Le froid, enfin pour être honnête une relative fraîcheur, semble parti pour s'installer. Pourtant malgré les quelques pluies tombées, la rivière reste bien basse, claire et les herbiers semblent se clairsemer assez rapidement. Le vent est aussi de la partie et n'est pas pour rien dans l'impression sibérienne du pêcheur douillettement lové dans son hoodie (soit qui mal y pense). J'entame la partie de pêche par l'inauguration de ma dernière acquisition, un Sammy 65 de bonne facture. Le bass m'évite la bredouille, certes, mais il était suivi par une perche deux fois plus grosse qui ne reviendra hélas pas à la charge...
Je me les caille joyeusement et en attendant, ça ne mord pas du tout, le bass au stickbait a fait illusion cinq minutes mais je ne fais pas le malin en regardant l'heure tourner. Je décide de changer de spot vu qu'il ne me reste qu'une heure à peine mais en remontant le chemin, j'avise un joli chevesne dans les herbiers. Je sors donc l'Arme secrète... Sauf que le chevesne dédaigne avec ostentation l'artifice mais un autre glouton était embusqué sous les restes de myriophylles !!!
Sacré Little Spider !!! Il finira glorieusement son existence mouvementée vingt minutes plus tard lorsqu'il me permettra de prendre le dernier poisson de la session, un chevesne bien agressif...
Session rapide mais un peu de poisson malgré le rafraîchissement significatif, ça peut aller !!!
De la pluie, du vent, une fraîcheur soudaine, franchement qui aurait pu prédire ? Après avoir non sans émotion embauché alors qu'il faisait encore nuit en portant pour la première fois depuis début mai un pantalon, la pause de l'après-midi était la bienvenue. J'ai commencé très fort en passant excessivement près d'un gros problème de santé : pendant que je changeais de montage, à quelques mètres de moi, une branche est tombée, cassée net par la bourrasque. On peut donc presque dire sans trop d'exagération que le Cheburashka m'a sauvé la vie...
Si je me l'étais ramassée sur le museau, celle-là, je crois que le blog aurait pris des vacances prolongées. Du coup, je n'ai pas insisté plus que ça sur le secteur boisé. Heureusement, ce fameux Cheburashka salvateur m'a rapporté une perche. Pas bredouille, ouf, et un poisson correct, ça va.
Par contre, je n'ai pas fait de vieux os dans le secteur vu que les branches commençaient à bien voler. Direction le parcours de street-fishing, un peu délaissé depuis le printemps, sécheresse oblige. J'avais joué la carte du minimum de matos donc pas de surprise, j'ai sorti de la musette l'inusable Jika Rig maison...
Très indiqué ce petit montage pour traverser sans trop de problèmes les herbiers et surtout y débusquer quelques poissons planqués !!! L'eau n'est pas encore remontée significativement mais il y a du mieux...
Je ne m'attendais pas à des miracles sur ces spots ratissés à l'industrielle (en 20 minutes, un mercredi sous la pluie, j'y croise cinq pêcheurs aux leurres...) mais j'ai eu quelques touches... Oui, faut pas rêver non plus, hein, on parle d'un coin bien poncé.
Pour la petite histoire, j'ai pris un chevesne au Jika Rig (de mémoire, ça doit être seulement le deuxième de ma carrière). J'ai loupé un bass correct à vue en anticipant le ferrage comme un gougnafier, la honte. Mais le clou du spectacle a été une attaque de silure de 15/20 kilos au ras du bord alors que je sortais mon montage Cheburashka de l'eau. Séquence émotions !!!
Le ciré n'était pas un luxe superfétatoire, la pluie est enfin de retour et le fait de pêcher en MH ne fait pas grossir les poissons, hélas !!!
Enfin sonnait dimanche aux aurores l'heure tant attendue de l'ordalie fluviatile !!! Oui, c'était le grand jour, celui de l'essai in vivo du nouveau bateau d'un fier boucanier des Côtes-du-Nord dont le patronyme suffit à glacer d'effroi tous les terriers de ragondins de France et de Navarre. Parlons peu, parlons bien, le bateau flotte. Point essentiel s'il en est. Par contre, nous n'avions pas choisi le bon jour car la navigation de plaisance fermait ce dimanche sur le canal de Nantes à Brest et la Vilaine était donc saturée d'une noria de bateaux remontant, qui d'Arzal qui de la Roche-Bernard, partant hiverner sur des portions abritées de celui-ci. S'il l'on y ajoute un vent de nord-est bien casse-bonbon, on se doit d'admettre que les conditions de pêche n'étaient pas optimales. Coup de chance inespéré, je prends tout de même par une sorte de miracle incongru une perche à l'aide d'un leurre pour le coup somptuaire : un crankbait fire-tiger acheté 99 centimes à NOZ l'hiver dernier sur un coup de folie...
