dimanche 29 mars 2026

Suspense dominical

Agréablement poussé à l'insomnie samedi soir par le retour bruyant des motodidactes ruraux, ces farouches fils d'alcooliques de souche arborant fièrement coupe Edgar, fine moustache et regard bovin juchés sur leurs motocross au pot d'échappement aussi discret et mélodieux qu'une fanfare de vuvuzuelas, je n'étais pas dans une forme olympique au réveil.  Tant mieux me direz-vous avec justesse car ce matin, le gel était lui aussi de retour. Lourd. J'ai donc prudemment attendu le milieu de la matinée pour m'en aller explorer des coins inconnus. 


J'étais tout émoustillé à l'idée de découvrir d'autres terrains de jeu. Sauf que... Au bout de deux heures d'efforts, je n'avais pas vu un poisson, ne serait-ce qu'un petit chevesne en surface. Serait-ce parce que j'étais en tête de bassin, que la rivière est plutôt peu profonde et cernée de champs de colza ? Allons, allons, pas de conclusions hâtives... Peut-être que je referai un essai après l'ouverture, après tout.


Déjà bien déshydraté par le combo vent et soleil,  j'ai pris le temps de manger mes sandwichs tout en réfléchissant à comment ne pas finir bredouille. En constatant le peu d'eau minérale qu'il me restait, j'ai décidé de finir ,sans risquer le faux-pas, sur un spot "sûr". Je sais qu'il est peu envisageable que j'y prenne un gros poisson mais par contre, il y a beaucoup de cyprinidés en maraude sous les branches basses, guettant la bestiole maladroite. Mais j'ai un peu tout contre moi ce matin : pas bien réveillé, fatigué par la marche stérile qui a marqué le début de session, je casse trois bas de ligne dans les branches et surtout je décroche tous les poissons qui m'honorent de rares touches... D'autres, trempés dans un acier moins solide, auraient renoncé mais, bordel de merde de vérole de moine trapéziste, si vous me passez ce mouvement d'humeur bien compréhensible dans le contexte, je m'accroche contre vent & marée. La récompense finit par arriver. Un rotengle, plus bredouille, envoyez les couleurs !!!
 

Ouf. Je n'y croyais presque plus mais la bredouille est vaincue. C'est alors que je verse dans un coupable relâchement en décrochant plusieurs perchettes à la suite alors que j'hésitais sur l'intérêt de les prendre en photo. L'eau étant encore plus basse que vendredi, leur fuite éperdue ferme la gueule de leurs consoeurs. Damned. Heureusement que quelques rotengles se promènent en aval.
 

Je terminerais même à l'économie la sortie en pêchant avec une Stone Fly que j'avais perdue vendredi et que j'ai récupérée aux branches basses grâce au port de waders très bienvenus en cette occasion. Cependant, j'ai interrompu prématurément l'étalage de pin's car sans eau à boire, au soleil, ça devenait trop pénible pour un barbon dans mon état. Tournons nous désormais vers la semaine à venir et la fin de la "vaguelette" de froid... Qui a été fatale, la garce, à mes lombrics stockés, snif, snif... Mais on entre dans la dernière ligne droite. Courage !!!
 

 

vendredi 27 mars 2026

Aglagla

Mercredi après-midi, vaincu par la fatigue, j'ai ronflé comme un sénateur après une journée de randouillette. Jeudi, le vent glacial figeait ma déprimante pampa et me donnait une excellente raison pour rester au chaud à ourdir des plans machiavéliques pour entasser dans un avenir proche des myriades de pin's. J'avais prévu de continuer dans cette ceine casanière sauf que, trompé par le soleil avenant de la fin de matinée, je suis finalement ressorti pêcher une petite rivière du nord de la Vendée. N'allez pas croire que je développe avec l'âge une céniouzite carabinée me portant autant que faire se peut vers les verts pâturages acquis au fameux vicomte sinoque du Trou du Dingue, hein, il s'agit juste de profiter des largesses réglementaires offertes par la fédération de pêche 85, aucunement d'adhérer à une idéologie moyenâgeuse.

Une fois arrivé sur les bords de la dite rivière, le soleil s'était caché derrière un ciel bien gris et la température clémente n'était plus qu'un lointain souvenir. Le niveau de la rivière avait baissé assez significativement depuis mardi. Autant être clair, encore quelques centimètres de moins et on sera à l'étiage moyen de juillet, ça promet...

