samedi 27 juin 2026

Tout va bien

 


Canicule Fishing 12

Le samedi, c'est toujours un peu spécial. Je ne trouve du temps pour pêcher que tôt le matin ou en soirée. Aujourd'hui, les températures étant à la baisse de manière drastique, je me suis octroyée une petite séance sur un spot où, pendant un bref arrêt pipi cette semaine, alors qu'il faisait un petit 41 degrés, j'avais à ma grande surprise vu des chevesnes et des bass chasser des libellules. Sauf qu'en arrivant, détail fâcheux, il y a eu entre temps une explosion de lentilles d'eau. Damned !!!


Difficile de patater du stickbait dans la salade. Je renonce à mes rêves de gloire en surface et replonge dans la dégradante manie du leurre souple de petite taille, sauveur émérite de tant de bredouilles annoncées. Contre toute attente, je prends immédiatement quelques poissons et c'est heureux car je n'ai pas toute la journée.

Je prends quelques poissons aux petits souples Reins avant de trouver le Mojo : tête plombée articulée, hameçon texan et Swing Impact 2". Je n'avais pas pêche ce coin depuis au moins quinze ans, lui préférant des parcours plus longs mais je me suis souvenu au bon moment de l'existence d'une fosse (relative, hein, en ce moment...) et j'y ai donc insisté...

Un sérieux banc de perches l'occupait, mes souvenirs ne m'avaient donc pas trompé !!! J'ai pu en profiter un bon quart d'heure avant que les occupantes commencent à subodorer quelque chose...



Il faut dire aussi que pêcher lorsqu'il fait à peine plus de 20 degrés, c'est légèrement plus appréciable que quand il en fait 30. Au dessus, je ne sais pas et je ne suis pas tenté le moins du monde de mettre ma santé en jeu pour essayer...

Au bout de quelques lancés sans touche, j'ai pris acte de la cessation d'activité et j'ai décidé de finir rapidement sur un spot ravagé mais où, si on sait où elles se dissimulent, il est toujours possible de piquer une ou deux perches...

Alors oui, d'accord mais dans le temps, elles étaient plus grosses...

Par un petit clin d'oeil, c'est le Aji Ringer qui a conclu la sortie comme elle avait commencée. Je ne me suis pas éternisé plus que ça non plus. Les 20 degrés initiaux étaient en train de lorgner méchamment sur les 30 et mon frêle épiderme de valétudinaire blafard fumait déjà en laissant une odeur de bacon égayer les environs.


Une partie de pêche rapide mais quelques poissons tout de même, il va falloir s'y résoudre cet été (et peut-être au delà...). C'est très très mal barré pour une saison de haute volée...


 

vendredi 26 juin 2026

Canicule Fishing 11

Ce n'est, j'en conviens, ni éthique ni moral ni rien de tout cela, mais au terme d'une semaine à siffloter "sac au dos dans la poussière..." pour remonter un moral plus chancelant que Renaud le soir du Beaujolais nouveau, il fallait que je me bouge un minimum. Je n'ai pas été déçu de voir que nos amis productivistes continuent d'arroser des centaines d'hectares de céréales déjà cramées, comme tous les ans, hein, me direz vous, d'accord sauf que là, les rivières sont à l'agonie trois mois (!!!) avant l'automne calendaire. Je me suis retrouvé à devoir pêcher l'amont d'un seuil pour transférer les poissons pris en aval dans un bief considérablement plus important et surtout beaucoup plus profond. Je ne sais pas si ça leur permettra de survivre à l'enfer qui nous attend (ben ouais, qui serait assez idiot pour penser que juillet et août ne remettront pas un coup de chalumeau dans nos petites vies douillettes ?) mais bon, je me suis donné bonne conscience à peu de frais...


Quelques rares trouées au travers des herbiers avachis m'ont permis de taper quelques poissons rapidement grâce à mon antiquité miracle habituelle. Rien de bien gros, vous pensez, ce n'est pas une surprise. Partir pêcher en pleine après-midi alors qu'il fait 30 degrés et avoir l'impression de pêcher au frais, ça, oui, par contre, c'était de l'ordre de l'inédit...