Une fois rassurés sur les qualités de l'embarcation, il nous a bien fallu reconnaître qu'on pouvait encore pêcher quelques jours dans la même configuration sans prendre un poisson de plus. Nous nous sommes donc séparés en début d'après-midi. J'en ai lâchement profité pour pêcher sur le chemin du retour un port bien connu...
J'y ai pris quelques pin's et me suis fait contrôler par un garde (!!!). Au même endroit que l'année dernière. Il n'y a que là que j'ai été contrôlé en deux ans...Ce qui laisse un tantinet songeur.
Et comme l'année dernière, j'ai pris une perche correcte, quasiment au même endroit !!! Pas avec le même leurre, certes, mais pratiquement avec la même animation ultra-lente...
Petite pêche au final mais qu'importe !!! L'essentiel restait de tester le fier esquif, théâtre, souhaitons-le, de futurs exploits lointains !!!
Octobre reste souvent pour le pêcheur aux leurres une sorte d'apothéose de la saison ou, pour le moins, un moyen d'étalonner le niveau global de celle-ci. Entendons-nous bien, le mois ne fait que commencer. Le peu de précipitations de la semaine n'a pas entraîné de surcroit d'activité, loin de là. L'eau est redevenue cristalline en bordure, il n'y a pas de courant et les niveaux d'eau sont toujours faiblards. Bref, il aurait été plus inspiré de prendre le combo XUL...
Surtout que je ne vais prendre de poissons qu'avec la fameuse Stonefly ("La" car il s'agit bien de mon dernier exemplaire...) pendant deux bonnes heures. Même en changeant régulièrement, je n'ai pas eu une seule attaque sur les autres types de leurres utilisés, allant du Camion Smith DR au Bevy Popper 50, c'est dire.
Il m'a fallu attendre longtemps avant qu'un bass glouton ne se laisse enfin abuser par un Easy Shiner de contrebande. On est loin de l'activité des dernières semaines. Il en faut des trésors de duplicité pour prendre des pin's...
Vu que c'était franchement galère, je me suis dit "allez, zou, pourquoi pas se taper un parcours inconnu ?", oui, il en reste dans le secteur mais finalement pas tant que ça accessibles à pieds. Mon jugement sur le spot reste pour l'instant mitigé mais les conditions, chaleurs, vent d'est, pas de courant, restaient assez contraires pour qu'il puisse avoir une seconde chance... Surtout en float-tube (si j'en rachète un avant que la bise ne vienne...) car (évidemment...) la berge d'en face offrait quelques spots intéressants.
Bon, je n'y ai pas cassé des briques rien qu'avec le petit doigt non plus, hein, mais j'y ai enchaîné suffisamment de perchettes pour me convaincre qu'il y a sans doute mieux à faire un bon jour...
Enfin, pour revenir à mon intention première (qui était de pêcher les gros poissons blancs que j'ai repéré depuis des semaines à l'imitation d'insecte), cela s'est révélé un fiasco mémorable. En effet, seul UN rotengle s'est laissé berner. Au milieu de dizaines de kiki bass et de perchettes, ça ne fait pas riche.
Il y a des jours comme ça. Ce genre de jours qui nécessite impérativement l'usage d'un combo XUL...
Finir le mois en beauté, ce n'était pas dans mes capacités visiblement. Surtout si on ne consulte pas la météo avant de partir. J'ai fini bien rincé. Mais par bonheur, la pluie était aussi chaude que l'air donc je n'ai pas hérité d'une pleurésie fatale. J'avais décidé de retourner là où j'avais terminé dimanche, frustré de ne pas explorer toute la berge que j'avais dans mon collimateur. Bon, disons-le tout de suite au mépris du suspense, celle-ci vaut très modérément le coup...
J'ai commencé par une série de kiki bass absolument en folie puis j'ai enchaîné le troupeau de perchettes, tout ça avec des micro têtes plombées maison que j'utilise habituellement avec ma XUL alors que j'avais pris ma Sakura L...
