mardi 17 juillet 2018

Loire & Déboires saison 36 épisode 1

Le Tendinitator… Dernier fruit de mes divagations maladives.


Comme le temps passe… On s'endort un beau soir carrossé comme Adonis et on émerge péniblement dans ce qui nous semble l'instant d'après avec la tronche de Roland Courbis. Chienne de vie. Il ne nous reste plus qu'à patienter la paupière mi-close devant une rediffusion de Derrick qu'un type en blouse blanche ( ou un gars poilu tout rouge avec des Nike en sabot, un sourire de communicant macroniste et des cornes sur le front si on a pas été sage…) nous annonce qu'on a un petit problème d'ordre médical tout à fait bénin mais nécessitant tout de même une remise en ordre de son assurance-obsèques-sait-on jamais. En attendant d'éventuellement passer au barbecue dans un carton premier prix choisi par la famille en train d'écouter, atrocement gênée, Johnny allumer le feu (si on peut plus faire de blagues pour ses dernières volontés, où allons-nous ?) ou, pire, de se voir subir un lavement au méthanol par des thanatopracteurs taquins, il devient assez désagréablement envisageable d'aller squatter quelques décennies une concession quelconque jusqu'à ce qu'un cantonnier-comptable s'avise du défaut de paiement et nous rempote gaillardement quoiqu'en vrac à la fosse commune. 
"Alors, comme ça, on lochait ses vifs, hein, petits chenapans ?"
Le tout dans un cimetière anonyme à dominante grisâtre vaguement coloriée le week-end de la Toussaint et dont l'ambiance un tantinet morose reste  seulement égayée hors de ce pic d'activité par quelques bandes d'ados satanistes en état d'ivresse. Sympa l'éternité. Bref, devant ces indubitables perspectives,  il ne nous reste plus à nous autres, décatis bancals frappés par l'immanente péremption (et dont la présence fortuite dans un Starbucks, un restau à sushis ou un quelconque autre lieu branché déclenche immédiatement une vague d'appels  de 18-35 ans fous de panique au 17), qu'à maudire l'époque et à nous replonger avec aigreur, tendresse ou mélancolie dans notre passé mythifié en une formule définitive : "c'était BEAUCOUP mieux avant, bande de branleurs !!!"
Petit bricolage maison ornant désormais une p*t**n de nasse de braconnier...
Bon, d'accord, je vous le concède : parfois, voire souvent, le passé qu'un géronte exalté peut vous présenter  sous un jour favorable n'a de valeur en soi que parce qu'il était le présent de la jeunesse de ce vieux birbe éructant vous tenant la jambe en vous narrant, des trémolos dans la voix, les évènements marquants de sa vie comme le premier homme sur la lune, la première femme dans un bureau de vote ou le premier Belge reconnaissant que les Français sont meilleurs au foot. Plus modestement, mes souvenirs me portent vers l'été 1982, une des périodes pourtant les plus sombres de notre histoire… Les jeunes ne peuvent pas comprendre : les riches ont peur, beaucoup ont fui, emportant leurs lingots d'or, leur porcelaine de Sèvre et leurs collections du Figaro-Magazine. Depuis un an, on vit dans l'angoisse de devenir une république soviétique. Pour parfaire l'ambiance lugubre à en faire passer l'Exorciste pour l'épisode-pilote des Télétubbies, on vient de se faire poignarder, humilier, piétiner par les Fridolins à Séville. C'est dans ce cadre que Stephen King trouverait trop glauque pour y plaquer une de ses histoires d'ados confrontés à des forces démoniaques encore plus effrayantes qu'un CPE consciencieux, des parents non-démissionnaires ou une Wifi saturée que j'ai découvert la pêche en Loire…

5 leurres-maisons qui restent au fond (dont au moins 2 sur des nasses de braco…), un brochet, un chevesne et une perche décrochés avant que ce chevesne aux proportions modestes ne me sauve de la bredouille en chiquant une cuillère-maison...
On a pas un métier facile^^.
Mes débuts n'y furent guère glorieux mais eurent le mérite de me pousser à continuer dans cette voie ardue, certes, mais ô combien gratifiante quand, comme hier soir,  par un miraculeux hasard, la victoire, matérialisée par un chevesne que l'on aurait à peine regardé d'ordinaire mais clôturant trois heures de bredouille,  vient déposer ses lauriers sur votre front baigné de sueur et tout luisant de projections de vase séchée… A partir de ce fameux "Summer of '82", je crois bien que les trois décennies suivantes me virent alterner phases de renoncement, flambées de passion et dépressions nerveuses jusqu'à ce que je succombe à l'addiction définitive au fluviatile grâce à l'apparition de l'aspe, il y a déjà 10 ans... La Loire est dure. Mais c'est la Loire. Car ce fleuve aux humeurs démoniaques donne toute sa quintessence au fameux aphorisme churchillien. Oui, la recette du succès est bel et bien d'aller d'échecs en échecs sans jamais perdre son enthousiasme !!!



