dimanche 7 juin 2026

Dimanche de feu

Un dimanche, c'est une page blanche, une aventure à écrire, un huit-clos sans limites autres qu'horaires. Jusqu'ici, mes dimanches depuis l'ouverture s'étaient montrés laborieux, fébriles, minables mêmes. Il était temps que cela change. C'est pourquoi j'avais résolu ce matin d'affronter en un mano à mano impitoyable le Grand Fleuve Sauvage. On allait voir ce qu'on allait voir, poil à Simone de Beauvoir !!!

Au bout de deux heures d'épreuve, le constat est implacable. Pas une touche, pas un suivi, rien, le néant. Bon, dans ces cas là, le seul remède à ma disposition reste le retour au terminus des ambitieux : le combo XUL douillettement calé dans le coffiot. Terminato le Whopper Plopper, adios le D-Chubby, Kaput le Sammy 100... On en revient au simili Fat Swing Impact de 3 centimètres et comme par hasard, ça passe.



Le maître mot à la pêche, c'est l'adaptation. Le fleuve est bas, l'eau est un peu teintée, assez en tout cas pour que les silures pointent leurs moustaches, les poissons sont donc en bordure et y mangent des alevins de l'année. Ici comme ailleurs, le mini leurre souple est la solution.
 

En effet, l'activité est plutôt molle. J'arrive à la relancer un peu en changeant de leurre et en passant au Grass Minnow Ecogear. Par fainéantise, j'avais même laissé l'agraphe sur la ligne mais ça n'a pas eu l'air de gêner les perchettes.


Un petit chevesne s'est laissé berner lui aussi. D'ordinaire ce spot regorge de chevesnes mais là, vu les niveaux, les plus gros avaient dû déménager. Provisoirement, j'espère, même si je vois mal les niveaux remonter d'ici cet automne...


Mais ce sont surtout les perches qui ont mordu. Comme vendredi après-midi, la pêche était simple, il fallait gratter les amortis derrière les cailloux et toutes les zones ombragées en plein midi.


La faiblesse de la profondeur du spot impliquait évidemment une taille moyenne des poissons frisant le ridicule sauf qu'après deux heures sans la plus insignifiante touchette à me mettre sous la canne, la moindre perchette devient une réjouissance.


Après la pause déjeuner, j'ai changé de coin pour m'en aller explorer un spot sur-exploité. Là encore, ça n'a pas été tout seul, surtout que la chaleur est montée d'un coup. J'ai tout de même fini par prendre quelques poissons mais je ne me suis pas éternisé sur place, ayant bêtement épuisées toutes mes réserves d'eau potable !!!


Sous un cagnard vicieux, j'ai bien cramé des avant-bras. J'ai dû passer pas loin de l'insolation car je n'étais pas frais en rentrant. Bref, devant le manque de volonté manifeste des poissons autochtones, j'en ai été réduit à reprendre les leurres qui avaient bien fonctionné vendredi.


Le Pencil 47 Adam's, évidemment, et le Jade Smith qui m'a rapporté quelques touches mais paradoxalement une seule perche mise provisoirement au sec.


On ne peut pas affirmer sérieusement que les poissons étaient déchaînés aujourd'hui. D'ailleurs, je n'ai quasiment pas croisé de pêcheurs alors qu'on était dimanche et qu'il ne pleuvait pas. Si ce n'est pas une indication sur la difficulté de la pêche en ce moment, ça...


Allez, tout ça n'est pas bien glorieux mais au moins, la malédiction dominicale ligérienne est vaincue !!!
 

 

samedi 6 juin 2026

Pinsage de proximité 4

Un samedi des plus routiniers se profilait avec en perspective avec une probabilité de partie de pêche particulièrement faible. Une visite improvisée dans une recyclerie m'a pourtant permis de dénicher quelques perles qui viendront incessamment augmenter la collection déjà légendaire du Bourreau de la Boutonne !!!


Ragaillardi, malgré la bourrasque, je me suis donc accordé une demi-heure de pêche en XUL en aval de la Digue de la Douille fatale grave, cet ouvrage de sinistre mémoire désormais classé en réserve. Que de souvenirs. Mais la nostalgie est trompeuse, l'eau boueuse (la marée descendait) et le vent soufflant latéralement se révèle vite très emmerdant. Pourtant je ne tarde guère à provoquer l'ire d'une bande de perchettes bien énervées...


Elles sont en pétard les bougresses !!! En plus, attention touchante, elles sont assez proches du bord pour m'éviter des lancés hasardeux. La plupart ne sont pas assez dodues pour rester piquées jusqu'à la pause photographique mais en voilà quelques unes. On jugera vite de la robustesse des spécimens...