Sous une pluie battante, vous pensez bien que j'ai sélectionné un peu les poissons à photographier vu que je n'ai pas les moyens d'acheter un téléphone neuf toutes les semaines. Après avoir épuisées les joies du micro LS, j'ai tenté la pêche à longue distance à l'aide de cuillères tournantes maison...
Et bien, comme d'habitude, ça marche plutôt pas mal, je trouve, même si j'ai décroché lamentablement plusieurs chevesnes.
Ah oui, j'allais oublier : la Nymph Supercontinent a été de la partie pour essayer de faire le quota de perches-soleil mais n'a convaincu que quelques kiki bass supplémentaires...
Malgré tout, ce bief reste dramatiquement peu profond. Difficile d'y leurrer un poisson correct tant mon approche, entravée par la jussie et les bois morts en bordure, possédait un je ne sais quoi de pachydermique... Jusqu'à ce que je retrouve au fond de la musette un collector...Une imitation de Camion Smith Super Shallow Runner acheté sous la forme de coque à peindre sur Wlure en un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître !!!
La vénérable relique a connu (certes tardivement) son heure de gloire avec un enchaînement de pin's de derrière les fagots. Il se lance loin, nage en tortillant du prose juste sous la surface et surtout rend fous les poissons embusqués en lisière de jussie...
Bass, chevesnes, perches, rien ne lui résiste !!!
Si l'on ne se focalise pas sur le fait qu'il ratisse exclusivement du petit poiscaille, on ne peut que plébisciter l'engin.
Alors que la pluie s'était un peu calmée, j'ai tenté de prendre du poisson en surface mais ça a été plus que laborieux pour au final ne prendre qu'une perche écervelée au Towadali dans un tas de branches...
Une petite escapade sous une averse revigorante, un étalage de pin's en finesse, que demander de plus ?
Ah ben quand même... Il m'en a fallu du temps pour le choper, ce gros chevesne qui zonait à temps partiel aux alentours d'un caillou immergé de la Sèvre nantaise. Il fallait juste attendre le coup de vent qui ridait l'eau, un peu boulée par les pluies de la veille, facteur décisif car synonyme de discrétion accrue tout en y ajoutant un Whopper Plopper 60 ramené à la nonchalante. Le salopiot est un peu crado, désolé, mais il a essayé de rejoindre son élément de force en sautant hors de l'épuisette. L'eau était trop éloignée pour que je puisse le rincer sans risquer de prendre un bain forcé et vu que je travaillais juste après...
Si l'on excepte ce moment triomphal, on ne peut pas parler d'une session d'anthologie non plus. La pêche était dure, le vent fort et quelques chutes d'arbres bien bruyantes m'ont fait relativiser en urgence le bien-fondé d'une station prolongée sous des frondaisons menaçantes. Sur un des hot-spots du moment, j'ai tenté un tandem inédit qui a été accepté par une perche mais une seule...
Sinon j'ai dû renoncer à mes ambitions affichées et revenir à ce précieux auxiliaire qu'est le Margay 2"...
Oui, je sais, ça fait pas sérieux, surtout quand on brandit une canne 7-28 grammes avec ostentation...
Allez, zou, pour une session de deux heures environ, je m'en sors pas si mal que ça après tout...
J'avais piteusement terminé ma partie de pêche dominicale par un problème de moulinet. Pendant ma pause méridienne, j'ai vite fait bricolé l'engin et surprise, il avait l'air de tourner. J'ai encore une bonne heure de libre avant le retour à la mine. Allez, ça se tente, ça, une rapide sortie sur un spot délaissé depuis quelques semaines ? Oui, sauf que la pluie revient et que ma veste Caperlan soit disant imperméable ne fait plus le poids depuis longtemps. J'ai fini trempé...
Le moulinet va bien, tant mieux. Par contre, le pêcheur déguste bien sous les embruns. La vache, on avait perdu l'habitude. Niveau pêche, bof bof, je prends assez vite un bass correct au Little Spider mais ça reste calme. Il me faudra vraiment réduire la taille des bouchées proposées pour faire enfin un doublé de chevesnes...
Doublé de petits chevesnes, est-il utile de le préciser ? Au Margay Shad 2", évidemment, ce leurre mérite bien son titre de sauve-bredouille 2026 !!!
Bref, cette session rapide s'est révélée laborieuse et humide. J'ai multiplié les changements de leurres mais je n'ai rien pris d'autre à part une perche téméraire au Worm aliexpress, lui aussi candidat sérieux au titre de sauveur de bredouille, ma foi...
En attendant, la pluie est enfin revenue et ça ne peut faire que du bien...