samedi 14 juillet 2018

Pinsage Vespéral Compulsif


Quel rythme trépidant… Cette semaine, je n'ai pas eu la moindre minute à consacrer à la pêche depuis la rapide escapade champêtre de dimanche dernier. Ce samedi était bien parti lui aussi pour me tenir éloigner des gisements de perchettes mais sur le coup de 20 heures, renonçant à un plantureux en-cas, j'ai embarqué le combo UL pour un petit tour des plus rudimentaires au bord de ce qui fût jadis un de mes coins de prédilection…
S'il existe une donnée capitale pour nous autres, pêcheurs estivaux en milieux aquatiques perturbés, il s'agit bien du niveau d'eau des rivières. En l'espace d'à peine 6 jours, le dit-niveau a baissé de 30cm. Le truc qui calme… Bien évidemment, en raison de l'heure tardive, je n'ai pas le temps de me retourner et me retrouve donc à tenter contre toute attente de leurrer les derniers survivants du bief...
Dire que la traque de ces mystérieux spécimens s'avère ardue relèverait du même niveau de litote qui consisterait à exposer que tenter  l'ascension du K2 en solitaire, équipé d'une paire de tongs et vêtu d'un ensemble short-débardeur n'est pas excessivement prudent… Personne ne daigne se piquer sur mon Towadali, pas un poiscaille ne s'intéresse à mes petits leurres souples, snif...

Et pendant ce temps-là, l'horloge tourne et la fatidique heure légale de pliage des gaules se rappelle à mon bon souvenir. Devant l'adversité, les éléments contraire et la bredouille qui menace, vais-je sombrer corps & biens ? Quelle angoissante angoisse comme dirait l'autre… Bon, ça va cinq minutes. Plutôt que de psychoter du pattern, face au danger, je retourne aux fondamentaux.
Le pin's ligérien du bas. Toute une école.

La cuillère-vintage se charge du reste. Les prises sont peu nombreuses et de taille modeste, certes. Mais quand on se retrouve à une demi-heure du coup de sifflet final le corps boursouflé par les piqûres de moustiques et, les avant-bras brûlés par les orties, le tout boudiné dans une combinaison en PVC repoussant les limites olfactives du sudoripare en milieu fermé, vous pouvez quelle ineffable joie fait naître sur le faciès porcin de l'auteur la moindre perchette frémissante se débattant suspendue à cette antiquité...
Le micro-spinnerbait "maison" et sa victime du soir : un micro-chevesne.
Sur l'ultime étape de ce chemin de croix proto-nocturne, au seul endroit où la profondeur du cour d'eau reste encore à peu près acceptable, c'est un bref essai d'un de mes "prototypes" (non mais quelle fatuité, j'en reviens pas…) qui se conclue magnifiquement par la prise d'un chevesne… Heu… D'un chevesne, voila. Finalement, malgré toutes les avanies qu'elle m'aura fait subir, cette sortie na pas été tout à fait inutile : je sais qu'il est désormais amplement contre-productif d'aller traîner mes bottes dans ce coin-ci du bassin versant. Les semaines qui viennent ne vont par ailleurs sans doute pas arranger les choses. Il va falloir choisir avec discernement mes points de chute pour profiter au maximum de mes trop rares disponibilités… Mais ça, c'est une autre histoire.




lundi 9 juillet 2018

Coup du soir caniculaire

La sortie débute par un chevesne pris au crankbait aliexpress à 40 centimes équipé par mes soins d'un hameçon simple sans ardillon et de deux yeux surdimensionnés donnant au leurre un faux-air de lapin pris dans la lumière des phares...
Au terme d'un week-end industrieux, alors que, ruisselant d'une sueur âcre de déshydraté chronique, je pensais en toute bonne fois passer une énième morne soirée à somnoler en ma tanière, j'ai su avec une surprenante énergie secouer le cocotier de ma fainéantise légendaire. Un petit coup du soir en ultra-léger sur un des cours d'eau des environs, ça ne se refuse pas, voyons… Après des débuts assez poussifs, un chevesne récompense ma volonté de défier l'insolation. Ouf, je ne suis pas sorti pour rien. S'en suivent alors quelques coupables tâtonnements chronophages, innovations dilettantes et autres approximations fleurant l'amateurisme consternant avant que je ne découvre triomphalement (et cela en faisant preuve d'une incontestable humilité^^) le pattern à pin's du soir : le "Towadali". Ah ben ça, dis-donc... Quelle surprise !!!