Mais je ne suis pas vraiment à plaindre si je me réfère aux nouvelles terrifiantes qui viennent de partout : rivières à truites à sec de la Côte d'or à la Haute Savoie, bras de Loire et marais de Brière transformés en piège mortel pour des dizaines de milliers de poissons... Ce que je prédisais, comme beaucoup de collègues, depuis plus de 20 ans est là. Certains blâment les "suspects habituels" (les AAPPMA qui "foutent rien", cocasse commentaire venant de gens qui le plus souvent n'adressent la parole à leurs représentants que pour connaître où et quand sont lâchées les truites...), d'autres les écologistes (il paraît que c'est à cause de leur "dictature verte" qu'il y a trop de sable en Loire, ce qui, évidemment, tue les poissons...). Très peu arrivent à faire le lien entre agriculture productiviste, réchauffement global et la mort de nos terrains de jeu. En effet, la fin de la pêche ne sera pas causée par les agités de PAZ, les cormorans ou Sandrine Rousseau. Il faut vraiment être un putain de Néandertal au liquide céphalo-rachidien remplacé par de l'Anjou-Village pour y croire mais hélas, le milieu de la pêche en compte un sacré tas d'experts certifiés buvette, front bas et idées courtes... La fin de la pêche, de la biodiversité puis de la vie tout court, nous la devrons aux salopards cupides de la Fnsea, aux fascistes couperosés de la coordination rurale et aux raclures de politicards sans aveu d'Attal à Genre d'âne en passant par Wauquiez et autres sombres merdes dont la liste est beaucoup trop longue.

Après nous avons aussi à porter la croix des chevaliers blancs halieutiques : ceux qui défoncent sur les réseaux sociaux le jeune qui a pris un bass la veille de l'ouverture "officielle" mais qui n'hésitent pas à s'afficher goguenards avec un poisson à bout de bras lorsqu'il fait 40 degrés...Mais ils sont où, mais ils sont où, mais ils sont où, les Pharisiens... 

Après, bon, on ne peut pas mettre tout le monde dans le même panier mais il y a quand même des bonnes tâches dans nos rangs. Vendredi matin, pendant ma pause, j'ai vu des cadors en action en train de pêcher le brochet sur des spots en pleine cagnasse, profonds de 20 centimètres et surtout totalement vides d'ésocidés depuis des décennies. Un vieux au vif, trois jeunes aux leurres, des experts... Car s'il y a bien deux poissons à ne pas pêcher quand il fait chaud, ce sont le brochet et la truite. Pour la truite, c'est réglé, les deux seules rivières où il en reste(rait) un peu sont fermées définitivement et pour le brochet, sauf alevinage surprise, là où je pêche, je suis à l'abri d'en piquer un...

La situation est inédite même si on a frôlé à plusieurs reprises le désastre ces trente dernières années. Je suis tellement tributaire de l'activité pêche que je me retrouve totalement désarmé devant la perspective qui s'annonce. Une catastrophe annoncée depuis si longtemps, merde...


Bref, pour l'instant, une partie de la rivière reste en l'état pêchable, les poissons y sont encore actif et le peu de courant qui y reste m'a permis de relâcher les poissons pris dans des conditions sinon idéales, du moins par létales. Mais s'il ne pleut pas, à un moment ou à un autre, le couperet va s'abattre.

L'équation est simple : il reste trois mois à tenir, dont deux mois de prélèvements agricoles intensifs et les niveaux d'eau n'ont jamais été aussi bas. En toute objectivité, on est dans la merde comme jamais on a été.

En attendant, j'ai transféré quelques poissons vers un bief aval où, pour le moment, il y a plus d'eau et moins de cyanobactéries. Je n'y ai pas traîné trop longtemps non plus car même si tout est relatif, 30 degrés au soleil, ça finit par lyophiliser un poil un pinseur déjà rudement secoué par une semaine à thermostat 8...

 
 
Une petite pêche salvatrice, pour les poissons pris comme pour moi, c'était tout ce que je demandais...

 


 

On va tous crever mais l'économie avant tout !!!

 


mardi 23 juin 2026

Un peu de tri pendant qu'on frit

La sagesse populaire s'obstine à affirmer, je cite, qu'à quelque chose malheur est bon. Je ne sais pas si on peut envisager que dépasser allègrement les 40 degrés centigrades aux premiers jours de l'été pourrait avoir des conséquences positives (à part décimer les rangs des électeurs de Bruno Retailleau en cas de panne de climatiseur évidemment) mais après tout, je ne suis ni sage ni populaire... Parmi mes rares instants de lucidité, entre vertiges, crampes et maux de tête, je me suis donc attelé à une tâche exaltante me permettant, c'est heureux, d'éviter de trop gamberger sur le giga suicide collectif thermostat 8 que nous offrent dans un avenir effroyablement rapproché nos amis milliardaires. Je range mes leurres tout en songeant que l'été ne sera une fois encore qu'une épreuve de survie en attendant pluies diluviennes, tempêtes et autres péripéties ludiques automnales dont on a désormais plus ou moins pris l'habitude.

Attention, un authentique B'Freeze 65sp se dissimule parmi les "copies" aliexpress !!!

