que je pratique l'affabulation à grande échelle depuis que je sais me connecter à un ordinateur au cas éventuel où cela aurait échappé à votre sagacité.


Cependant, je possède aussi des témoignages de la grande époque, celle des cadors, des grands anciens, des gusses qu'on en causera encore dans cent piges. Th. Joly "le Tourbillon", 1930, la qualité française, ça, c'est pas du boulot d'arpête, j'aime autant vous le dire tout de suite avant qu'on ne dérape dans l'euphémisme mièvre, dans le dérivatif filandreux, bref, qu'on en fasse des caisse pour minorer le chef-d'oeuvre. 


Tiens, une Pezon & Michel... Pas d'époque manifestement vu l'état, plus probablement une production tardive visant à abuser de la crédulité de gogos tels que moi, je suis une éternelle victime de mercanti peu scupuleux, tiens, ça me déprime, remets-moi donc un smecta-poire, Roger.
 

Ah oui, bon sang mais c'est bien sûr. Ces Olympiques numéro 4, totalement oubliées, viennent heureusement compléter les petites tailles déjà en ma possession maniaque. Ça tourne comme une horloge, ces petites bêtes là !



La Rafale, ah la Rafale, la fierté des ateliers d'Ambroise, la ruine des poissons de la Loire !!! Encore un témoignage d'une époque révolue, celle du savoir-faire français de Frrrrrrance, bon dieu !!! Excusez-moi, je m'emporte, mais imaginerait-on le général de Gaulle affublé de bésicles de blouson noir aphasique dire en public merde aux Amerloques tout en jaspinant leur patois de lourdingues  avec un accent d'Indre-et-Loire ?




mercredi 21 janvier 2026

Projets contrariés

Un mercredi, ce n'est pas qu'un milieu de semaine, le jour des enfants ou je ne sais quelle autre baliverne fournissant à peu de frais un vague repère temporel aux gugusses comme moi, le nez dans le guidon, focus sur le week-end et ses turpitudes salvatrices. En ce qui me concerne, le mercredi, en temps normal, signifie une après-midi de liberté à consacrer à la pêche à ligne moderne de demain etc, etc... Mardi soir, en passant par une ville peu éloignée, j'ai constaté avec une surprise teintée de ravissement que la rivière y coulant était d'un niveau et d'une clarté autorisant les rêves les plus fous du pinseur d'élite. Hélas, la nuit a été pluvieuse plus que de raison, le vent soufflait férocement le mercredi matin et j'ai dû, la mort dans l'âme, me résoudre à me morfondre à domicile en une habile préparation de ce qui m'attend les 3 prochains mois, hélas...    

Mon avant-dernière chance de pêcher aux leurres en seconde catégorie avant la fin de chantier m'a donc été refusée par une pluviométrie d'anthologie. Il ne me reste donc que dimanche pour faire feu de tous bois. Le froid revient, paraît-il. On verra bien ce qu'il adviendra. Toutefois, je ne baisse pas les bras : j'ai même entamé la préparation du matériel indispensable pour récolter du lombric. Autant jouer la prévoyance, si les eaux restent aussi boulées, vous ne croyez pas ?

 



dimanche 18 janvier 2026

Pinsage en solitaire

Finalement, pour cet avant-dernier dimanche avant la Fermeture, je me suis retrouvé tout seul à arpenter les chemins de ce qui était jadis un parcours de street-fishing de rêve. Oui, jadis, car aujourd'hui, ce n'est plus pareil, on y enquille plus une douzaine de perches par poste, loin de là même. Pourtant, par extraordinaire, à l'aube, je tombe sur une chasse peu discrète éclatant les ablettes sur un haut-fond. Le bilan est désastreux. Je décroche une jolie perche et me fait casser par une autre probablement du même calibre. En XUL, la marge de manœuvre reste étroite. Je ne me décourage pas et dans la foulée, je casse encore, sur un très gros chevesne. Oh bordel... Un Xanax, vite !



Il faut que je me calme. Un coup d'œil sur l'heure m'indique que mon complice présumé a probablement été victime soit d'une panne de réveil soit d'un contrôle routier d'alcoolémie.  En l'attendant, je repère un leurre LMAB pendant à une branche. Oh oh oh, c'est un travail pour Super Récupérateur !!! La collection de leurres pour le brochet s'agrandit. 




Il est pratiquement 10 heures du matin et je dois donc l'admettre : je suis parti pour une traversée du dimanche poitevin en solitaire. Autant s'appliquer pour éviter la bredouille. Bon, non sans mal, j'arrive à picorer quelques pin's de ci de là mais c'est vraiment laborieux. 
La matinée ne sera pas de trop pour dépasser avec peine la demi-douzaine de pin's. À la fin de celle-ci, je croise la route d'un félin quémandeur de poissons frais qui me portera bien la poisse car en une heure de compagnonnage, je ne prendrais rien du tout. Merci le matou...


