jeudi 15 janvier 2026

Intermède à prétentions culturelles

Je peux parfaitement comprendre que le lectorat pourtant averti de ce blougue en soit choqué mais je n'ai pas toujours été ce plouc revêche à l'hygiène corporelle plus que douteuse, aux manifestations publiques d'intempérance devenues légendaires dans toutes les gendarmeries du nord-ouest, tout en portant contre vents et marées l'art de la diffamation à des sommets rarement atteints. Et oui, j'ai brièvement côtoyé ce qui se fait de mieux en matière d'élitisme social, d'entre-soi compassé et autre communautarisme altier sauce Rotary. 

Évidemment, je ne suis pas allé avec Gérard Larcher tester la résistance de mon système digestif aux 24 heures du boudin blanc, on ne m'a pas convié à une chasse à courre d'allocataires du RSA dans les rues de Trappes et Christine Boutin ne m'a jamais invité à une séance d'exorcisme naturiste dans les bois d'Auffargis, là où une cabane à jardin se négocie au prix d'un château Renaissance creusois. Non, je suis malheureusement resté scotché à mon statut de roturier, snif, snif...

Pourtant, malgré ma gueuserie contraignante, j'ai à mes moments perdus pu explorer ce terroir favorisé. En effet, les spots de pêche intéressants se trouvaient être situés trop loin pour les courtes sessions dont je devais me contenter le plus souvent. Il m'a donc fallu me satisfaire des vagues ruisseaux coulant aux alentours. Je sais que cette confession est d'un intérêt très relatif mais récemment, je suis tombé sur un ouvrage ayant pour sujet les peintres de la vallée de Chevreuse, là où on attache pas son yorkshire avec des Knackis de chez Aldi, non mais des fois...


Quelle ne fut pas ma stupéfaction en trouvant au milieu des pages de ce docte ouvrage moult esquisses, aquarelles et autres études présentant des petits coins bucoliques où il m'est arrivé de tremper du fil en rêvassant. 

Que les choses soient claires entre nous, ce n'était pas les grandes eaux non plus. Le Nano Minnow était plus souvent de sortie que les bigbaits pour bien préciser le tableau... Mais d'un autre côté, le secteur était peu fréquenté et relativement poissonneux si l'on ne s'obstinait pas à traquer le spécimen chimérique. En effet, les niveaux étaient peu élevés sauf en cas de coup de flotte soudain
 

Quand j'avais moins de quatre heures de liberté, c'était pourtant la destination obligatoire : les Vaux de Cernay, Saint-Rémy-en-Chevreuse, Gif-sur-Yvette... Pas d'aspes, pas la queue d'un black-bass mais j'ai pris un petit sandre à Chevreuse une fois et décroché un fort joli brochet au moulin de Gif... Quoique si j'étais un tant soit peu sincère, je reconnaîtrais humblement que 90% du temps, je n'y prenais que du blanc. 
 

Bref, c'était une destination prisée des barbouilleurs de jadis, entre vestiges de la dive Forêt des Carnutes, prémices de l'océan des blés de Beauce et toute proche des charmes encore rustiques du Hurepoix d'avant l'étalage à l'infini des banlieues résidentielles pour cadres supérieurs névrosés.   
 

"Au rendez-vous des Artistes" est aujourd'hui un Petit Casino où se ravitaillent les gens pressés qui arrivent de Paris pour aller s'enfermer dans leur ferme fortifiée champêtre. Les diligences sont un vieux souvenir, depuis longtemps remplacé par les SUV luxueux des retraités CSP+ qui ont colonisé le canton.


Bref, c'était mon quart d'heure nostalgique entre journées de boulot grisâtres interminables et prévisions météorologiques déprimantes en prévision des deux derniers week-ends avant la Fermeture. Finissons-en sur un petit chevesne des Vaux de Cernay qui ensoleilla brièvement mon déconfinement !!!

 
Et à bientôt pour de nouvelles mésaventures !!!
 
 


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