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Du coup, un peu échaudé par la tournure des événements lors de la dernière journée, je décide de me limiter à deux écluses mais de les poncer à fond, pierre par pierre. Ces deux ouvrages sont d'ordinaire très bien peuplés en perches mais cette année, ce n'est pas la bonne.
Pour ma deuxième journée complète au pays des Korrigans, je me retrouve à nouveau dans l'obligation de partir aux aurores. Après la douloureuse expérience de la veille, je décide de me concentrer sur un bief productif (quand il y a de l'eau...) et de ne pas me disperser. Il est vrai aussi que je suis aidé par le niveau dramatique des premières catégories du coin. Peu probable que la moindre truite y survive à l'été, bordel...
C'est dire si l'halieutisme estival a le vent en poupe dans le coin. Quant à moi, alternant entre Nymph et Shad de trois centimètres (toujours de la maison Supercontinent), je me passe les nerfs en toute indignité sur les pauvres perchettes d'un bief perdu.
Le premier enseignement retiré d'une pêche en pleine journée est que précisément pêcher en pleine journée n'est pas une tactique adaptée en cette période caniculaire. Le canal est bas voire très bas, l'eau y est d'une chaleur inédite et sans ombre, le pêcheur risque plus l'insolation que la pêche miraculeuse.
Je reste malgré tout humble et abordable selon la formule consacrée, cela va sans dire...
Ouille. Ça va être tendu. Ici aussi, tiens donc, étonnant, il n'y a plus d'eau. Il me faudra donc tenir presque cinq heures sous un soleil de feu pour éviter la bredouille...
Je sais, oui, mais ça compte, na !!!
C'est qu'on y prendrait presque goût à ces intermèdes bucoliques sur les bords d'une rivière encore timidement humide et ne sentant pratiquement pas la vaisselle sale oubliée tout un week-end au fond d'un évier vert-de-gris. Retour aux spots accessibles donc et c'est le leurre aliexpress dont je chantais les louanges hier qui me sauve de la bredouille. Une coque peinte, lestée d'une chute de plomb et tout ça fait un leurre-kamikaze de très bon aloi pour défier l'accrochage au milieu des bouillées de myriophylles.
Il y a l'air d'avoir de l'activité au delà des herbiers de bordures. J'hésite à enfiler les waders pour y aller voir de plus près. Mais je reviens vite à la raison. Il est trop tôt pour adopter le parfum Crapaud mort. Je vais plutôt pilonner les trouées entre les herbes avec mon Pencil 47 de récupération... Il n'y a pas de raison, j'ai raté un aspe correct avec ce leurre pas plus tard qu'hier !!!
Pas d'aspe à l'arrivée mais un combat atypique avec deux bass piqués sur le même leurre !!! Voraces les loustics, non ? Ils ont bien calmé le coin en s'agitant en tous sens par contre... Me voilà obliger de changer de coin... Pas de problème : le Pencil 47 est efficace partout manifestement...
J'ai repris, l'échine courbée par le poids infamant du joug d'un destin cruel, le chemin de l'aliénation (chichement) salariée car il faut bien s'occuper un peu avant la Grande Extinction. La chaleur qui tient bon est un frein majeur à la libre expression de mon art mais par chance, durant la matinée, j'ai deux heures de libres dont je peux avec adresse convertir les trois-quarts en pantalonnade aquatique !!!
Bien évidemment, j'évite le port toujours périlleux de waders risquant de me transformer en truc gluant diffusant aux alentours un vague parfum d'espadrilles moisies. C'est en short que j'affronte le monde sauvage, ce qui, il faut l'admettre, me limite à certains spots pas toujours excellents.
Mais j'y assure mon quota de pin's sans trop forcer, c'est tout ce que je demande...
J'ai même pris le temps de pêcher deux spots différents ce matin. Après avoir repéré un groupe de chevesnes corrects en surface, je tente subrepticement de les piquer avec un insecte aliexpress flottant. Rien à faire, ils sont totalement hermétiques à son charme frétillant. Moulinant comme un fauve pour ramener l'engin, PAF, à la lisière des herbiers, une fort jolie perche le gobe, part en cabriole et se décroche.
Damned. Et le pire reste à venir puisque sur le second spot, à mon immense surprise, c'est un...Brochet de largement plus de 80 centimètres qui se pique une seconde sur un leurre aliexpress destiné à l'Area, une coque de 3 centimètres de long peinte par mes soins. Bon, par chance, il ne s'est pas bien piqué car en XUL, avec une pointe en 16/100ème, au milieu de la jussie, des myriophylles et des amas de cyanobactéries, je ne partais pas vainqueur non plus...
J'ai terminé tranquille au Pencil 47, loupant au passage un aspe qui paraissait correct mais qui s'est facilement décroché dans le fouillis végétal. Comme d'habitude, suis-je tenté de préciser, ce petit leurre de surface a remporté un franc succès.
Allez, zou, c'est pas tout ça mais il serait peut-être grand temps de pêcher sérieusement, non ?