Disons que ça tenait à la fois de l'exercice de style, du pèlerinage et de l'arrêt-minute bien utilisé !!!

 

Allez, si j'arrive à me motiver demain matin, on va changer de registre. Ou essayer au moins...

 


 

vendredi 5 juin 2026

Pinsage de proximité 3

Encore une semaine bouclée dans le bruit et la fureur, nom d'un centriste à doudoune sans manches !!! J'en profite pour revenir brièvement sur le coup du soir de mardi, escapade rapide avec des débuts atypiques, trois poissons décrochés sur les trois premiers lancés, tous sur le Redpepper Baby Tiemco acheté à la brocante de Rocheservière. Puis traversée du désert jusqu'au crépuscule où les silures se sont mis en chasse. Là, j'ai évité la bredouille dans les arrêts de jeu grâce à l'AR-S Blux d'urgence...

Je n'avais pas non plus mis toutes les photos des poissons pris hier après-midi. Quel gâchis. Il y avait quelques perches correctes dans le tas. Correctes dans le contexte d'une rivière à l'étiage de fin d'été, bien sûr, quoique l'été ne soit pas encore commencé, tiens, comme c'est bizarre...


En ce qui concerne mon vendredi après-midi, j'avais un peu plus de temps pour aller voir un peu plus loin (mais sans excès) si les poissons y étaient plus mordeurs. En tout cas, ils semblent bien adorer le Pencil 47 Adam's à un niveau équivalent de leurs congénères vivant en aval de la rivière...

Je vais le répéter pour la cinquantième fois : j'ai vraiment eu de la chance de le trouver, celui-là...
Il est censé imiter un alevin en fuite. Bien. On va être gentil, c'est un peu le cas de tous les stickbaits, ça, imiter un poisson en fuite. Sauf qu'en ce moment, ce petit leurre est à la taille adéquate. Il se lance très bien, s'anime facilement, bref, c'est un sujet de satisfaction béate dès que je l'utilise. Rhââ lovely. 
 

Entre nous, il est toujours un peu déroutant de constater ce qu'une perchette peut tenter d'avaler...


De temps en temps, une prise accessoire vient récompenser notre persévérance. Cet après-midi, c'est un rotengle en appétit qui a essayé de manger le frêle stickbait animé avec discrétion au ras d'une berge encombrée. Alors que présomptueusement, je m'attendais à y prendre au moins un chevesne correct...


Finalement, le programme outrageusement ambitieux que je comptais appliquer s'est réduit à l'inspection méthodique de deux spots seulement mais je les ai poncés méticuleusement. J'ai ainsi joué du leurre souple, essentiellement au Aji Ringer, tiens tiens, en grattant chaque interstice entre les blocs granitiques d'un secteur peu profond...

J'y ai ainsi fait provision de perches cachées dans l'ombre afin d'assaillir l'alevin inconscient. Le fait de pouvoir les relâcher à la suite en amont, sans être obligé d'improviser un vivier avec mon épuisette m'a permis de les enchaîner à une cadence donnant presque le tournis. Les faibles niveaux d'eau concentrent les poissons, la pêche s'en trouve facilitée, espérons que quelques indélicats n'en profitent pas mais je n'ai hélas aucune illusion là dessus... 

                        


 

Je ne me souviens pas si je me suis déjà épanché sur les achats de vide-grenier ? Ah ah, je plaisante bien sûr, avec ma finesse habituelle, celle qui m'a valu le premier prix de Pétomanie drôlatique au Festival Philippe Bouvard organisé par la mairie de Bubon-sur-Fitteau, juste avant que le jury ne succombe, détail cocasse, au buffet à volonté suite à une histoire de tarte aux salmonelles... Bref, j'ai récupéré quelques exemplaires de Power Shirasu Ecogear, un "must have" du rock-fishing propre sur lui et je n'ai pas hésité à infliger son usage aux perches du coin !!!

L'engin semble présenter à priori toutes les garanties pour permettre des pinsages réguliers. Sa nage erratique, sorte de windo lilliputien de faible amplitude, a de quoi faire voir rouge aux poiscailles. On en reparlera, je ne vous dis que ça...

Vu que ça rigolait pas mal (j'avais déjà une vingtaine de prises/décrochages en une heure de pêche), j'ai tenté des trucs comme le petit crankbait coulant coloris baby bass... Une imitation du Snap Beans Yo Zuri pour être précis. Bon, ça nage bien mais ça ne sélectionne visiblement pas la taille des prises...