Car cet été, j'ai des congés. Super. Youpi. Tralalalalère. Au train où ça commence à aller, j'ai bien peur de les consacrer à la sieste plutôt qu'à la pêche à la ligne. Les petites rivières du coin étaient déjà à l'agonie depuis des semaines. Le coup de chaleur record n'a pas dû aider des masses, sans compter que j'ose à peine imaginer les dégâts causés par l'irrigation. En effet, cette année, il n'y a pas eu depuis des mois ces épisodes pluvieux qui cachent la misère provisoirement et permettent bon an mal an qu'il reste trois perchettes dans des biefs sinistrés au premier septembre. On va vers la grosse catastrophe...

On va essayer de sortir un peu des sentiers battus quand il fera moins chaud. S'il reste de l'eau.


Les records de températures, effroyablement provisoires à ce stade, nous font entrer dans l'inconnu. Aujourd'hui il faisait la même température en Vendée qu'au Koweit. Ce département est depuis le début de l'épisode celui où l'on enregistre les températures les plus élevées. Cela aurait-il quelque chose à voir avec le fait que le 85 est le département le moins boisé de France (après Paris...) et surtout celui qui est l'épicentre de l'agriculture intensive ? Non, franchement, ce serait glisser vers l'écologie gauchiste qui est d'après Bruno Retailleau alias Nono le Neunoeud du Trou du Dingue une entreprise de déconstruction de notre société. Alors que lui, le Gollum de bénitier, son objectif, c'est l'écologie du bon sens, une écologie de droite plus versée dans les pesticides, les autoroutes et les marées noires que le quinoa équitable... Misère. Ils nous feront crever ces cons là juste pour un peu plus d'oseille à dormir au Crédit agricole.

Un affriolant trio de lames vibrantes prêt à faire feu !!!

Ce matin, j'ai pu faire une petite pause presque à l'ombre à proximité d'un pont que je n'ai pas pêché depuis une éternité. De façon surprenante, j'y ai vu de l'activité !!! Gros chevesnes et bass corrects s'intéressaient fortement aux libellules vrombissant au ras de l'onde croupie. La température lorgnait pourtant déjà vers les 40 degrés. Comme quoi, quand la volonté de s'adapter est au rendez-vous... Nan. Je déconne. Il est probable que tout y crève aussi dans ce pauvre gouillat...

 


 

samedi 20 juin 2026

Coup du soir avant le cagnard de l'Apocalypse

Honnêtement, j'avais peu de chances, voire aucune, d'aller à la pêche ce week-end mais une averse subite en fin d'après-midi m'a fait changer d'avis. L'air soudainement rafraîchi était une invitation à servir de buffet gratuit à volonté pour tous les moustiques-tigres du bassin versant. Le Hellfest battant son plein, il était périlleux de chercher à pêcher dans les alentours. Je me suis donc retrouvé obligé d'aller chercher mon pin's quotidien un peu plus loin qu'à l'ordinaire.


Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas fréquenté le coin et, chose stupéfiante, l'eau y est super basse. Qui aurait pu prédire ? Un rapide balayage du secteur à la vieille cuillère maison me permet d'éviter la bredouille mais le doute s'est installé. 


Je crains une soirée problématique (sauf pour les moustiques évidemment qui eux ont trouvé le chemin de la cantine...). Car il n'y a vraiment PAS d'eau. La vache. Les poissons me voient arriver à quinze kilomètres, ça sent le bon vautrage, ça, encore... Mais j'ai une arme secrète en ma possession : la Mepps Aglia Zéro !!!


Pfff, heureusement qu'elle est là, elle... Je ne compte plus les razzias estivales que je lui dois. Elle a même failli me rapporter un gros rotengle et une perche-soleil mais hélas, je les ai décrochés en beauté.



Cependant, contrairement à mes attentes, les perches ne sont pas d'une taille forçant le respect. Mais il fait largement plus de 30 degrés à l'ombre maintenant que l'averse n'est plus qu'un lointain souvenir. J'insiste un peu, trop sans doute, avant de me résoudre à changer de méthode...


Dans les trouées qu'on voit entre les herbiers denses, je dandine à l'aveugle un Grass Minnow Ecogear, juste pour voir, au cas où... Là, ça commence à scorer, elles sont plutôt agressives quand on les surprend dans leur couvert végétal.


Parmi les perches, je finis par piquer un rotengle, beaucoup moins velu que celui décroché à l'Aglia, mais qui, en XUL, m'offre un combat bien nerveux tout de même !!!


Il est 20 heures 30, je pinse tranquillou, tout va bien. Mais la chaleur m'accable alors je remonte en voiture, histoire d'aller voir un peu plus loin si j'y suis. Ce n'est pas l'idée du siècle : beaucoup d'accès à la rivière sont bloqués par des moto-cross garées n'importe comment, ce qui présage fâcheusement d'une présence massive de jeunes philosophes éméchés à faire trempette dans les cyanobactéries. Merdasse.


