dimanche 15 mars 2026

Opération "Lâché de Fauves"

Mieux vaut tard que jamais, c'est enfin l'ouverture de la truite, le moment symbolique et traditionnel du "début" de saison. Certes, les récents aménagements réglementaires font que la fermeture-couperet n'est plus une réalité mais bon, que voulez-vous, le deuxième samedi de mars reste une institution. Croyez-en les innombrables sujets passant à la télévision avec comme point d'orgue incontournable la célébrité locale torchée au Gévéor en train d'éviscérer une truite Arc-en-Ciel toujours vivante en éructant que c'est toujours ça que les Roumains auront pas...

Pour ce week-end, au coeur du Maillochistan pittoresque, nous avons été bien servis : précipitations vigoureuses dans la nuit, 25 millimètres d'après la rumeur publique, et donc, le matin, douche froide au bord de la rivière bien marronnasse. Obligés de remonter en tête de bassin, à l'instar de nombreux pêcheurs, nous avons persisté dans le marasme total jusqu'à ce que je réagisse avec un temps de retard à l'attaque d'une truite sur un spintail Caperlan. Loupé d'autant plus inexcusable que la truite est revenue faire sa fête à l'intrus une deuxième fois avant de se rendre compte de sa méprise. Bon, c'était tout pour la matinée.

L'après-midi fut aussi morose que le matin jusqu'à ce que le Spécialiste des lieux débredouille enfin avec une truite de la Béronne, prise exactement au même endroit où j'en avais pris une l'an passé. Il faut dire aussi qu'on a pas pu pêcher où on voulait car à chaque parking, il y avait trois, cinq voire dix véhicules. La dure loi du genre !!! Rentrés de bonne heure, c'est dans un état d'hébétude peu commun que, le diner expédié, nous sommes tombés de sommeil afin d'être en forme olympique dès l'aube du dimanche, non mais des fois... Et là, ce fut le drame. Grosse gelée, -3 degrés, autant repousser la pantalonnade jusqu'à ce que le soleil soit assez haut pour nous éviter le pire. En pure perte, hélas, car la rivière qui avait pris 20 centimètres dans la nuit de vendredi à samedi en a perdu 30 depuis et surtout, avec la baisse drastique des températures, s'est éclaircie en une vitesse foudroyante. Résultat des courses, pas un poisson "dehors".


Par contre, nous avons eu droit à un épisode cocasse : Ratatouille se prenant pour Indiana Jones, accroché à un des essuie-glaces de la Maillochemobile. Le rongeur aussi surpris que nous a lâché prise avant de rencontrer s'il avait poursuivi le co-voiturage jusqu'au bout un chat noir et blanc de notre connaissance mais il a sauté en marche, histoire de ne pas déranger. Comme d'habitude, quand ça ne mord pas, on s'énerve et c'est comme ça que j'ai laissé un Barn40 de brocante-pêche et 2 AR-S aliexpress en sacrifice aux Dieux de la Bredouille.


Par contre, j'ai pris le temps de faire quelques photos bucoliques entre deux dérapages vaseux. Nous avons aussi pris le temps d'observer le milieu et ça ne fait pas riche : quelques gammares, deux tricoptères, une limnée, une grosse femelle vairon gravide en train d'agoniser en surface après probablement une attaque de truite mais pas un seul banc de vairon...Le réseau trophique local ne respire pas la grande forme.   
 

Autant dire les choses clairement : j'ai fort bien fait de sortir la semaine dernière. Pour terminer le week-end sur une bonne note (et éviter sournoisement une bredouille totale), je me suis arrêté en deuxième catégorie sur le chemin du retour. Là par contre, l'eau était encore boulée et il m'a fallu deux heures d'efforts (entrecoupés de quelques décrochages) pour enfin dédouiller avec une infortunée perche goûteuse de Tanta. Peu glorieux mais ça compte. Je suis donc de retour au Ploukistan et le constat est implacable : ici aussi, l'eau est marron. Il va falloir se montrer patient !!!
 

 

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