mardi 28 avril 2026

Speedfishing 1

Et revoici le temps non pas des rires et des champs ni des monstres gentils mais des séquences de speed-fishing arrachées de justesse mais avec hardiesse à l'oppression cruellement chronophage d'un capitalisme sauvage. Encore bien échaudé des caresses solaires, je suis parti à 7 heures du matin travailler en short-cargo et t-shirt. Sensation fraîcheur garantie !!! À 10 heures du matin, par contre, pour ma petite heure de pêche, je gèle sur place. J'aurai dû emmener une petite laine, bordel...


Il fait officiellement 14 degrés mais sans soleil, sous les nuages avec un fort vent d'est, je claque des dents en cadence. Par chance, je débredouille assez vite avec un kiki bass, suivi d'une mini perche. Ouf, je reste dans ma zone de confort halieutique malgré le blizzard !



J'insiste un chouia avec le leurre à succès de la veille et au moment de repartir gagner mes maigres émoluments, une perche un peu plus imposante s'empare du spinnerbait à succès, la hype de ce début de saison ligérien.


En début d'après-midi, j'ai deux heures vacantes pour retrouver le bord de l'eau. Total changement d'ambiance : il fait chaud, le soleil brûle ma couenne et l'eau s'est relativement éclaircie. En fait, elle est basse donc le moindre rayon de soleil indique sans risque d'erreur le nombre exact de cailloux posés au fond.


J'ai un peu changé le contenu de ma musette et bien m'en a pris puisque c'est une AR-S Blux dotée d'un trailer maison qui va me ramener la plus belle perche. Après plusieurs décrochages, un changement de coloris suffira pour prendre une autre perche malgré le cagnard.
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le vent s'est levé de nouveau et je galère mucho mucho pour manœuvrer correctement les leurres. Je loupe lamentablement plusieurs perches correctes au poisson-nageur coulant avant de ramasser un petit chevesne qui traînait dans le coin.


La chaleur est écrasante. Je suis donc contraint, ne serait-ce que pour ne pas fondre, d'aller pêcher à l'ombre. Mais les niveaux d'eau sont trop bas pour me permettre de pratiquer une approche en toute discrétion. Je fais, à mon grand désarroi, fuir quelques beaux chevesnes. Il me faudra essayer un poisson-nageur offert par le Président-Dictateur-Général du Maillochistan pour enfin retrouver le chemin du succès et un ersatz d'estime de moi-même...


Cela dit, je ne sais pas comment ça va tourner. Les rivières donnent déjà des signes peu encourageants. Nous ne sommes même pas en mai et déjà la sécheresse montre le bout de son sale nez...




lundi 27 avril 2026

À poste fixe

Pour ma grande première de la saison 2026 sur mes terres, chaleur oblige, je suis parti en short. Choix contestable car une fois arrivé sur les berges, je constate que les ateliers d'insertion Faucardage & Bière tiède n'ont pas exercé leur terrible mandat. Peu enclin à offrir en pâture aux tiques, orties et éventuellement une couleuvre mes pâles mollets poilus, me voilà donc bien obligé de pêcher des coins accessibles...

 


Je n'ai que deux heures de liberté avant de retourner pousser mon wagonnet tel un Sysiphe de corons et il me faut donc aller à l'essentiel. Le vent est toujours aussi chiant par contre. Après une heure sans la moindre touche ni suivi ni rien du tout en fait, c'est mon nouveau coloris de Rockvibe qui débloque la situation. 


Cela me permet de régler le tir. Comme le vent est loin de faiblir, le bougre, je sors l'artillerie. Mini spinnerbait Caperlan, ça ne rigole plus !


Les poissons sont relativement loin mais ce leurre assez dense me permet d'en toucher trois et d'en décrocher quelques autres, hélas... L'eau est teintée, malgré le vent d'est et les faibles niveaux, ce qui possiblement explique le succès du coloris fire-tiger.



Mais à force de décrocher les poissons, ils commencent à concevoir une légitime défiance envers tout ce qui tombe du ciel en faisant un gros plouf. Ça peut se comprendre. Il est temps de sortir le Joker qui a failli me rapporter le plus gros poisson du week-end dernier !


La fameuse lame vibrante maison dotée de son incroyable palette m'a permis de conclure la sortie par une dernière perchette. J'en attends beaucoup cette saison...




dimanche 26 avril 2026

À température ambiante

Dimanche, deuxième manche mais suite à un enchaînements de circonstances mal venues, je perds à la sortie d'un rond-point le contact avec le célèbre Bourreau de la Boutonne. Mon GPS sournois en profite alors pour me faire visiter des chemins de traverse et des hameaux perdus avant que je retrouve le chemin des spots. Mes débuts sont plus que laborieux, il me faut patienter une bonne heure avant de prendre mon premier poisson avec, ô joie, un leurre maison bricolé la semaine dernière. Il n'est pas énorme, d'accord, mais il lance la journée qui va se révéler difficile, spécialement au niveau des décrochages, une quinzaine en tout, essentiellement aux leurres durs (Whopper Plopper, Peanut, B'Freeze aliexpress...). 

