vendredi 6 novembre 2026

Pêche express

Bon, c'est pas le tout, faut pas se laisser abattre non plus. Certes, je claudique, je renifle et je me sens moins affuté que Gabriel Attal au comptoir de son millième bistrot mais la saison continue !!! La journée commencée dès six heures du matin, top départ pour Pépère, j'ai un peu la vision en pointillés quand sonne en début d'après-midi la brève période de relâche. La flemme d'enfiler les waders pour une paire d'heures me conduit à privilégier le circuit court. Arrivé au bord de l'eau, bon, pas de surprise, elle est super claire, le soleil donne et il n'y a presque pas de vent, ça va être tendu !!! Dans le doute, je mets une vieille tête plombée un peu douteuse, l'hameçon fin de fer légèrement oxydé, en me disant que sur un malentendu, ça peut marcher. Et de manière totalement inattendue, ça marche !!!

Un joli chevesne a intercepté à la descente cette tête plombée en déliquescence sur laquelle j'avais enfilée une Finesse Filet Craw 2". Heureusement pour moi, il l'a croquée juste à l'endroit où je pouvais descendre en toute sécurité le mettre à l'épuisette. Pour une fois que la chance est avec moi !!! Par contre, le reste du parcours se montre franchement décevant, je n'ai que des suivis de perchettes...Bon. Je pousse donc jusqu'à un pont sous lequel quelques perches squattent régulièrement. Là aussi, le peu d'eau n'incite pas à un optimisme trop primesautier. Et pourtant...

Alors que je tentais de passer entre les restes d'herbiers de la zone ombragée afin de débusquer une perchette, sans trop de conviction car mon ombre dévoilait généreusement ma présence, je me prends un gros tampon. Oh non !!! Un chevesne, un fort joli, à l'aplomb du pont, que faire ? Je n'ai qu'une option, enlever le pick-up et le remonter à la main en tirant sur la ligne, ce qui offre 99% de chance de casse car, bien évidemment, j'ai un bas de ligne en 18/100°°. Et là, miracle, le bas de ligne ne pète pas (comment ? J'en sais absolument rien...) et le cyprin finit dans l'épuisette puis change de rivière. Je n'en reviens pas : encore une bredouille évitée avec un certain panache. Il est temps de me ressaisir et de retourner à mes errements coutumiers !!!

Un shad Margay 2" me permet de remettre les pendules à l'heure par le truchement d'un pin's coopératif, puis, après avoir loupé un bass surpris tapi sur un lit de feuilles mortes, je finis par enfin prendre ma perche réglementaire !!!

D'ailleurs, en parlant de règlement, je me suis fait gentiment alpagué par une harpie manifestement en manque d'autoritarisme qui m'a sommé de cesser de pêcher sur le parcours au prétexte que des panneaux y interdiraient formellement la pêche (ce qui est faux), puis que le site étant classé monument historique (ce qui est le cas de quasiment tout le bled...) la pêche y était OBLIGATOIREMENT interdite... Je lui ai donc rétorqué non sans malice que j'avais pêché dans les douves du château du roi de Rome sans qu'on m'embête et que question patrimoine, excusez-moi, ça volait quand même 30 000 pieds au dessus de ses pauvres cagoinces à clébards. La gorgone qui était accompagnée de deux stagiaires manifestement enchantés de voir leur geôlière rembarrée, rouge de fureur, n'avait pas encore bu le calice jusqu'à l'hallali (oui, merci Jordan, le message est passé) puisque je lui ai asséné en guise de coup de grâce que la police locale m'avait confirmé le droit de pêche selon certaines conditions que je remplissais pleinement, n'ayant éborgné, blessé ou mutilé personne ni laissé par mégarde deux ou trois tonnes de déchets lors de mes sessions dans le secteur... Bref, je sens qu'on va rigoler les prochaines semaines si je croise derechef la maritorne.




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