Malgré tout, j'ai commencé par un poisson au deuxième lancé, un petit rotengle amateur de Stone Fly, un de plus. Avec le refroidissement bien prononcé de ces derniers jours, les poissons étaient nettement moins actifs mais en pêchant lentement et faiblement plombé, les touches étaient au rendez-vous malgré tout.


Après, il fallait être patient. Le rythme des prises ne s'est pas emballé à un moment. Pire, plus j'avançais dans l'après-midi, plus les prises se sont révélées rares et surtout de plus en plus petites.


J'ai ainsi conclu la sortie avec une série de perchettes particulièrement rikiki mais à qui la Stone Fly ne faisait pas peur. 



J'ai eu beau insister avec méthode autour des tas de bois et des nénuphars poussant timidement, rien n'y a fait. Je n'ai pris que des petits poissons.
 

J'arrive vraiment au fond du fond des paquets de Fish Up. Là aussi, cruel dilemme : vais-je en commander en sachant que le prix du paquet est prohibitif (plus de 8 euros + les frais de port !) afin de boucler le mois qui reste avant l'ouverture ou sagement me réfréner ?


Je crois que je vais tergiverser sournoisement, d'autant qu'il me reste 3 paquets de LarvaZ Zman au frais...



Pour en finir avec cette sortie proprement dite, j'ai terminé avec les mains gelées. Pas étonnant vu que les 12 degrés annoncés à 14 heures s'étaient mués, les fumiers, en un petit 8 sur le coup de 18 heures.  Faut-il être un pinseur acharné pour supporter pareilles conditions, je vous le demande !!!
 

Bref, malgré des conditions plutôt contrariantes, j'ai pris pas mal de pin's finalement. Il n'aurait pas fallu qu'il fasse plus froid non plus car on était franchement limite au niveau de la caillante. Vivement que les températures remontent un peu...


mardi 24 mars 2026

Sur un malentendu, ça peut marcher

De manière inespérée, juste avant le retour de la froidure, mon mardi après-midi m'a été généreusement offert par un emploi du temps laxiste. Pour une fois que je peux pêcher en semaine sans regarder avec angoisse le chronomètre, je ne vais pas me priver. Allez, zou ! Direction les sauvages contrées du nord de la Vendée afin d'explorer des spots que je n'ai pas pu pêcher depuis plus de dix années. Il faut crapahuter un peu dans mon souvenir mais normalement, il devrait y rester du poisson... C'était sans compter sur les conséquences majeures des intempéries hivernales. Les arbres tombés barrant le sentier étroit longeant la rivière m'ont contraint à des acrobaties qui ne sont plus de mon âge. Tout ça pour arriver sur un seuil où je n'aurais pas une seule touche. Grrrr et toutes ces sortes de choses.

Touché mais pas coulé, c'est revanchard que je m'attaque à un autre spot du temps jadis en espérant faire mieux. Effectivement, j'enchaîne les micro touchettes inferrables de perchettes avant de piquer une rescapée toute moche des lâchés du début du mois. Grand moment de solitude quand je me rends compte que j'ai déclipsé mon épuisette de mon sac en me préparant en haut du côteau. Elle n'est pas avec moi. Oh bordel. Elle est restée sur le toit de mon véhicule. D'où le côté avant-gardiste de l'immortalisation de la prise car on sent bien que l'artiste s'attache à la déconstruction iconoclaste de la dictature du cadrage bourgeois, mmmm'voyez...


Après être remonté aussi vite que ma condition physique d'éléphant de mer asthmatique me l'a permis, j'ai retrouvé mon épuisette, ouf, ainsi qu'un certain type de résignation. Allons voir quelques coins plus accessibles avant de provoquer une catastrophe. En effet, les cailloux sont déjà bien recouverts d'algues à nitrates. Les productivistes agricoles n'ont pas dû lésiner sur l'épandage, les petits coquinous. Sans trop de conviction, je commence donc par poncer gentiment un coin bien accessible et là, ô surprise, malgré la baisse des niveaux d'eau (on voit le fond partout...), les poissons répondent présents !!!


