Agréablement poussé à l'insomnie samedi soir par le retour bruyant des motodidactes ruraux, ces farouches fils d'alcooliques de souche arborant fièrement coupe Edgar, fine moustache et regard bovin juchés sur leurs motocross au pot d'échappement aussi discret et mélodieux qu'une fanfare de vuvuzuelas, je n'étais pas dans une forme olympique au réveil. Tant mieux me direz-vous avec justesse car ce matin, le gel était lui aussi de retour. Lourd. J'ai donc prudemment attendu le milieu de la matinée pour m'en aller explorer des coins inconnus.
J'étais tout émoustillé à l'idée de découvrir d'autres terrains de jeu. Sauf que... Au bout de deux heures d'efforts, je n'avais pas vu un poisson, ne serait-ce qu'un petit chevesne en surface. Serait-ce parce que j'étais en tête de bassin, que la rivière est plutôt peu profonde et cernée de champs de colza ? Allons, allons, pas de conclusions hâtives... Peut-être que je referai un essai après l'ouverture, après tout.
Déjà bien déshydraté par le combo vent et soleil, j'ai pris le temps de manger mes sandwichs tout en réfléchissant à comment ne pas finir bredouille. En constatant le peu d'eau minérale qu'il me restait, j'ai décidé de finir ,sans risquer le faux-pas, sur un spot "sûr". Je sais qu'il est peu envisageable que j'y prenne un gros poisson mais par contre, il y a beaucoup de cyprinidés en maraude sous les branches basses, guettant la bestiole maladroite. Mais j'ai un peu tout contre moi ce matin : pas bien réveillé, fatigué par la marche stérile qui a marqué le début de session, je casse trois bas de ligne dans les branches et surtout je décroche tous les poissons qui m'honorent de rares touches... D'autres, trempés dans un acier moins solide, auraient renoncé mais, bordel de merde de vérole de moine trapéziste, si vous me passez ce mouvement d'humeur bien compréhensible dans le contexte, je m'accroche contre vent & marée. La récompense finit par arriver. Un rotengle, plus bredouille, envoyez les couleurs !!!
Ouf. Je n'y croyais presque plus mais la bredouille est vaincue. C'est alors que je verse dans un coupable relâchement en décrochant plusieurs perchettes à la suite alors que j'hésitais sur l'intérêt de les prendre en photo. L'eau étant encore plus basse que vendredi, leur fuite éperdue ferme la gueule de leurs consoeurs. Damned. Heureusement que quelques rotengles se promènent en aval.
Je terminerais même à l'économie la sortie en pêchant avec une Stone Fly que j'avais perdue vendredi et que j'ai récupérée aux branches basses grâce au port de waders très bienvenus en cette occasion. Cependant, j'ai interrompu prématurément l'étalage de pin's car sans eau à boire, au soleil, ça devenait trop pénible pour un barbon dans mon état. Tournons nous désormais vers la semaine à venir et la fin de la "vaguelette" de froid... Qui a été fatale, la garce, à mes lombrics stockés, snif, snif... Mais on entre dans la dernière ligne droite. Courage !!!




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