Après bien des déconvenues, je me retrouve là où je ne voulais pas finir, sur un spot archi-racassé et de surcroît lui aussi quasiment à sec. On entre dans le Money-Time, impossible d'aller ailleurs... Soit.
 

Et là, miraculeusement, au milieu de nuages d'insectes assoiffés de (mon) sang, contre toute logique, j'enchaîne les poissons au Pencil 47 et avec un revenant Kosadaka de derrière le fagots !!!


Il commence à faire bien sombre, le soleil est passé derrière les arbres, je me limite donc pour les photos, ne voulant pas perdre trop de temps pendant ce pic d'activité inespéré !!!


Je termine en beauté sur le seul endroit où il reste un peu de courant en prenant et décrochant un poisson par lancé ou quasiment. Chevesnes, perches...


Et pour finir, un rotengle !!! Bien évidemment, tous de petite taille, hein, vu ce qu'il reste comme flotte, il ne fallait pas s'attendre à mieux. Par contre, l'été sera terrible. Les niveaux de ce bief sont aussi bas que lors des pires fins d'été de ces 20 dernières années et là... On est tout au début de la saison.


Bien, finalement, j'ai réussi à pêcher un peu avant la bombe climatique de la semaine qui s'annonce...
 

 

vendredi 19 juin 2026

Pause fraîcheur en attendant la fin du monde

L'arpenteur frénétique des berges s'est un peu calmé ces derniers jours, préférant passer en mode pusillanime, on se demande pourquoi... La chaleur est devenue pénible, les rivières lorgnent vers un assec précoce battant tous les records (et pourtant Dieu sait si depuis 20 ans, on a tiré la sonnette d'alarme au niveau local...) et aller à la pêche est passé de moment de détente à tentative de suicide par déshydratation.

La semaine qui arrive sera horrible. Peut-être même les deux prochaines, tiens, ça n'étonnerait personne. En attendant, si, par un concours favorable de circonstances heureuses, je survivais à cette épreuve, j'ai mis de côté quelques leurres souples qui devraient, un jour ou l'autre, s'il reste de l'eau et des poissons, rencontrer le succès. Le Twin Curly Tail 2,8" a déjà eu le bonheur de prendre un joli bass sur un hameçon Wide Gap lesté sur la hampe mais une légère gamelle de ma part lui a évité de finir photographié. Le leurre est solide, dense, nage à faible vitesse et même sur les relâchés, bon, ça promet... J'ai repris aussi des shads Finesse Supercontinent qui font merveille en split et drop-shot mais dans un coloris plus flashy qu'à l'ordinaire, anticipant avec brio les lointaines eaux teintées de l'automne/hiver...

Comme si j'en manquais cruellement alors qu'au contraire, j'en ai assez pour ne pêcher qu'à ça pendant trois ans au moins, j'ai aussi acheté de nouveaux types de grubs : un peu chers pour les tarifs aliexpress mais ça vaut franchement le coût (ah ah ah jeu de mot d'une habileté extrême...). L'attractant est tenace, le corps plus aplati et beaucoup moins dodu que la plupart de ceux des produits comparables permet le montage texan sans problème et les coloris splendides...

Là encore, j'ai anticipé la baisse des températures avec quelques mois d'avance même s'il est possible que je m'en serve en pêche maritime nocturne cet été. S'il ne fait pas trop chaud, si je ne suis pas trop claqué, enfin bref si j'ai survécu début juillet, sait-on jamais...

En attendant, tout me séduit chez ces petits grubs. Je me demande même si je ne risque pas de prendre un sandre ou deux avec...C'est dire !



À part ça, j'ai craqué sur un nouveau modèle de shad. Achat injustifié s'il en est me direz-vous et vous aurez totalement raison. Sauf que je suis comme ça, un incorrigible amasseur de matos de pêche inutile car je suis bien parti pour entamer l'été au Tanta 25 sur hameçon de 16...


Pour l'instant, seul le 3" en coloris watermelon a eu droit à sa rapide trempette. Trois touches de kiki bass décrochés dans les nénuphars, on va insister... J'ai pris le même modèle en plus petite taille (au cas fort improbable où j'en serais ignominieusement réduit, on ne sait comment, à tenter d'éviter le capot sur des perchettes...) et le coloris est vraiment splendide. Il fera merveille, j'en suis convaincu !!!



En attendant, il est peu probable que je retourne à la pêche avant un bout de temps. Par contre, il est facilement prévisible qu'au moment où les températures extérieures seront plus favorables pour aller pêcher, les milieux aquatiques seront probablement complètement flingués... C'est déjà le cas pour la moitié ouest de la Loire Atlantique, j'imagine que dix jours de météo saharienne et des dérogations préfectorales à la chaîne pour l'arrosage massif en plein jour achèveront en beauté le reste.