De manière inespérée, juste avant le retour de la froidure, mon mardi après-midi m'a été généreusement offert par un emploi du temps laxiste. Pour une fois que je peux pêcher en semaine sans regarder avec angoisse le chronomètre, je ne vais pas me priver. Allez, zou ! Direction les sauvages contrées du nord de la Vendée afin d'explorer des spots que je n'ai pas pu pêcher depuis plus de dix années. Il faut crapahuter un peu dans mon souvenir mais normalement, il devrait y rester du poisson... C'était sans compter sur les conséquences majeures des intempéries hivernales. Les arbres tombés barrant le sentier étroit longeant la rivière m'ont contraint à des acrobaties qui ne sont plus de mon âge. Tout ça pour arriver sur un seuil où je n'aurais pas une seule touche. Grrrr et toutes ces sortes de choses.

Touché mais pas coulé, c'est revanchard que je m'attaque à un autre spot du temps jadis en espérant faire mieux. Effectivement, j'enchaîne les micro touchettes inferrables de perchettes avant de piquer une rescapée toute moche des lâchés du début du mois. Grand moment de solitude quand je me rends compte que j'ai déclipsé mon épuisette de mon sac en me préparant en haut du côteau. Elle n'est pas avec moi. Oh bordel. Elle est restée sur le toit de mon véhicule. D'où le côté avant-gardiste de l'immortalisation de la prise car on sent bien que l'artiste s'attache à la déconstruction iconoclaste de la dictature du cadrage bourgeois, mmmm'voyez...

Après être remonté aussi vite que ma condition physique d'éléphant de mer asthmatique me l'a permis, j'ai retrouvé mon épuisette, ouf, ainsi qu'un certain type de résignation. Allons voir quelques coins plus accessibles avant de provoquer une catastrophe. En effet, les cailloux sont déjà bien recouverts d'algues à nitrates. Les productivistes agricoles n'ont pas dû lésiner sur l'épandage, les petits coquinous. Sans trop de conviction, je commence donc par poncer gentiment un coin bien accessible et là, ô surprise, malgré la baisse des niveaux d'eau (on voit le fond partout...), les poissons répondent présents !!!
On est loin de certaines sorties productives, certes, mais bon, avec un vent froid bien installé allant en se renforçant, les prises s'enchaînent (je décroche même un bass !), toujours grâce aux derniers exemplaires des imitations de
larves d'insectes Fish Up chinées au vide-grenier de Pipriac le 1er mars. En trois semaines, les paquets ont pris cher...
Contrairement à ce que mon optimisme proverbial m'autorisait à claironner depuis lors, il est maintenant évident que je ne parviendrai pas au 24 avril au soir avec le moindre exemplaire de ces leurres souples en état d'être proposé aux poissons. Par chance, pendant un de ces épisodes maniaques durant lesquels je me persuade que je peux arriver à ranger rationnellement mon coin-pêche, j'ai retrouvé un paquet de larves aliexpress qui pourra dépanner et qui m'a déjà rapporté quelques perchettes.
Nous sommes désormais à un mois pile poil du début des réjouissances. Le bref épisode de refroidissement va me permettre de me reposer un peu. Mine de rien, ça fatigue son pépère de déraper comme un couillon sur des algues visqueuses. Il va falloir aussi accélérer sur les mises à jour du stock de leurres, histoire de ne pas me retrouver à pêcher au Aji Ringer jusqu'à début décembre !!!
En attendant, la Stone Fly Fish Up, mazette... Quel leurre. Je crois qu'elle va rentrer dans mon Top 10 des leurres ayant rencontré immédiatement le succès dès l'ouverture du paquet. J'en suis même à réfléchir à en commander même si je suis sûr que je risque de payer plus que 2 euros les 3 paquets...
Ce leurre, puissamment aromatisé, cela va sans dire, comme tous ceux de la gamme Fish Up que j'ai utilisé ces dernières années, est un incontournable. Il est peu probable que de véritables mouches de pierre puissent encore vivre dans cette pauvre rivière bien ravagée par nos philanthropes contrariés de la Coordination rurale mais les poissons la trouvent à leur goût et ce quelle que soit leur taille.
Voila qui conclue provisoirement (j'espère) la série de pêche de pin's de ce début de printemps. Quelques jours de froid vont me permettre de monter quelques streamers et autres bricolages plus ou moins utiles.