vendredi 1 mai 2026

Speedfishing 4

Si le compte est bon, j'ai pêché tous les jours depuis samedi dernier sans enregistrer la moindre bredouille. On peut donc estimer qu'en toute modestie, je suis un demi-dieu de la pêche à la ligne. Bon, de manière plus réaliste, j'ai aussi pris soin de ne pas pêcher trop gros. Levé à 6 heures du matin en ce premier Mai, je commence à ranger un peu mon matériel étant donné que ça commence à déjà être le souk sur l'établi avant de me dire Yolo et de me presser vers la rivière. Bizarrement, je suis tout seul alors que ce spot est un véritable aimant à pêcheurs du dimanche pouvant s'y garer à quelques mètres et ainsi éviter de mettre en péril leur santé vacillante. Je rate plusieurs touches avant d'enfin débredouiller glorieusement !!!

Bien, au moins ça, c'est fait. Dans ma frénésie d'essai des multiples leurres achetés durant les vide-greniers de la fermeture, je n'ai pas oublié les fameux Rocky Fly 2" Megabass achetés à un jeune pêcheur nantais. Un escroc de haute volée si vous voulez mon avis objectif car en ouvrant le paquet, les trois premiers shads sortis étaient plus proche du blob fondu que du podium du Bassmaster, nom d'un petit bonhomme ! Oui, Benoit, c'est de toi que je parle !!! Heureusement, les trois derniers sont encore bons pour le service et l'un d'entre-eux sera assez en forme pour leurrer une perchounette.
 

Les touches faisant place aux suivis sans suite puis à rien du tout, je sors le joker. Le Camion Smith. Ce qui a le don de remettre les choses dans l'ordre, non mais des fois...



Bien sûr, si ce petit crankbait sait à merveille déjouer la méfiance proverbiale des poissons du cru, il n'est pas en son pouvoir de les faire grandir... Pendant ce temps, quelques fiers chevaliers de la gaule ont ramené leur triste museau. Les mecs qui patatent du leurre à brochet sur un seuil où il reste trente centimètres de fond entre les cailloux, on sent tout de suite les spécialistes formés sur YouTube. Ce qui devait arriver arrive. L'un des professionnels s'accroche au fond et son collègue, homme pratique, coupe la tresse au briquet... Laissant ainsi quelques dizaines de mètres de lignes potentiellement mortelles pour les canards qui squattent l'endroit. J'attends que le duo de Prix Nobel évacue les lieux pour me ruer à la voiture chercher mes waders car je suis d'une effroyable pingrerie.



Que ne ferai-je pour un leurre gratuit ? En fait de leurre gratuit, je mets une heure à franchir les soixante mètres qui me séparent du lieu présumé du crash tant les cailloux, englués d'algues du plus beau caca d'oie, sont glissants. Arrivé sur le poste, je ne trouve pas le leurre à brochet. Mais par contre, je m'aperçois que ce que je prenais de loin avec ma vue basse pour de vagues herbiers est une saloperie de sac d'engrais découpé en tranche par les crues et maintenu par des cailloux. Ni une ni deux, je m'empresse de ramasser cette merde sauf que ça pèse une tonne, que le courant et les caillasses passées au savon noir made in FNSEA ne sont pas d'une grande aide. Je manque de perdre ma canne et mon moulinet. Bref, c'est une épopée écoterroriste de haute volée mais je finis par triompher sous les yeux de promeneurs éminemment déçus de ne pas avoir assisté à une noyade en direct.


Et là, pendant que je m'apprêtais à balancer le bordel à la poubelle... Miracle...Le leurre que j'avais perdu sur le silure mercredi...Il est là, accroché au filet de mon épuisette, ramassé par hasard à cause du poids des lambeaux du sac qui le faisait traîner sur le fond pendant que je pataugeais vers mon salut !!!


Voilà de quoi conclure sur une bonne note une matinée pas facile. En milieu d'après-midi, malgré la foule, la chaleur et mon état de fraîcheur contestable, je suis retourné défier la bredouille mais en sortant le combo XUL pour la première fois depuis l'ouverture. Et j'ai plutôt bien fait...