Heureusement après que le chat se soit laissé convaincre par une sardine offerte par une mamie compatissante et plutôt pessimiste quand à mes capacités à nourrir la bête, j'imagine, je réussis contre toute attente à prendre un joli rotengle au Swing Impact 2" !!!


Il est midi passé. Je suis rincé. Le temps de prestement avaler une ration de survie à base de pâté Henaff et de pain de campagne, me revoilà redevenu cet athlète à la démarche souple de grand fauve qui a encore fait (pas de fausse modestie entre nous) la couverture d'Arthrose Magazine le mois dernier. 



Continuant le pèlerinage, je m'arrête sur une conche en aval sans rien y prendre du tout mais en repérant deux brochets postés. C'est bon à savoir mais hélas, un peu tard pour cet hiver.


Je décide donc de finir la sortie sur une autre conche où je ne croise personne. Seul un vifeur rougeaud et taciturne est avachi en lorgnant d'un oeil hagard ses flotteurs couchés. Le pauvre ne savait pas encore que le pire restait à venir. En effet, autant la matinée a été galère, autant cette dernière halte s'est révélée hors-norme. 


En effet, à la grande fureur du quidam attendant vainement depuis l'aube qu'un de ses bouchons ne frémisse, je suis à peine arrivé que j'enchaîne les touches, les poissons mais aussi les décrochés. Un festival. Pourtant il y a très peu d'eau sur le spot mais il est rempli d'alevins et logiquement de poissons ayant suivi le garde-manger !!!


J'ai même l'occasion d'apaiser quelque peu mon bad buzz récent au sein de la communauté influente des chats domestiques par quelques lancés de chevesnes aux minettes m'observant depuis la berge d'en face. Désolé de cette entorse au no-kill mais je me devais de satisfaire mon public attitré.  

En quatre fois moins de temps, je prends finalement à peu près trois fois plus de poissons que sur le secteur urbain pourtant poncé dans les grandes largeurs. Disons le, cette fin de session sauve psychologiquement ma journée. Une orgie de pin's, voilà qui reste une excellente manière d'entamer l'ultime ligne droite avant la Fermeture !!!



samedi 17 janvier 2026

Bricolages

Accordons nous au moins sur un fait : une fois expédiées les galettes des rois qui achèvent par leur composition nos cellules hépatiques mises sur la sellette par les fêtes, la fin des haricots se radine à Mach 3 pour nous renvoyer à nos douces rêveries de pêches miraculeuses repoussées pour leur très éventuelle réalisation concrète à fin avril au plus tôt. En effet, les régimes de pluie sont implacables. Toute la Bretagne est en crue, la Ligérie inférieure charrie des eaux tristement boueuses et le Mogettistan du Bas n'est pas au mieux de sa forme. Damned. Les choses sont évidentes. Si je veux prendre un ou deux poissons, il va me falloir bouffer du kilomètre. Mais ça, ça sera pour demain, dimanche matin, en tout cas, si j'arrive à me lever tôt.


 
Cependant, pendant la semaine, malgré le rythme trépidant qui m'a été imposé par l'oppression patronale, j'ai pu me livrer à mon occupation favorite après le picon-bière et les polémiques au comptoir du PMU Le Narval, le montage de cuillères tournantes toutes plus fascinantes les unes que les autres. Associer l'ancien, le Vitala bariolé ou le Killer Shad phosphorescent de nos glorieux ancêtres, au nouveau, la palette d'AR-S Smith, la marque de la suprême branchitude truitistique si j'en crois la rumeur publique, voila qui vous pose un pinseur, fut-il ligérien. 
 

Vu que je suis l'Homme de tous les défis, je me suis imposé de ne pas acheter de matériel de pêche pendant tout le mois de janvier. Oui, vous n'en croyez pas vos yeux, je comprends votre saisissement mais n'allez pas alerter le GIGN en pensant que c'est un message caché pour vous signifier que je suis pris en otage par la mafia du Method-Feeder. Il s'agit là d'une décision mûrement étudiée même si j'ai failli craquer misérablement en voyant que les WXM Caperlan, les grises, étaient soldées à 20 euros. J'ai résisté à la tentation en me disant qu'une Casting 10-30 allait m'obliger à acheter un moulinet adapté et que la Spinning en 2-10 allait faire doublon (voire triplon^^) avec ce que j'ai déjà en stock. Bref, pour l'instant, je tiens et je persiste. Aucun mérite me direz-vous ? Oui, certainement. Rien qu'avec les leurres durs récupérés aux branches ces dernières années, je peux pêcher tranquille de l'ouverture de la truite jusqu'aux premiers frimas. Alors si je compte le reste... 