On est loin de certaines sorties productives, certes, mais bon, avec un vent froid bien installé allant en se renforçant, les prises s'enchaînent (je décroche même un bass !), toujours grâce aux derniers exemplaires des imitations de larves d'insectes Fish Up chinées au vide-grenier de Pipriac le 1er mars. En trois semaines, les paquets ont pris cher...



Contrairement à ce que mon optimisme proverbial m'autorisait à claironner depuis lors, il est maintenant évident que je ne parviendrai pas au 24 avril au soir avec le moindre exemplaire de ces leurres souples en état d'être proposé aux poissons. Par chance, pendant un de ces épisodes maniaques durant lesquels je me persuade que je peux arriver à ranger rationnellement mon coin-pêche, j'ai retrouvé un paquet de larves aliexpress qui pourra dépanner et qui m'a déjà rapporté quelques perchettes.


Nous sommes désormais à un mois pile poil du début des réjouissances. Le bref épisode de refroidissement va me permettre de me reposer un peu. Mine de rien, ça fatigue son pépère de déraper comme un couillon sur des algues visqueuses. Il va falloir aussi accélérer sur les mises à jour du stock de leurres, histoire de ne pas me retrouver à pêcher au Aji Ringer jusqu'à début décembre !!!



En attendant, la Stone Fly Fish Up, mazette... Quel leurre. Je crois qu'elle va rentrer dans mon Top 10 des leurres ayant rencontré immédiatement le succès dès l'ouverture du paquet. J'en suis même à réfléchir à en commander même si je suis sûr que je risque de payer plus que 2 euros les 3 paquets...



Ce leurre, puissamment aromatisé, cela va sans dire, comme tous ceux de la gamme Fish Up que j'ai utilisé ces dernières années, est un incontournable. Il est peu probable que de véritables mouches de pierre puissent encore vivre dans cette pauvre rivière bien ravagée par nos philanthropes contrariés de la Coordination rurale mais les poissons la trouvent à leur goût et ce quelle que soit leur taille.  
 
Voila qui conclue provisoirement (j'espère) la série de pêche de pin's de ce début de printemps. Quelques jours de froid vont me permettre de monter quelques streamers et autres bricolages plus ou moins utiles.




lundi 23 mars 2026

De l'art d'accomoder les pauses

C'est lundi. Déjà. Retour à l'ordinaire. Cependant, aujourd'hui, j'ai bénéficié de plusieurs pauses dans la journée. La première m'a permis de me recharger en caféine et surtout de progresser un peu sur la customisation d'antédiluviennes ferrailles. Je compte m'en servir en XUL les jours de fortes chaleurs afin de vaincre les réticences de ma proie obligée, le nano-chevesne. Je sais, je sais mais on a les ambitions qu'on peut, hélas...

La seconde interruption temporaire d'aliénation salariée était un peu plus conséquente et j'en ai donc profité lâchement pour tester la fameuse Stone Fly sur une rivière différente, qui était restée jusqu'ici beaucoup trop haute et courante pour une pratique décente du XUL. Le niveau est bien baissé. Sur les bordures, j'ai pu observer les alevins de perches et de chevesnes (!) de l'année. Le réchauffement climatique a bien accéléré le processus de reproduction. En ce qui concerne le test, ça n'a pas été de la tarte. Peu de touches, des petits poissons (malgré le décrochage honteux d'un joli chevesne à la LarvaZ Zman, par manque de concentration...) et peu d'activité sur le spot.


Maigre consolation, j'ai pris des petits bass, ça faisait longtemps, tiens. 

 
Par contre, les perches, ouille ouille ouille, il n'y avait que des pin's à portée de Stone Fly. Et quand je dis "pin's", attention hein, il n'y a pas tromperie sur la marchandise. Un hameçon de 8 pour ce genre de clientes, ça ressemble à un croc de boucher !!! Bref, ça n'était pas la meilleure sortie de l'année...

  
Allez, avec un peu de chance, demain après-midi, je me retente une petite sortie de proximité. On ne sait jamais, sur un malentendu, il se pourrait bien que ça finisse par marcher.

   


dimanche 22 mars 2026

Pinsage dominical au frais

Autant l'avouer, les difficultés rencontrées la semaine dernière ne m'avaient pas incité plus que ça à fomenter une sortie dominicale à grand spectacle. J'envisageais plus prudemment un peu de bricolage à domicile sauf qu'en fin de matinée, j'avais bien avancé sur mes projets en cours. En début d'après-midi, malgré le vent frisquet, je suis donc parti par les chemins affronter ce qui ressemblait fort à une sortie périlleuse.