J'ai débredouillé assez vite grâce à un Whiz Gunki sorti du paquet acheté 10 centimes à un des multiples vide-greniers de la fermeture (j'en ai déjà parlé, non ?). Avec la petite tête plombée pointue, c'est plutôt sympa, on peut faire du Windo bonzai... Hélas, cette prise a longtemps été la seule. Plombé par la chaleur, j'avoue que je ne savais plus trop quoi faire. Heureusement qu'en faisant tourner tous les leurres de la boite, ça a finit par payer...


Oui, je sais, c'est pas bien de prendre des pin's mais aujourd'hui, c'était le calme plat.



J'ai même pris le premier poisson officiel 2026 au leurre de surface !!! 

 


 

jeudi 30 avril 2026

Speedfishing 3

Tant que les températures restent dans le tolérable en journée, j'en profite un maximum car mon emploi du temps me permet environ trois heures de pêche dans la journée. En matinée, ce n'est pas la folie, les poissons du spot doivent commencer à se méfier, il faut bien l'admettre, mais une perche est assez téméraire pour valider les nouveaux hameçons aliexpress ultra-violet machin tout ça. C'est petit mais ça compte !!!

Pressé par le chronomètre, je me contente de cette prise solitaire car j'ai prévu de revenir pêcher l'après-midi. J'ai décidé de changer de secteur et bien m'en a pris. En effet, je tombe sur des kiki-bass en folie, j'en prends une bonne dizaine dont celui-ci qui inaugure le paquet de Grubs Gene Larew du vide-grenier !!!

Les leurres durs n'avaient pas la côte. J'ai dû gratter au leurre souple entre les herbiers. Il y a encore de la place entre eux, pas besoin de sortir le texan pour l'instant mais ça ne devrait pas tarder si on en juge aux niveaux d'eau...


Je n'avais emmené que quelques paquets de souples qui ont tous pris au moins un poisson. Cela dit, il n'y a rien d'extraordinaire car je n'avais trimballé que des valeurs sûres dont le Arawuna version Supercontinent.

Mais sans trop de surprise, à vrai dire, c'est le Swing Impact 2" qui m'a rapporté la moitié des prises de l'après-midi. Bon an mal an, c'est LE leurre à avoir avec soi en début de saison et jusqu'en janvier en fait !


La chaleur était bien moite en cette fin de session, montée d'orage et de pleine lune. Mais conclure avril avec quelques poissons, ça rassure un peu le pêcheur même si ce dernier commence à s'inquiéter de tout.
 

 

mercredi 29 avril 2026

Speedfishing 2

En toute logique, si j'avais débauché plus tôt, la partie de pêche se serait déroulée un peu plus loin. Mais après un café corsé et le temps de me préparer, l'après-midi est déjà trop entamée pour m'en aller courir l'aventure dans des marigots lointains. Il me faut donc retourner poncer les spots d'extrême proximité. Et ça commence fort. Premier lancer dans le courant d'un seuil avec un leurre maison, une lame vibrante coloris perche agrémentée d'une armature de spinnerbait et... Boum... Silure !!! Le drame car je suis évidemment en 20/100°. Le peu de profondeur du coin me permet de jauger la bête, 20/25 kilos à vue de truffe, je n'avais donc aucune chance de l'échouer. Réveillé par cette entrée en matière tonitruante, je me perds pourtant vite en n'enregistrant plus une seule touche pendant deux heures, consacrées à essayer tous les spots des environs en mode Speedfishing. C'est au troisième spot qu'enfin je bats la bredouille grâce à un Swing Impact 2" qui a su convaincre un petit chevesne.


Le triomphe m'enivre quelques instants avant que j'opte pour une valeur sûre : le désormais célèbre WXM Caperlan Fire Tiger !!!


En quelques tentatives de lancés dans le bouillon du seuil, j'y vais de mon triplé de bass. À la suite de deux heures de capot absolu, c'est la fête ou assimilé !!!


Certes, les tailles des captures sont allées en décroissant,  c'est indubitable. 


Mais encore une fois, si l'on n'a pas conscience que quelques minutes auparavant, le pêcheur avait déjà admis la perspective d'une bredouille comme inéluctable...


