Plongé trop prématurément dans l'univers de la semaine travaillée, je me dois de faire face humblement au drame. La canicule est déjà de retour, la rivière est basse et son fond délicatement recouvert d'algues bleues dégueulasses à souhait. Heureusement, ce matin, j'ai presque deux heures de pause, ce qui est plus qu'il n'en faut pour renouer avec une pratique express du pinsage ligérien !!!
Premier lancé, première touche, un kiki bass qui, d'une auguste pirouette, se décroche. Le Pencil 47 ne pardonne pas. J'en rate coup sur coup une bonne demi-douzaine avant de mettre au sec le moins dégourdi de la bande, j'imagine. Le spot étant très accessible, il est sur-fréquenté. Je me décide donc après avoir repérés quelques poissons dans le peu de courant disponible à downsizer mucho mucho la bouchée proposée...
Ouf, c'était la solution. Les perches répondent présent sur un split-shot velouté manié d'une main soyeuse par un des spécialistes mondiaux de la technique aussi beau que musclé avec son QI de 723 (oui, je sais, on s'éloigne un peu de la réalité mais que voulez-vous, il se trouve que l'expression "idiot du village" a été déposée à l'INPI par Julien Odoul). J'ai beau être d'une modestie pathologique, j'aime autant vous dire que je me la pète en technicolor auprès du public présent. Une cane. Mais je débute...
Bref, à force de forcer, avec mon micro-machin, je pique le poisson-surprise, un gros bass !!! Le salopiot. Le combat s'éternise fatalement et ce fumier en profite lâchement pour frotter les tas de merdes algueuses, ce qui transforme mon fil en guirlande et finit par se décrocher à mes pieds. Bordel. Détendez-vous. Allez à la pêche qu'ils disaient...
Par chance, quelques minutes plus tard, je suis récompensé par la plus noble des prises qui soit. L'heure a sonné, il est temps de reprendre le chemin de l'esclavage salarié. Spartacus, j'écris ton nom...
En ce qui concerne l'autre volet de la glorieuse narration de mon dimanche halieutique, le titre s'avère des plus explicites : la ferraille a fait parler la foudre. Pourtant habituée des hécatombes, l'AR-S Blux a connu un jour compliqué car je n'ai en tout et pour tout pris qu'une seule perche avec. En même temps, la rivière était si basse et claire que le coloris de celle-ci était tout sauf discret...
Une antiquité a su, elle, se montrer redoutable sur les radiers les moins profonds, la Luxor Vogue agrémentée d'un petit trailer en poils oranges. J'ai encore en stock moult antiquités à tester mais les canicules enchaînées m'ont fait prendre un retard que je redoute désormais insurmontable.
Enfin, on ne la présente plus : la Mepps Aglia numéro Zéro, elle aussi "upgradée" avec le petit toupet ondulant à merveille dans le courant et poussant à la faute les perchettes en série !!!
Là, je suis tranquille, je possède un stock conséquent et surtout, j'ai le bon goût de n'en perdre en moyenne qu'une par an...
C'est mon anti-bredouille de sécheresse...
Mieux qu'un long discours : la profondeur idéale pour un spot à prospecter à la Luxor Vogue...
Entre le Pencil 47 et ces différents types de cuillers, j'ai pris un peu plus de quarante (petits) poissons en environ quatre heures de pêche. J'ai entraperçu quelques chevesnes corrects, certes, mais vu la faible profondeur des spots, autant vous dire qu'ils m'avaient vu avant que je les vois, les petits salopiots...
Poussant la conscience professionnelle jusqu'à des sommets inégalés, je tiens à signaler au Medef que j'ai su profiter de mes congés payés pour me faire mal tout seul comme un grand gland, passer trois jours alité sans prendre une seule minute d'arrêt de travail et ainsi rater l'occasion d'une journée à pêcher le bass dans le marais. Certes, la journée aurait sans doute été annulée si j'avais conservé un genou en parfait état de marche car les menues fumées toxiques arrivant de Gironde étaient fortement à même de gâcher l'ambiance. Bref... Dimanche matin, constatant l'absence de douleurs, je me suis dit que j'allais utiliser mon dernier jour de congés payés, snif, snif, pour pêcher un peu mais pas trop loin non plus...
Vu le nombre de poissons pris, j'ai divisé le compte-rendu du massacre en deux parties : la première est dédiée au Pencil 47 Adam's. Toujours lui. Je possède au bas mot une vingtaine de leurres de surface pour pin's actifs mais cette année, c'est ce leurre trouvé en début de maison pendu à une branche basse qui casse diantrement la baraque. Il est vrai d'autre part que le faible niveau de la rivière rend compliqué l'usage d'autres leurres que ceux qui restent en surface ou juste sous celle-ci.
J'ai même eu la surprise de faire un doublé de perches sur ce petit leurre !!! Celui-ci rejoint donc le Vixen Minnow 70 Tiemco et le Tiny Fry 38 Illex dans la spécialité. Je suis passé pas loin d'autres doublés, notamment sur un Water Monitor en Loire, mais il y a toujours eu une ou deux décroches intempestives me privant de l'homologation de l'exploit...
Bref, pour une reprise en douceur, un galop d'essai de convalescent, j'ai été plutôt gâté...
