Nous nous étions quittés dimanche dernier en fin d'après-midi alors que je venais de vaincre la bredouille d'un Tanta d'élite, sûr de lui et dominateur. Lundi matin, grinçant des hanches, couinant des genoux, chose bancale et gémissante, j'ai dû faire face à une journée des plus harassantes. Mardi, rebelote. Inutile de le préciser, j'étais rincé, cuit, endolori.
Pêche, nature & récriminations
vendredi 20 mars 2026
Chronique d'une semaine tragique
dimanche 15 mars 2026
Opération "Lâché de Fauves"
Mieux vaut tard que jamais, c'est enfin l'ouverture de la truite, le moment symbolique et traditionnel du "début" de saison. Certes, les récents aménagements réglementaires font que la fermeture-couperet n'est plus une réalité mais bon, que voulez-vous, le deuxième samedi de mars reste une institution. Croyez-en les innombrables sujets passant à la télévision avec comme point d'orgue incontournable la célébrité locale torchée au Gévéor en train d'éviscérer une truite Arc-en-Ciel toujours vivante en éructant que c'est toujours ça que les Roumains auront pas...
L'après-midi fut aussi morose que le matin jusqu'à ce que le Spécialiste des lieux débredouille enfin avec une truite de la Béronne, prise exactement au même endroit où j'en avais pris une l'an passé. Il faut dire aussi qu'on a pas pu pêcher où on voulait car à chaque parking, il y avait trois, cinq voire dix véhicules. La dure loi du genre !!! Rentrés de bonne heure, c'est dans un état d'hébétude peu commun que, le diner expédié, nous sommes tombés de sommeil afin d'être en forme olympique dès l'aube du dimanche, non mais des fois... Et là, ce fut le drame. Grosse gelée, -3 degrés, autant repousser la pantalonnade jusqu'à ce que le soleil soit assez haut pour nous éviter le pire. En pure perte, hélas, car la rivière qui avait pris 20 centimètres dans la nuit de vendredi à samedi en a perdu 30 depuis et surtout, avec la baisse drastique des températures, s'est éclaircie en une vitesse foudroyante. Résultat des courses, pas un poisson "dehors".
Par contre, nous avons eu droit à un épisode cocasse : Ratatouille se prenant pour Indiana Jones, accroché à un des essuie-glaces de la Maillochemobile. Le rongeur aussi surpris que nous a lâché prise avant de rencontrer s'il avait poursuivi le co-voiturage jusqu'au bout un chat noir et blanc de notre connaissance mais il a sauté en marche, histoire de ne pas déranger. Comme d'habitude, quand ça ne mord pas, on s'énerve et c'est comme ça que j'ai laissé un Barn40 de brocante-pêche et 2 AR-S aliexpress en sacrifice aux Dieux de la Bredouille.
mercredi 11 mars 2026
Moins bien que lundi mais mieux que mardi !!!
Ce matin, la pluie tombait suffisamment drue pour que la perspective d'une après-midi au bord de l'eau s'éloigne. Une fois ma demi-journée de labeur acharné expédiée, le repas englouti, le café bu, je m'apprêtais à préparer en douceur le week-end "Bredouille, Mythomanie et Ivresse publique manifeste au Maillochistan " quand je me suis rendu compte que le soleil brillait de nouveau !!! Allez zou, tant que le litre de Super reste timidement sous les 3€, autant en profiter.
Et bien, contrairement à la grosse galère de mardi après-midi, malgré le vent encore plus soutenu, les poissons étaient plutôt coopératifs. Il fallait juste les trouver. Une fois localisés, en insistant au drop-shot light, les touches étaient franches. Le seul problème, c'était le vent qui emmenait la bannière.
mardi 10 mars 2026
Refroidissement soudain
Semaine faste !!! Et pas seulement pour les actionnaires Total, je tiens à le préciser. Après-midi de libre à partir de 14h30, ce qui me donne l'occasion de foncer vers les grands espaces ventrachous et ses petites rivières où l'usage de l'insecte artificiel aromatisé à la sauvage est autorisé !!! Cependant le fond de l'air est frais, les nuages bas et le soleil timide. Je mets du temps à trouver le rythme, décrochant plusieurs perchettes, un bass (!) et passant à deux doigts de la crise cardiaque en voyant un brochet maillé suivre mon insecte au ras du bord...