On ne peut saisir toute l'intensité orgasmatique qui transforme à cet instant précis le visage du pêcheur, outrageusement ravagé par l'Anjou Village, en un masque de chérubin dodu et rosâtre, guetté par l'expectase.


En finissant par deux perches dont une au crankbait Peanut Junior Daiwa, il était temps de plier, d'autant plus que les moustiques étaient en train de se réveiller...



mardi 28 avril 2026

Speedfishing 1

Et revoici le temps non pas des rires et des champs ni des monstres gentils mais des séquences de speed-fishing arrachées de justesse mais avec hardiesse à l'oppression cruellement chronophage d'un capitalisme sauvage. Encore bien échaudé des caresses solaires, je suis parti à 7 heures du matin travailler en short-cargo et t-shirt. Sensation fraîcheur garantie !!! À 10 heures du matin, par contre, pour ma petite heure de pêche, je gèle sur place. J'aurai dû emmener une petite laine, bordel...


Il fait officiellement 14 degrés mais sans soleil, sous les nuages avec un fort vent d'est, je claque des dents en cadence. Par chance, je débredouille assez vite avec un kiki bass, suivi d'une mini perche. Ouf, je reste dans ma zone de confort halieutique malgré le blizzard !



J'insiste un chouia avec le leurre à succès de la veille et au moment de repartir gagner mes maigres émoluments, une perche un peu plus imposante s'empare du spinnerbait à succès, la hype de ce début de saison ligérien.


En début d'après-midi, j'ai deux heures vacantes pour retrouver le bord de l'eau. Total changement d'ambiance : il fait chaud, le soleil brûle ma couenne et l'eau s'est relativement éclaircie. En fait, elle est basse donc le moindre rayon de soleil indique sans risque d'erreur le nombre exact de cailloux posés au fond.


J'ai un peu changé le contenu de ma musette et bien m'en a pris puisque c'est une AR-S Blux dotée d'un trailer maison qui va me ramener la plus belle perche. Après plusieurs décrochages, un changement de coloris suffira pour prendre une autre perche malgré le cagnard.
 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le vent s'est levé de nouveau et je galère mucho mucho pour manœuvrer correctement les leurres. Je loupe lamentablement plusieurs perches correctes au poisson-nageur coulant avant de ramasser un petit chevesne qui traînait dans le coin.


La chaleur est écrasante. Je suis donc contraint, ne serait-ce que pour ne pas fondre, d'aller pêcher à l'ombre. Mais les niveaux d'eau sont trop bas pour me permettre de pratiquer une approche en toute discrétion. Je fais, à mon grand désarroi, fuir quelques beaux chevesnes. Il me faudra essayer un poisson-nageur offert par le Président-Dictateur-Général du Maillochistan pour enfin retrouver le chemin du succès et un ersatz d'estime de moi-même...


Cela dit, je ne sais pas comment ça va tourner. Les rivières donnent déjà des signes peu encourageants. Nous ne sommes même pas en mai et déjà la sécheresse montre le bout de son sale nez...




lundi 27 avril 2026

À poste fixe

Pour ma grande première de la saison 2026 sur mes terres, chaleur oblige, je suis parti en short. Choix contestable car une fois arrivé sur les berges, je constate que les ateliers d'insertion Faucardage & Bière tiède n'ont pas exercé leur terrible mandat. Peu enclin à offrir en pâture aux tiques, orties et éventuellement une couleuvre mes pâles mollets poilus, me voilà donc bien obligé de pêcher des coins accessibles...

 


Je n'ai que deux heures de liberté avant de retourner pousser mon wagonnet tel un Sysiphe de corons et il me faut donc aller à l'essentiel. Le vent est toujours aussi chiant par contre. Après une heure sans la moindre touche ni suivi ni rien du tout en fait, c'est mon nouveau coloris de Rockvibe qui débloque la situation. 


Cela me permet de régler le tir. Comme le vent est loin de faiblir, le bougre, je sors l'artillerie. Mini spinnerbait Caperlan, ça ne rigole plus !


