J'avais commencé il y a peu un article sur le recyclage d'un leurre trouvé gisant dans les branches basses surplombant une petite rivière du Ploukistan occidental. Hélas, pendant la rédaction d'icelui, à quelques encablures de la sortie du dimanche de fermeture, la gastro du Millénaire s'est abattue sur mon frêle organisme. Suspension du bricolage, abandon par la force des choses de mes rêves de pinsage frénétique et passage en mode survie. Au terme de trois jours pénibles, j'émerge à peu près ce soir. Il était temps. Avec un peu de chance, je pourrais même retourner au travail mercredi mais n'anticipons pas, oulalalalala.
Parmi les points positifs à dégager de ce bref épisode, il me faut mettre en avant le fait de ne pas avoir dépensé d'essence pour la fermeture ni perdu de leurres en quelques tentatives aussi hasardeuses que désespérées de prendre autre chose qu'une perchette format cacahuète. Oui, je tente de sublimer ma frustration ainsi que 72 heures à gargouiller du bidou en redoutant la faute de goût, ça se voit tant que ça ou quoi ? Finalement, après consultation du sorcier local agrée par la sécurité sociale, je suis un homme libre jusqu'à lundi matin. Enfin, libre, je me comprends. Dans la limite de mes moyens physiques, ça ne me portera pas beaucoup plus loin en cas d'urgence que la salle de bains...
Ce n'est donc que tout à l'heure que j'ai été en capacité de renouer avec mon activité hivernale favorite : trier mes amas de vieilles cuillères rouillées. Parmi elles, il y a quelques spécimens que je crois artisanaux mais je n'en suis évidemment aucunement sûr étant donné que je pratique l'affabulation à grande échelle depuis que je sais me connecter à un ordinateur au cas éventuel où cela aurait échappé à votre sagacité.
Cependant, je possède aussi des témoignages de la grande époque, celle des cadors, des grands anciens, des gusses qu'on en causera encore dans cent piges. Th. Joly "le Tourbillon", 1930, la qualité française, ça, c'est pas du boulot d'arpête, j'aime autant vous le dire tout de suite avant qu'on ne dérape dans l'euphémisme mièvre, dans le dérivatif filandreux, bref, qu'on en fasse des caisse pour minorer le chef-d'oeuvre.
Tiens, une Pezon & Michel... Pas d'époque manifestement vu l'état, plus probablement une production tardive visant à abuser de la crédulité de gogos tels que moi, je suis une éternelle victime de mercanti peu scupuleux, tiens, ça me déprime, remets-moi donc un smecta-poire, Roger.
Ah oui, bon sang mais c'est bien sûr. Ces Olympiques numéro 4, totalement oubliées, viennent heureusement compléter les petites tailles déjà en ma possession maniaque. Ça tourne comme une horloge, ces petites bêtes là !
La Rafale, ah la Rafale, la fierté des ateliers d'Ambroise, la ruine des poissons de la Loire !!! Encore un témoignage d'une époque révolue, celle du savoir-faire français de Frrrrrrance, bon dieu !!! Excusez-moi, je m'emporte, mais imaginerait-on le général de Gaulle affublé de bésicles de blouson noir aphasique dire en public merde aux Amerloques tout en jaspinant leur patois de lourdingues avec un accent d'Indre-et-Loire ?
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