                     

Sautillant de spots en spots sans rencontrer le succès espéré, c'est sur une fameuse passerelle que je trouve enfin des poissons agressifs. Il fait chaud, moite, je crame littéralement sur place mais enfin, ça mord !!!  

Le leurre qui va prendre quasiment tous les poissons est un revenant, un vieux de la vieille sorti d'un paquet acheté au hasard d'un vide-grenier, il y a déjà bien des lunes, gringo... Le Super Cross Tail Shad 2,5" Jackall !!!

Je peux admettre qu'il n'est pas vraiment sélectif quant à la taille des prises. J'entends bien. Cependant, si l'on prend en compte le contexte pré-caniculaire, on ne peut que lui ériger une statue en reconnaissance. Car c'était plutôt très mal engagé au début. Par chance, monté sur une simple tête plombée maison, ce leurre a fait merveille.


Sinon j'ai (sans doute à cause de mon insolation supposée) laissé libre cours à mes bas instincts artistiques en choisissant de publier en noir & blanc. Un petit changement, ça ne fait pas de mal.
 

C'est donc cramé à souhait, en milieu d'après-midi, que j'ai fini par me résoudre à rentrer. Voila, les vacances sont terminées mais qu'à cela ne tienne : le mois de mai est farci de jours fériés !!!





samedi 25 avril 2026

La saison est lancée !!!

Aussi étonnant que cela puisse apparaître à un public incrédule, l'ouverture 2026 n'a pas été un désastre absolu. Il a fallu attendre presque trois heures pour sortir les premiers poissons de l'eau, certes, mais la bredouille a été évitée par tout le monde !!!


Paradoxalement, je prends mon plus joli poisson avec le plus petit leurre utilisé. Sinon mon parti pris de n'utiliser que des leurres souples de 3" s'est révélé gagnant. 


Trois poissons avec le leurre Zman offert en cadeau par la boutique Camo Tackle lors de ma dernière commande, voici ce que j'appelle une charmante attention !!! Le fameux ver annelé flottant qui pue y est allé de son bass qui l'a boulotté pendant une pause sur le fond tandis qu'un un shad Keitech, une créature aliexpress et, surprise du chef, un crankbait Caperlan vintage discret comme une crécelle, ramassé il y a bien une douzaine d'années facile sur les berges de la Boulogne ont été les leurres gagnants. 

Le leurre Zman cadeau a même poussé le perfectionnisme jusqu'à séduire un petit sandre. Formidable !!! Surtout qu'il faisait déjà chaud avec un soleil de feu et pas un nuage... On le sent bien le remake du fameux blockbuster vintage "Un été 76" se pointer avec sirène et gyrophare.

Voici pour le premier jour des réjouissances !!!




vendredi 24 avril 2026

Veillée d'armes

Enfin sonne l'heure du grand jour !!! Demain matin, dès l'aube,  nous rembarquons pour une nouvelle saison trépidante durant laquelle, peut-être, des poissons gigantesques, remarquables ... Des poissons, disais-je, viendront s'amonceler dans les pages de ce blougue.


J'ai pris le temps de bricoler quelques petits trucs...


On verra ce que ça donnera.



Je ne me suis pas trop creusé mais j'ose cependant espérer que ces petits machins se révèlent efficaces.



Les palettes, ça plaît toujours...


Bon, il est temps de ronfler. Le réveil sera dur.




jeudi 23 avril 2026

Les derniers feux de la fermeture

C'est parti !!! Plus que deux jours à attendre !!! On en voit enfin le bout de ce trimestre odieux. Pour  finir en beauté, je suis descendu sur les lieux de pêche de lundi dernier afin de prendre la température pour samedi. Toujours ce fichu vent d'est évidemment mais la couverture nuageuse est resté conséquente jusqu'à midi.


Le premier spot me permet de débredouiller mais ne se montre pas plus productif. Le temps de manger un en-cas rapidement, je repars donc sur un autre spot bien connu saluer mon vieux copain. 


L'eau est moins claire que lundi, le vent plus fort. Ça ne va pas être simple encore cette histoire.  Effectivement, c'est vite compliqué. Mais par chance, quelques petits poissons répondent présent. 