Les poissons sont relativement loin mais ce leurre assez dense me permet d'en toucher trois et d'en décrocher quelques autres, hélas... L'eau est teintée, malgré le vent d'est et les faibles niveaux, ce qui possiblement explique le succès du coloris fire-tiger.



Mais à force de décrocher les poissons, ils commencent à concevoir une légitime défiance envers tout ce qui tombe du ciel en faisant un gros plouf. Ça peut se comprendre. Il est temps de sortir le Joker qui a failli me rapporter le plus gros poisson du week-end dernier !


La fameuse lame vibrante maison dotée de son incroyable palette m'a permis de conclure la sortie par une dernière perchette. J'en attends beaucoup cette saison...




dimanche 26 avril 2026

À température ambiante

Dimanche, deuxième manche mais suite à un enchaînements de circonstances mal venues, je perds à la sortie d'un rond-point le contact avec le célèbre Bourreau de la Boutonne. Mon GPS sournois en profite alors pour me faire visiter des chemins de traverse et des hameaux perdus avant que je retrouve le chemin des spots. Mes débuts sont plus que laborieux, il me faut patienter une bonne heure avant de prendre mon premier poisson avec, ô joie, un leurre maison bricolé la semaine dernière. Il n'est pas énorme, d'accord, mais il lance la journée qui va se révéler difficile, spécialement au niveau des décrochages, une quinzaine en tout, essentiellement aux leurres durs (Whopper Plopper, Peanut, B'Freeze aliexpress...). 

                     

Sautillant de spots en spots sans rencontrer le succès espéré, c'est sur une fameuse passerelle que je trouve enfin des poissons agressifs. Il fait chaud, moite, je crame littéralement sur place mais enfin, ça mord !!!  

Le leurre qui va prendre quasiment tous les poissons est un revenant, un vieux de la vieille sorti d'un paquet acheté au hasard d'un vide-grenier, il y a déjà bien des lunes, gringo... Le Super Cross Tail Shad 2,5" Jackall !!!

Je peux admettre qu'il n'est pas vraiment sélectif quant à la taille des prises. J'entends bien. Cependant, si l'on prend en compte le contexte pré-caniculaire, on ne peut que lui ériger une statue en reconnaissance. Car c'était plutôt très mal engagé au début. Par chance, monté sur une simple tête plombée maison, ce leurre a fait merveille.


Sinon j'ai (sans doute à cause de mon insolation supposée) laissé libre cours à mes bas instincts artistiques en choisissant de publier en noir & blanc. Un petit changement, ça ne fait pas de mal.
 

C'est donc cramé à souhait, en milieu d'après-midi, que j'ai fini par me résoudre à rentrer. Voila, les vacances sont terminées mais qu'à cela ne tienne : le mois de mai est farci de jours fériés !!!





samedi 25 avril 2026

La saison est lancée !!!

Aussi étonnant que cela puisse apparaître à un public incrédule, l'ouverture 2026 n'a pas été un désastre absolu. Il a fallu attendre presque trois heures pour sortir les premiers poissons de l'eau, certes, mais la bredouille a été évitée par tout le monde !!!


Paradoxalement, je prends mon plus joli poisson avec le plus petit leurre utilisé. Sinon mon parti pris de n'utiliser que des leurres souples de 3" s'est révélé gagnant. 


Trois poissons avec le leurre Zman offert en cadeau par la boutique Camo Tackle lors de ma dernière commande, voici ce que j'appelle une charmante attention !!! Le fameux ver annelé flottant qui pue y est allé de son bass qui l'a boulotté pendant une pause sur le fond tandis qu'un un shad Keitech, une créature aliexpress et, surprise du chef, un crankbait Caperlan vintage discret comme une crécelle, ramassé il y a bien une douzaine d'années facile sur les berges de la Boulogne ont été les leurres gagnants. 

Le leurre Zman cadeau a même poussé le perfectionnisme jusqu'à séduire un petit sandre. Formidable !!! Surtout qu'il faisait déjà chaud avec un soleil de feu et pas un nuage... On le sent bien le remake du fameux blockbuster vintage "Un été 76" se pointer avec sirène et gyrophare.

Voici pour le premier jour des réjouissances !!!