Un vent du nord commence à s'imposer et rend la pêche compliquée. Par chance, un rotengle m'épargne la bredouille tout en me remontant le moral. Rien à voir avec la sortie d'hier, je n'enchaîne pas les touches. On est plutôt dans la morosité assumée. Jusqu'à ce qu'une perche plutôt correcte engloutisse ma Stone Fly Fish Up...
Je continue encore un peu mais c'est dur. Très très très peu de touches et 100% de loupés, ça use. Heureusement, à force d'insister, un gardon se laisse ferrer gentiment. On est exactement à l'opposé d'hier. Peu de touches, énormément de ferrages ratés alors que la veille, c'était un festival. Je termine en agaçant sans succès un banc de perchettes à l'aplomb de la berge quand je vois glisser subrepticement entre les bouillées débutantes de nénuphars un...Brochet métré qui croque dans le tas sans vergogne. Oh pute borgne !!! Sur cette rivière, sur ce spot...Six semaines avant l'ouverture. Non, c'est trop dur.
Dégoûté, gelé, amoindri au delà du tolérable, j'ai donc pris la décision qui s'imposait. La sieste, vite !!!
lundi 9 mars 2026
Orgie de perches entre deux averses
Après un week-end sans une minute de disponible pour aller à la pêche, j'ai eu le bonheur inattendu de bénéficier de trois heures de liberté en début d'après-midi. Comme j'avais laissé le matériel de pêche aux pin's dans le coffre depuis mercredi dernier, l'occasion était trop belle. Autant profiter des dernières heures du baril de brut à seulement 112$...
Rappel des règles d'engagement : pas de grub, de shad ou de craw. Larves, vers, insectes. Simple. Basique.
Une fois de plus, j'ai donc eu la satisfaction de constater que les paquets de Stone Fly Fish Up achetés à Pipriac l'autre jour n'étaient pas à ranger dans le passif des achats compulsifs totalement éclatés... Au doux soleil de ce mois de mars qui ressemble à une fin avril, les perches s'y sont attaqué joyeusement !!!
Par chance, le premier spot exploré s'est révélé productif au delà de mes espérances les plus folles. Je pensais y débredouiller facilement avec deux ou trois perchettes avant d'aller voir ailleurs mais au final, j'y ai passé plus de la moitié de la partie de pêche. J'ai essayé deux autres spots, sans aucun succès pour l'un et deux petites touches inferrables sur l'autre. Puis la pluie est revenue, snif snif...
samedi 7 mars 2026
On en voit le bout
Je sais qu'en ces temps pré-apocalyptiques il est de bon ton de consacrer son temps à hurler à l'injustice quant au prix du litre de diesel sans être en capacité, ne serait-ce qu'un fugace instant, d'en discerner les mécanismes causaux, d'invoquer la sacralité des principes républicains pour se trouver une justification bancale à un vote d'extrême-droite, voire d'imaginer que tout ira vachement mieux une fois qu'on aura supprimé toutes les règles de protection sociale et environnementale. Cela s'appelle l'idiocratie et Aurore Bergé est son prophète. Amen. Heureusement, pour échapper à ce tourbillon de connerie en perpétuel mouvement, j'ai découvert l'escapisme (si vous me passez cet anglicisme). C'est à dire, comme son nom l'indique, une activité permettant de se retrancher du tumulte social sans queue ni tête, de son lot de déceptions et du sentiment profond de lassitude qui en résulte. Le budget annuel de l'Education nationale est de 76 milliards à peu près. Si avec cette force de frappe financière conséquente, on a pas réussi à convaincre Gérard, Mathis et Shirley que voter nazi, ce n'est ni bienveillant ni efficace (à moins de vouloir glorieusement finir comme compost entre Stalingrad et Berlin, évidemment), je ne vois pas ce que je pourrais faire de mieux.