Le vent déjà embêtant lundi s'avère jeudi particulièrement pénible. Impossible de tenter les dérives de la dernière fois. Je ne peux pêcher que sous la canne, le dernier mètre au ras de la berge, pour la discrétion, on repassera...



Pourtant, par extraordinaire, je prends de temps à autres un poisson qui a réussi l'exploit peu commun de ne pas me voir. Jusqu'au drame du jour... Quand une perche de 40 centimètres chope ma LarvaZ à mes pieds avant de casse ma ligne en se réfugiant dans l'amas de branches balancées dans l'eau par les joyeux élagueurs. 


J'avoue qu'à cet instant précis ma mansuétude usuelle pour les petits travers des travailleurs manuels est bel et bien passée aux lisières de l'anéantissement.  Quelques mètres plus loin, c'est un énorme chevesne qui part avec une Stone Fly au coin du bec. C'en est trop. Je décide en signe de protestation de finir la sortie en première catégorie. Où je crapahuterai dans les hautes herbes pleines de tiques pour ne pas avoir, chaleur tropicale oblige, la moindre touche. Bon, j'y récupère une cuillère pendant à une branche, ce qui fait une maigre consolation. 



mardi 21 avril 2026

YPC Bank 2026 aka Yolo Pinsator Cup Swamp of the Poitou Édition

Disons les choses : ce blog ronronne, s'installe dans une confortable routine à force d'empilages casaniers de poissons rétifs. J'ai trouvé un rythme de croisière, certes, mais les limitations d'usages concernant les leurres m'obligent à rester toujours un peu dans la même gamme. Or ce n'est plus tenable, il est temps de changer, grand temps même à quelques jours de l'ouverture. C'est pourquoi j'ai décidé d'installer un peu de vigueur, de péripéties, bref de testostérone en ébullition afin de reconquérir un public de jeunes actifs à fort pouvoir d'achat. Ou du chat, c'est selon...

C'est donc en compagnie de la Terreur de la Chézine, le Napoléon de la teigne à hélice, Benoit quoi, que nous sommes descendus en terres maillochistanaise pour une compétition de haute volée !!! Nous aurions pu être trois mais hélas, le célèbre Bourreau de la Boutonne a été contrôlé positif au Zizi Coin-Coin et s'est donc retrouvé suspendu à titre conservatoire. Espérons que la sanction sera levée d'ici samedi prochain car une ouverture sans ce champion légendaire aurait autant d'intérêt qu'un brunch avec Raphael Glucksman...


Pour débuter la journée, c'est l'improvisation qui domine puisque nous commençons sur un autre spot que celui prévu (sans le savoir, nous avons eu raison car celui visé au préalable était bien boulé). Il fait bien frisquet, le vent de nord-est est soutenu et l'eau est cristalline. Une heure sera nécessaire avant que je puisse enfin ouvrir le compteur avec un rotengle à la LarvaZ !!! Ouf, on a failli attendre.

Je rejoins Benoit sur la berge en face où il harcèle avec une louable insistance en proposant une teigne artificielle à des cyprinidés dubitatifs. Je le dépasse en le laissant à ses machiavéliques projets pour (difficilement) entamer une série de petits chevesnes toujours à la Larvaz montée sur une tête plombée 0,3 grammes. On est clairement dans la traque du spécimen ou je ne m'y connais plus !!!


Au bout de quelques centaines de mètres, je fais demi-tour et, repassant évidemment sur tous les spots raclés à l'aller, je change de leurre souple en optant pour une larve aliexpress de basse extraction. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle plait aux poissons du coin !!!

 
C'est plutôt pas mal étant donné le vent agaçant qui entrecoupe de ses rafales les dérives déjà hasardeuses de nos petits leurres. Je finis par retrouver mon compère et là, nous échangeons nos impressions de baroudeurs des pampas : Benoit a 8 rotengles au compteur, moi seulement 3 mais j'ai une bonne douzaine de chevesnes pour compléter.
 

Sur le chemin qui nous ramène à la voiture, je dégaine le joker Tanta, autorisé dans ce département précis, et j'étoffe ma série avec une perche et plusieurs autres petits poissons.


Le Tanta me ramène mène un kiki bass surgi de nulle part... Il est presque midi, nous pêchons depuis trois heures et j'ai péniblement atteint puis dépassé la vingtaine de pin's. Il est temps donc de nous restaurer et de souffler un peu avant d'entamer la seconde partie de cette joute impitoyable entre mythomanes compulsifs champions de pêche sportive...


Le repas pris à l'ombre d'une haie, à deux pas du fleuve tranquille, nous permet de repartir sur des bases nouvelles : le secteur est moins bien fourni en herbiers, le soleil tape dur, ça n'annonce pas une pêche facile.