J'ai relancé aussi la production de "micro" cuillères pour mes rivières grouillant de perchettes voraces et de chevesnes nains. Ce sont des essais, il n'y a rien de bien époustouflant, j'en suis bien conscient quoique j'espère m'améliorer petit à petit et finir par proposer des leurres un peu plus jolis à l'avenir. 

J'avoue que j'ai hâte, paradoxalement, d'être à la Fermeture pour pouvoir me concentrer pleinement sur la pêche au Tanta où elle reste autorisée ainsi que les préparatifs fébriles de l'ouverture de la pêche. Mais en attendant, il reste au moins deux dimanches et ceux-là, il est interdit de les gaspiller !!!

 


 

jeudi 15 janvier 2026

Intermède à prétentions culturelles

Je peux parfaitement comprendre que le lectorat pourtant averti de ce blougue en soit choqué mais je n'ai pas toujours été ce plouc revêche à l'hygiène corporelle plus que douteuse, aux manifestations publiques d'intempérance devenues légendaires dans toutes les gendarmeries du nord-ouest, tout en portant contre vents et marées l'art de la diffamation à des sommets rarement atteints. Et oui, j'ai brièvement côtoyé ce qui se fait de mieux en matière d'élitisme social, d'entre-soi compassé et autre communautarisme altier sauce Rotary. 

Évidemment, je ne suis pas allé avec Gérard Larcher tester la résistance de mon système digestif aux 24 heures du boudin blanc, on ne m'a pas convié à une chasse à courre d'allocataires du RSA dans les rues de Trappes et Christine Boutin ne m'a jamais invité à une séance d'exorcisme naturiste dans les bois d'Auffargis, là où une cabane à jardin se négocie au prix d'un château Renaissance creusois. Non, je suis malheureusement resté scotché à mon statut de roturier, snif, snif...

Pourtant, malgré ma gueuserie contraignante, j'ai à mes moments perdus pu explorer ce terroir favorisé. En effet, les spots de pêche intéressants se trouvaient être situés trop loin pour les courtes sessions dont je devais me contenter le plus souvent. Il m'a donc fallu me satisfaire des vagues ruisseaux coulant aux alentours. Je sais que cette confession est d'un intérêt très relatif mais récemment, je suis tombé sur un ouvrage ayant pour sujet les peintres de la vallée de Chevreuse, là où on attache pas son yorkshire avec des Knackis de chez Aldi, non mais des fois...


Quelle ne fut pas ma stupéfaction en trouvant au milieu des pages de ce docte ouvrage moult esquisses, aquarelles et autres études présentant des petits coins bucoliques où il m'est arrivé de tremper du fil en rêvassant. 

Que les choses soient claires entre nous, ce n'était pas les grandes eaux non plus. Le Nano Minnow était plus souvent de sortie que les bigbaits pour bien préciser le tableau... Mais d'un autre côté, le secteur était peu fréquenté et relativement poissonneux si l'on ne s'obstinait pas à traquer le spécimen chimérique. En effet, les niveaux étaient peu élevés sauf en cas de coup de flotte soudain
 

Quand j'avais moins de quatre heures de liberté, c'était pourtant la destination obligatoire : les Vaux de Cernay, Saint-Rémy-en-Chevreuse, Gif-sur-Yvette... Pas d'aspes, pas la queue d'un black-bass mais j'ai pris un petit sandre à Chevreuse une fois et décroché un fort joli brochet au moulin de Gif... Quoique si j'étais un tant soit peu sincère, je reconnaîtrais humblement que 90% du temps, je n'y prenais que du blanc. 
 

Bref, c'était une destination prisée des barbouilleurs de jadis, entre vestiges de la dive Forêt des Carnutes, prémices de l'océan des blés de Beauce et toute proche des charmes encore rustiques du Hurepoix d'avant l'étalage à l'infini des banlieues résidentielles pour cadres supérieurs névrosés.   
 

"Au rendez-vous des Artistes" est aujourd'hui un Petit Casino où se ravitaillent les gens pressés qui arrivent de Paris pour aller s'enfermer dans leur ferme fortifiée champêtre. Les diligences sont un vieux souvenir, depuis longtemps remplacé par les SUV luxueux des retraités CSP+ qui ont colonisé le canton.


Bref, c'était mon quart d'heure nostalgique entre journées de boulot grisâtres interminables et prévisions météorologiques déprimantes à l'approche fiévreuse des deux derniers week-ends avant la Fermeture. Finissons-en sur un petit chevesne des Vaux de Cernay qui ensoleilla brièvement mon déconfinement !!!

 
Et à bientôt pour de nouvelles mésaventures !!!