J'ai passé en revue à peu près tout le stock de petits leurres de surface. En vain ou presque car seul un kiki bass a daigné chiquer mon T-Pivot. Il faut aussi être honnête, les conditions du jour, vent et nuages gris, n'incitaient pas plus que ça à jouer du topwater en mode intensif non plus...



Par contre, le Jade Smith acquis lui aussi, comme c'est étrange, pendant une brocante pêche pour une somme dérisoire, m'a bien aidé à terminer la session sur une série de petits bass... J'ai même fait d'un coup d'épuisette habile un doublé bass-écrevisse.

Ce petit leurre est magnifiquement "suspending" comme disent les jeunes qui retournent leur casquette. J'ai pris pratiquement tous les bass sur des pauses de plusieurs secondes après quelques animations énergiques. Bref un achat utile et un nouveau joker disponible pour les pêches de pin's qui s'annoncent. On va rester factuel : c'est pas avec ce qui reste d'eau dans la rivière qu'on va voir des gros poissons près du bord en journée...


Franchement, c'est un leurre vraiment sympa et qui  détail essentiel, reste très facile à animer. Bien évidemment, l'acheter neuf en boutique s'avère dissuasif pour la majorité d'entre nous mais à 4 euros en brocante, ça va... Finalement, j'ai tenu trois heures avant de ressentir les effets de la fatigue accumulée durant la semaine. On va dire que ça maintient en forme avant le week-end !!!



jeudi 4 juin 2026

Pinsage de proximité 2

Une petite période de pluie, ça fait du bien à la nature mais en contrepartie, cela dissuade le pêcheur. Le mercredi après-midi a été consacré à une grosse sieste plutôt qu'à lutter contre les intempéries. Par contre, en ce jeudi venteux, j'avais une heure et demi de liberté. Ce qui m'interdisait d'aller au loin et me contraignait donc à pêcher dans le secteur.


Bien évidemment, j'ai donc opté pour l'incontournable combo XUL raboté de son talon (et vous savez quoi ? Je commence à m'y habituer). Un petit quart d'heure à ratisser le peu de courant qui sort encore d'un seuil me permet de prendre une demie douzaine de poissons, perches et bass. J'y manque de peu une énorme perche-soleil mais j'y retournerai bientôt !!!

Pour une fois, signe sans doute que la pêche se complique, les leurres durs échoueront à peu près complètement (je n'ai pris qu'une seule perche au Pencil 47). Le vent, bien embêtant au départ, a fini par se calmer quelque peu avant la fin de la séance, ce qui m'a permis de pêcher sans trop de mal aux leurres souples.


J'ai même sorti l'unique exemplaire d'Aji Ringer Reins qui restait dans ma boîte à pin's (pas de panique, il m'en reste en stock !!!). Toujours aussi efficace ce truc. Incroyable, spécialement sur ces spots ultra-accessibles qui voient passer des dizaines de pêcheurs par semaine...

Non, franchement, c'est vraiment un truc à avoir quand on pêche des coins peu profonds, à l'eau claire et peuplés de perches pas énormes non plus...


Et encore...Je ne vous inflige pas toutes les pechettes du jour !!!


Je n'ai pris que quelques bass, sans doute peu motivés par la taille réduite des bouchées proposées. Cela dit, le secteur n'est pas non plus celui qui recèle les plus gros spécimens de la rivière...

Mais en ce qui concerne ce style de sessions, le choix du point de chute est communément réduit. Il est déjà heureux que j'y prenne encore un peu de poisson. Pourvu que ça dure...

Allez, il va être temps d'aller voir plus loin si j'y suis... Dimanche par exemple ?



lundi 1 juin 2026

Pinsage de proximité 1

Et c'est parti pour le mois de juin !!! Tout va bien. Mes waders respirants sont à la poubelle, mon talon de canne XUL emporté dans la fleur de l'âge par un contact viril avec un gros caillou granitique et il ne reste plus d'eau sur les spots accessibles à moins de cinq minutes de tacot asthmatique. On se dirige à pleine vitesse sur de la pêche d'en bas de chez prolo hargneux, je ne vous dis que ça... Pour ma première pause matinale du mois, je me retrouve dans la pénible obligation d'enfiler mes waders PVC bien gluants de la veille et d'aller baguenauder dans ce qu'il reste d'eau croupie.