En effet, le vent d'est soufflait énergiquement. L'eau s'était éclaircie. Ça ne présageait rien de bon. Heureusement, au premier spot, je finis par prendre un chevesne après avoir décroché deux perches et laissé autant de bas de ligne au fond. Les tempêtes hivernales n'ont pas aidé, le fond est jonché d'amas de bois mort. Le spot suivant s'est révélé relativement décevant.


J'en ai bavé pour y prendre péniblement un trio de perchettes, là où en fin d'automne, on en avait ramassé des dizaines avec Benoît. Elles vont revenir, je ne m'inquiète pas plus que ça, mais en attendant, c'est dur.


Là encore, obligations réglementaires obligent, c'est la Stone Fly Fish Up qui a leurré tous les poissons du jour. Par contre, les deux paquets ont pris cher entre les accrocs et les dégâts causés par les perchettes voraces. À ce rythme là, il ne m'en restera bientôt plus !


J'ai terminé cette petite sortie sur un présumé hot-spot mais sans y briller particulièrement.  Trois touches, deux prises et une perche décrochée intempestivement qui a fait fuir au loin le banc. Fatalitas !



Toujours à la Stone Fly, en drop-shot, la recette des champions !!!


Certes, on est effroyablement loin de certains scores pléthoriques de perchettes qui sont en temps normal pratiquement la norme sur cette rivière.  Toutefois, quand on considère les conditions météorologiques du jour, l'honneur est largement sauf.






vendredi 20 mars 2026

Chronique d'une semaine tragique

Nous nous étions quittés dimanche dernier en fin d'après-midi alors que je venais de vaincre la bredouille d'un Tanta d'élite, sûr de lui et dominateur. Lundi matin, grinçant des hanches, couinant des genoux, chose bancale et gémissante, j'ai dû faire face à une journée des plus harassantes. Mardi, rebelote. Inutile de le préciser, j'étais rincé, cuit, endolori.

Pourtant, en début d'après-midi, mercredi, mû par je ne sais quelle mauvaise idée, je m'en suis allé pêcher l'espèce de gouillat fangeux que les gens du Maine-et-Loire considèrent avec une mauvaise foi confinant à l'abject comme une rivière à truites. L'eau y était bien dégueulasse. Le truc qui fait bien plaisir après avoir roulé soixante bornes, je vous assure...


Ayant pris le parti de sortir des sentiers battus, je me suis rué sur un parcours rural. Ouille. J'y croise avec déplaisir 7 pêcheurs sur 200 mètres de linéaire. Un mercredi après-midi. J'aime autant vous dire que le dimanche, ça doit ressembler à la ligne 13 à 18h00, le bordel... En passant, j'ai aussi jeté un coup d'oeil rapide quoique désabusé à l'ancien hot-spot à perches. Au moins comme ça, l'illusion n'existe plus : le coin est mort.



En rentrant, j'éviterais un carambolage massif sur un rond-point (l'autochtone sait se montrer facétieux) et observerais un magnifique incendie de hangar agricole causé par un feu de broussaille lancé par un paysan aventureux ayant omis manifestement de remarquer les rafales de vent conséquentes qui pouvaient éventuellement provoquer ce genre d'incident. Bilan de l'incursion transfrontalière : une bredouille et l'assurance de ne plus avoir à fréquenter ce filet de pisse glyphosaté des plus minables, na !!! Jeudi, évidemment, c'est le retour à la journée intensive, sans pause, brrrr rien que d'y songer, je tremble. C'est donc un homme résolu à profiter de son vendredi après-midi qui arrive à quinze heures au bord de l'eau...


Sauf que rien ne s'est passé comme prévu. Pas une touche sur le spot si généreux de la semaine dernière. Je finis par prendre un micro-chevesne mais je ne vois pas la queue d'une perchette. Rien de chez rien. La misère totale, implacable, sans rémission. Il me faudra changer de spot pour finalement, après bien des efforts, prendre enfin une perche.
 