En fait de vacances, il s'agit surtout d'un moment durant lequel je me retrouve à rattraper tout ce que j'ai laissé filer pendant les huit ou dix dernières semaines de canicule ou assimilées. Paperasses, bricolages divers, projet personnel de candidature à l'élection présidentielle, il est temps que je me mette à jour. Ainsi, pour le moment, je n'avais pu pêcher que dimanche soir en une timide tentative de renouer avec le succès halieutique de petite taille malgré la fin du monde. Lundi, débordé par l'ampleur de mes tracasseries administratives, la pêche a été laissée de côté. Par contre, mardi, en fin de journée, arrivé au bout de mes démarches, l'heure d'aller taquiner les pin's a enfin sonné !!!
Un de rares voire le seul avantage de la sécheresse que je constate amèrement, c'est que le choix des spots est facilité. Je retourne sur la même rivière que dimanche car j'y suis relativement abrité du vent, il y a un peu de courant et surtout de l'ombre. L'eau a baissé depuis dimanche, c'est relatif mais tout de même visible. Au terme de quelques lancé avec un IC Surger Smith, la bredouille est terrassée grâce à un chevesne correct embusqué sous des branches basses !!!
Malheureusement, je décroche cinq poissons à la suite avec ce petit leurre. Je passe donc aux choses sérieuses : la Blux AR-S pour ne pas la nommer. La valeur sûre pour ces petites rivières peu profondes, à l'eau claire et avec un courant assez marqué !!!
Alors que d'ordinaire, il me faut faire quelques centaines de mètres pour atteindre (les jours fastes) la dizaine de poissons sur ce parcours, j'ai eu la surprise d'y arriver en moins de vingt minutes et en ayant marché moins de deux cent mètres. Impressionnant. Les poissons sont regroupés comme rarement et, surtout, j'ai bien l'impression qu'ils n'ont pas vu un pêcheur depuis longtemps.
En abordant les postes depuis l'aval, les touches se succèdent avec une régularité déconcertante étant donné que ces postes d'habitude ne donnent plus rien après deux ou trois prises.
Certes, les poissons sont petits mais comme je l'ai tristement constaté dimanche, avant le lâché d'eau salutaire du barrage en amont, tous les "gros" poissons ont eu le temps de mourir asphyxiés. Je pense aller voir plus en amont un jour ou l'autre s'il reste un peu de gros chevesnes mais en ce qui concerne brèmes, brochets et carpes, à priori, c'est plié...
De manière assez déroutante, je dois le dire, je me suis contenté de pêcher une très faible partie du parcours. Parce que ça mordait bien surtout et aussi parce que je n'avais pas envie de me retrouver à remonter le chemin avec une luminosité déclinante. Un tacle appuyé d'une racine sournoise est toujours à redouter dans ces sous-bois douteux...
J'ai remisée l'AR-S à un moment pour passer à la Mepps Aglia numéro 0 customisée qui convenait mieux aux secteurs moins courants. Inutile de vous faire un dessin, ça cartonne toujours, ce petit truc là.
Sans compter que c'est une bouchée en rapport avec la taille moyenne de la population...
Même si de temps en temps, une perche un poil plus imposante m'a sorti de ma somnolente routine...
Imposante, imposante, oui mais sans excès, avec modération, dans le strict respect des valeurs de la république des droits de l'Homme et des propriétaires, bordel !!! On est pas chez les zazous que je sache. Bref, j'ai continué avec la Mepps de tous les succès après avoir fait demi-tour. Heureusement qu'il y a eu ce lâché d'eau récent, sérieusement, sinon j'aurais eu le bonheur relatif de pêcher sur le sable...
Il paraît que c'est le cas un peu partout, ça... Les brochets flottent le ventre en l'air de la Picardie aux Ardennes, ces contrées réputées pour leur climat tropical. Les rivières de truites de plaine se sont muées en pistes de VTT. Tout va bien. En attendant, je mesure ma chance d'avoir encore un spot à pin's disponible.
J'ai même au détour d'un herbier la surprise de prendre une perche énorme (pour le coin, hein...) alors que je réfléchissais déjà à l'endroit où je pourrais finir la session...
Les derniers mètres avant le parking, je change de tactique en sortant le Tiny Fry 38...
Là encore, pas de miracle mais quelques prises qui arrondissent le sore pléthorique... J'en suis à 47 poiscailles en deux heures !!! En ayant pêché à peine 1/5ème du parcours. Record absolu de prises sur ce spot. Bon dieu. Je suis rincé mais je veux absolument atteindre les 50 prises pour ce coup du soir. C'est jouable. Il me reste une bonne heure et demie.
Et oui, c'est amplement envisageable. D'autant plus que j'abandonne toute dignité et passe avec mesquinerie au Tanta 25 sur hameçon de 16 (!!!) pour essayer de prendre une perche-soleil.
Pour être tout à fait honnête, en fait de perches-soleil, je ne réussirais qu'à en catapulter deux que j'ai loupé proprement au ferrage. Par contre, j'ai fait un carton de perchettes...
Et quand je dis "perchettes", attention... Je sais ce que je dis !!!
Sans compter évidemment les rotengles semblant surgir de nulle part...
J'ai donc très largement dépassée la cinquantaine de poissons sur ce coup du soir. Malgré les conditions apocalyptiques de cet été, paradoxalement, il s'agit là du plus gros total de prises que j'ai jamais réalisé (et de loin !) sur ce secteur.