Le soleil brûle l'épiderme avec minutie malgré les températures somme toute assez clémentes par rapport à la semaine dernière. Le bief est calme, trop calme. Même les bass semblent dubitatifs et renâclent devant mes leurres avec ostentation. Il me faut me livrer à un downsizing quasiment jivaro au niveau de la prise de tête, grub 3 centimètres Supercontinent, pardonnez du peu, pour enfin débredouiller.

Le climat n'est pas à l'exploit du millénaire. Malgré tout, je prends quelques perchettes et même, joie sans mélange, une perche-soleil, ce qui me comble, vous pensez !!!

Bien déçu par cette sortie minimaliste, je retourne donc satisfaire à mes obligations contractuelles avant de retourner au bord de l'eau en début d'après-midi. La chaleur est de retour, les waders PVC deviennent donc éminemment répulsifs, d'autant plus que je travaille en fin de journée. Pas le choix, je retrouve les bords de l'eau en short et il me faut donc éviter orties, tiques et éventuellement couleuvres. Cantonné à des chemins de promenade sur-fréquentés, je commence pourtant très fort en prenant, à l'Aglia Mepps numéro Zéro customisée, un de ces poissons de légende qui font la renommée mondiale de ce blog...


Bon, ça, c'est fait. Essayons maintenant quelques valeurs sûres...


Ben couillon, c'est laborieux cette affaire, hop hop hop, faut muscler le jeu, je n'ai pas toute la journée...

Je repasse illico à la Mepps Aglia Zéro et là, miracle, j'enchaîne les perchounettes !!!

Certes, la taille des prises n'est pas de celles qui provoquent l'hystérie des foules en recherche de têtes de gondoles à vénérer, je le concède. Mais je n'ai que deux heures de liberté, je pêche du bord en short et entre nous prendre du poisson sur ces secteurs suffit amplement à mon bonheur. Poil au vibromasseur...

Le dernier quart d'heure avant de repartir, je me sens d'humeur taquine. Je mets donc au banc d'essai plusieurs petits leurres qui n'ont pas encore eu leur chance. Le dernier simili Notobug acheté sur aliexpress un soir de déprime se retrouve validé par un chevesne visiblement boulimique !!!

 


Voila qui conclue cette journée de reprise hebdomadaire. On essaiera de faire mieux la prochaine fois !!!





dimanche 31 mai 2026

Dimanche en deux manches

Dimanche, enfin. Et surtout retour du bien le plus inestimable après l'intégrale de Paul-Loup Sulitzer reliée pleine peau (de syndicaliste), la fraîcheur !!! Quel bonheur. La journée étant coupée en deux par un repas familial, voici une occasion rêvée d'aller me vautrer en Loire. En deux heures, c'est plié : pas un poisson piqué mais il y a du mieux avec deux attaques d'aspes maladroits. Misère... Au sortir de la sieste de l'après-midi, à moitié comateux, je m'arrête tout de même sur le chemin du retour. Canne XUL, Pencil 47, rien n'est laissé au hasard...


Étonnant comme les choses se passent mieux dès que je pêche ailleurs qu'en Loire. La baisse des températures active les petits poissons. Mais la spectaculaire baisse du niveau de la rivière ne promet rien de bon pour cet été. Comme tous les ans sauf que là, on a passé un pallier effrayant.


Ce qui n'a l'air d'inquiéter personne...


Mais à quelque chose, malheur est bon : les faibles niveaux d'eau font que le filet d'oxygénation en aval des seuils est très étroit, concentrant donc tous les poissons. Enfin, surtout les petits évidemment...


Le Pencil 47 Adam's a cassé la baraque. J'ai essayé d'autres leurres mais c'est le seul qui a plu aux poissons. Il y a aussi un nouveau facteur qui rentre en ligne de compte : il n'y a plus d'eau dans les affluents les plus proches...


Chose amusante, j'ai aussi pris un aspe juvénile  sur un bief éloigné de plusieurs dizaines de kilomètres de la Loire. La colonisation du secteur est faite. J'espère avoir encore l'opportunité d'en prendre un ou deux.


Mais ce sont surtout les perches qui m'ont fait plaisir et sauvé la journée. Je mesure pleinement ma chance d'avoir trouvé ce petit leurre de surface pendu à une branche pour cause de lancer par dessus la tête un peu trop enthousiaste...

Il fallait bien ça pour conclure ce mois de mai contrasté entre froid, canicule et sécheresse en devenir. Mes derniers waders respirants sont définitivement morts, une de mes chaussures de wading baille aux corneilles et ma dernière gaufre aquatique m'a privé du talon de la Mifine XUL. Mais je garde un moral vacillant en essayant de me convaincre que le pire n'est pas nécessairement à venir (spoiler : si, banane...).