Bref, l'escapisme, en ce qui me concerne du moins, se résume à traîner au bord de l'eau, en solitaire ou en bonne compagnie, tout en essayant de berner la vigilance d'un ou deux poissons durant un laps de temps variable. Dit comme ça, bien sûr, ça paraît assez peu enthousiasmant pour les jeunes qui préfèreront évidemment vandaliser des abri bus et foncer à deux sur une trottinette électrique à contre-sens en agglomération en riant comme des hyènes sous protoxyde d'azote. Quant aux vieux, du moment qu'on les laisse baver sur Facebook des inversions accusatoires révélatrices d'une démence sénile galopante, ils sont les plus heureux des cons.
Curieux hasard, samedi prochain, c'est enfin l'ouverture de la pêche en rivières de première catégorie (j'ai prudemment évité d'écrire le mot "truite", on ne sait jamais...). Les six prochains week-ends seront donc consacrés, au moins en partie (sauf fermeture totale du détroit d'Ormuz...), à la pêche dans des cours d'eau dans lesquels, selon les textes anciens, il y aurait eu des truites jadis.
En tout cas, il y a toujours des chevesnes et des perches dedans. Sans oublier, la chose serait injuste, que de braves bénévoles bravant intempéries, état d'ivresse manifeste et trous de ragondins y déversent chaque année quelques dizaines de kilos de Farios, histoire de maintenir la tradition malgré les atteintes aux milieux naturels causées en toute impunité par qui vous savez.
Allez, plus qu'une semaine !!!
mercredi 4 mars 2026
L'appel du soleil
C'est pas tout ça mais il faut bien le dire, les vide-greniers pêche, c'est pas tout dans la vie. En effet, la pêche à proprement parler, soit le fait d'essayer d'attraper des poissons, reste un truc au moins aussi gratifiant que d'entasser du matériel acquis à vil prix après d'âpres négociations contraires le plus souvent à ce qui fonde la dignité humaine mais bon, passons...
Mercredi, une après-midi ensoleillée de liberté s'offrait à moi. Youpi. Enfin pouvoir quitter ce pandémonium médiatique rempli de missiles irano-israëlo-McDonaldiens et de polémiques alimentant avec habileté la haine du prolo analphabète suceur de milliardaires envers Nordhal Mélenchon (si j'ai bien tout suivi), responsable de l'extinction des dinosaures, de l'assassinat de JFK et du QI de gaufrette du petit dernier qu'on avait cru jusqu'ici un peu prématurément HPI. Place donc à la Nature sauvage et à cette lutte primaire, instinctive, sans pitié de l'homme face à la Bredouille !!!
Par obligation réglementaire, seul l'usage de certains leurres est toléré jusqu'au 25 avril. Le fleuron de ma dernière commande Camotackle, la LarvaZ Zman et les imitations de larves Fish Up et Supercontinent ont été les gagnantes du jour. À ceci près qu'à mon premier lancer, je me fais casser par... Un brochet maillé qui part avec ma larve Fish Up fraîchement achetée de dimanche dernier. Pas glop.
D'un autre côté, le calendrier est sans appel : nous sommes toujours en hiver. Du coup, finir une sortie en sueur, voir des grenouilles et des bourdons, un début mars, est-ce que c'est normal, docteur ? Ah d'accord, au temps pour moi, c'est donc de la faute de ce fumier de buveur de sang d'actionnaires majoritaires de Jean-Luc Fourniret ? Excusez-moi, j'étais distrait.
