Je ne pêchais que depuis deux heures mais devant tant de difficultés, j'ai lâché l'affaire avant de m'énerver. Ce n'était pas la bonne semaine pour aller à la pêche. Le vent de nord-est bien installé, les contrastes thermiques importants entre la matinée et l'après-midi et la fraie des perches, autant de bonnes excuses pour expliquer le désastre. On fera mieux (ou pas...) la prochaine fois !!!
 

 


dimanche 15 mars 2026

Opération "Lâché de Fauves"

Mieux vaut tard que jamais, c'est enfin l'ouverture de la truite, le moment symbolique et traditionnel du "début" de saison. Certes, les récents aménagements réglementaires font que la fermeture-couperet n'est plus une réalité mais bon, que voulez-vous, le deuxième samedi de mars reste une institution. Croyez-en les innombrables sujets passant à la télévision avec comme point d'orgue incontournable la célébrité locale torchée au Gévéor en train d'éviscérer une truite Arc-en-Ciel toujours vivante en éructant que c'est toujours ça que les Roumains auront pas...

Pour ce week-end, au coeur du Maillochistan pittoresque, nous avons été bien servis : précipitations vigoureuses dans la nuit, 25 millimètres d'après la rumeur publique, et donc, le matin, douche froide au bord de la rivière bien marronnasse. Obligés de remonter en tête de bassin, à l'instar de nombreux pêcheurs, nous avons persisté dans le marasme total jusqu'à ce que je réagisse avec un temps de retard à l'attaque d'une truite sur un spintail Caperlan. Loupé d'autant plus inexcusable que la truite est revenue faire sa fête à l'intrus une deuxième fois avant de se rendre compte de sa méprise. Bon, c'était tout pour la matinée.

L'après-midi fut aussi morose que le matin jusqu'à ce que le Spécialiste des lieux débredouille enfin avec une truite de la Béronne, prise exactement au même endroit où j'en avais pris une l'an passé. Il faut dire aussi qu'on a pas pu pêcher où on voulait car à chaque parking, il y avait trois, cinq voire dix véhicules. La dure loi du genre !!! Rentrés de bonne heure, c'est dans un état d'hébétude peu commun que, le diner expédié, nous sommes tombés de sommeil afin d'être en forme olympique dès l'aube du dimanche, non mais des fois... Et là, ce fut le drame. Grosse gelée, -3 degrés, autant repousser la pantalonnade jusqu'à ce que le soleil soit assez haut pour nous éviter le pire. En pure perte, hélas, car la rivière qui avait pris 20 centimètres dans la nuit de vendredi à samedi en a perdu 30 depuis et surtout, avec la baisse drastique des températures, s'est éclaircie en une vitesse foudroyante. Résultat des courses, pas un poisson "dehors".


Par contre, nous avons eu droit à un épisode cocasse : Ratatouille se prenant pour Indiana Jones, accroché à un des essuie-glaces de la Maillochemobile. Le rongeur aussi surpris que nous a lâché prise avant de rencontrer s'il avait poursuivi le co-voiturage jusqu'au bout un chat noir et blanc de notre connaissance mais il a sauté en marche, histoire de ne pas déranger. Comme d'habitude, quand ça ne mord pas, on s'énerve et c'est comme ça que j'ai laissé un Barn40 de brocante-pêche et 2 AR-S aliexpress en sacrifice aux Dieux de la Bredouille.


Par contre, j'ai pris le temps de faire quelques photos bucoliques entre deux dérapages vaseux. Nous avons aussi pris le temps d'observer le milieu et ça ne fait pas riche : quelques gammares, deux tricoptères, une limnée, une grosse femelle vairon gravide en train d'agoniser en surface après probablement une attaque de truite mais pas un seul banc de vairon...Le réseau trophique local ne respire pas la grande forme.   
 

Autant dire les choses clairement : j'ai fort bien fait de sortir la semaine dernière. Pour terminer le week-end sur une bonne note (et éviter sournoisement une bredouille totale), je me suis arrêté en deuxième catégorie sur le chemin du retour. Là par contre, l'eau était encore boulée et il m'a fallu deux heures d'efforts (entrecoupés de quelques décrochages) pour enfin dédouiller avec une infortunée perche goûteuse de Tanta. Peu glorieux mais ça compte. Je suis donc de retour au Ploukistan et le constat est implacable : ici aussi, l'eau est marron. Il va falloir se montrer patient !!!