Nous commençons par faire fuir les rares perches-soleil visibles. Bravo, ça part fort. Au fur et à mesure que nous progressons le long de la berge, nous n'avons pas une touche. Cool... Il faut attendre l'ombre portée du premier arbre rivulaire pour voir une perche !!!


Mais ça ne bouge pas du tout de chez pas du tout. Benoit reste en arrière à peigner méticuleusement les spots, moi, je fonce au bout du parcours, à la limite d'un terrain privé et là,  miracle, je prends le plus beau poisson de ces contrées. Hourra.
 

Nous rebroussons donc chemin à la limite de la dépression nerveuse pour explorer sans trop de conviction la berge dans l'autre sens quand j'ai une inspiration magistrale en retrouvant au fond de ma musette ma dernière Stone Fly Fish Up tenant à peu près sur une tête plombée minuscule. Là, au milieu du fleuve, un énorme chevesne se met à suivre la fausse larve dérivant doucement et...Paf !!! C'est un autre qui lui grille la politesse et gobe le leurre !!! Ferrage de samourai sous EPO et combat musclé en XUL !!! Le chevesne, gras comme un sénateur de droite qué s'appellerio Gérard, finit dans l'épuisette qu'opportunément Benoit a dégainé avec sa maestria coutumière. C'est alors que nous réalisons un enchaînement gaguesque des plus remarquables. Benoit se propose de me prendre en photo avec le monstre, j'opine et lui tend mon téléphone alors que je suis agenouillé sur une passerelle d'une fiabilité plus douteuse que la neutralité éditoriale de France Info. La suite se devine... Je me saisis du poisson, je glisse et celui-ci retourne à l'eau par ses propres moyens pendant que je me rape le genou en tentant un impossible geste de rattrapage. Damned. Bon, on est évidemment morts de rire et puis ça m'évite une lourde pénalité vu que le règlement du YPC interdit formellement la prise de poissons de plus de 20 centimètres sous peine de lourdes sanctions. 



Quelques dizaines de mètres plus loin, rebelote mais là, c'est une jolie perche qui finit par casser et partir avec ma dernière Stone Fly. Je suis dégoûté et je me décide donc à monter un Tanta 25 pour me passer les nerfs sur les ablettes. Pendant ce temps, Benoit, lui, traverse un temps faible : pas une touche depuis un bon moment. Le truc terrible qui arrive à un moment à tout pêcheur, on perd on ne sait comment le mojo et on se retrouve à essayer plein de trucs sans parvenir à retrouver le fil. Quand on est tout seul encore, on peut faire une pause, se reposer, réfléchir mais quand on pêche à côté d'un gros gougnafier qui harcèle tout ce qui nage en bordure à l'hameçon de 16, c'est une torture !!!


Au bout de deux heures à ce régime cruel, nous décidons de lever le siège alors que Benoit vient de prendre enfin un kiki bass salvateur et repartons gaillardement vers le premier spot. Maintenant qu'il fait plus chaud, qui sait si les gros poissons ne vont pas sortir ?

Hélas, là aussi, la galère accompagne nos pas lourds et nous faisons une nouvelle pause à l'ombre tant le soleil agresse nos épidermes fragiles sans que les poissons ne se précipitent sur nos animations minimalistes et compensent ainsi notre cuisson continue.
Nous ne prenons que de rares cyprins avant de décider une audacieuse pirouette : descendre loin en aval. Ce qui va se révéler totalement désastreux puisque nous ne pêcherons même pas ces biefs bien marronnasses.

L'après-midi touche à sa fin. Que faire ? La réponse est limpide : se rabattre sur les valeurs sûres. Direction les barques à l'ombre desquelles quelques poissons vont se montrer plus coopératifs, d'autant que j'ai eu la bassesse de mendier à Benoit une Stone Fly !!!



Selon les standards des lieux, la pêche n'a pas été non plus hyper productive mais de barques en barques, le moral revient petit à petit en enchaînant les perchettes sur un rythme nonchalant... Le vent commence à faiblir, parfait...


La Stone Fly Fish Up, une fois de plus, montre toute l'étendue de son potentiel de séduction multi-espèces.


C'est donc sur ce dernier parcours ensoleillé que nous avons terminé la journée. La pêche n'a pas été facile, surtout à cause du vent. Mais nous avons pris un peu plus d'une soixantaine de poissons, avec parmi eux deux gros qui ont toutefois réussi à échapper à la photo par la faute de ma proverbiale maladresse. Le lendemain de pêche a été difficile, le physique ne suit plus à partir d'un certain âge, ma pauvre dame !!! Mais l'ouverture arrive et demain est un autre jour !!!