Le grand retour du "Towadali"... Destiné aux chevesnes d'un radier campagnard, il aura finalement décimé les bancs de perchettes vu la baisse rapide des niveaux d'eau qui ont sans doute fait dévaler au loin les gros cabots...
C'est le carnage sur les perchettes. J'ai la chance de pouvoir relâcher les prises sur le bassin en amont donc ça s'enchaîne sans trop de fioritures. Par contre, la rivière est plus basse qu'en juin et donc, sans trop de surprise, les perches ne sont pas énormes. Je réussis d'ailleurs à battre mon record de la plus petite perche au leurre de surface mais elle se décroche avant la photo. Tragique évènement qui me condamne implacablement aux yeux du grand public (et ce pour l'éternité)  à rejoindre l'abominable cohorte des mythomanes halieutiques 2.0...
La Cybèle au crépuscule… Un plaisir de connaisseur^^...
Après avoir testé pêle-mêle le T-Pivot qui me ramène quelques perchettes et un petit bass, une cuillère vintage n°1 qui, outre la valise réglementaire de petites zébrées, me permet de toucher enfin un bass correct (mais de le décrocher… En UL, avec ardillons écrasés, ce sont des choses qui arrivent…) et l'ondulante miracle (une seule perche, comme quoi…), je sors l'artillerie lourde au crépuscule : une Cybèle n°2 venue du Maillochistan...
Et hop !!! Le "gros" de la troupe est piqué dans les arrêts de jeu (aka "Mosquito Time"...) toujours à la cuillère Cybèle.
Baptisée du nom d'une antique déesse de la fertilité et de la nature sauvage ; au temple originel se tenant jadis sur les berges  du fleuve Gallos dont les eaux, paraît-il, rendaient fou l'inconscient dipsomane assez assoiffé  pour en mettre dans son vin ;  cette cuillère, elle-même d'un certain âge, m'a permis de supporter assez longtemps le véritable calvaire que m'ont fait endurer les moustiques grâce aux poissons qu'elle a fait réagir sur le dernier spot testé (et qui pourtant est plus que fréquenté à la belle saison…). De là à ce que j'en devienne un zélé zélateur, il y a quand même un monde vu les critères usuellement requis pour exercer de plein droit son culte^^…


vendredi 6 juillet 2018

Aux ambitions contrariées...

Je le savais pourtant bien. Les séries sont faites pour se terminer. Sauf évidemment "Plus belle la vie",  qui ne fait au fond que  confirmer en mode interminable ; à peine amoindris par les cigales, les apéritifs anisés et les turpitudes méridionales tumescentes les plus inavouables ; les pires coups de cafard de Schopenhauer. Un jour ou l'autre, les cartons de perches à répétition s'interrompent et on repique au morne désespoir du quotidien  halieutique ligérien. A mon humble décharge, il faudrait tout de même apporter l'élémentaire précision que j'ai été contraint et forcé de passer d'un plan pêche s'éternisant jusqu'en fin de soirée à une sortie-express en plein cagnard. La faute à mon infortuné chat victime d'un collègue hargneux et opéré en urgence à la clinique vétérinaire du coin… Heureusement pour mon pauvre matou pacifiste qui reste toutefois traumatisé par la violence dont peuvent faire preuve certains de ces congénères capables à certaines occasions de s'abaisser au niveau de méchanceté d'un être humain.

De mon côté, entre le dépôt de la bête et sa récupération, j'ai bénéficié d'une pauvre paire d'heures qui m'a donnée l'occasion rêvée de  définitivement ruiner mon moulinet "Loire" (tout en sauvant la douille sur un brocheton de 25cm à l'Aglia Comet n°4... Toujours la grande classe^^). C'est là, alors que je contemplais, hébété, le désastre, que j'ai pu me féliciter de la fainéantise m'ayant poussé à laisser le matos UL dans le coffre. Un rapide détour par Jussie-Park, une destination de secours, m'a permis de piquer quelques perchounettes capables de me consoler d'avoir exposés mes frêles mollets blafards à la rude caresse des ronces, orties et autres  rayonnements solaires implacables avant d'aller embarquer le malade et sa disgracieuse collerette vers une convalescence idyllique remplie de grosses siestes, de miaulements capricieux et donc de boîtes de première qualité^^…


lundi 2 juillet 2018

Un beau carton

De l'eau courante, une cuillère-vintage, what else ?

Il y a des affiches qui collent le tracsir. Les Espingouins contre les Russkofs, suivre ça en plein cagnard tout en sachant qu'en homme pratique, Monsieur  Vladimir (dit le Dessoudeur du Caucase) aura la veille soupoudré le gazpacho des Ibères au polonium afin de réduire la glorieuse incertitude du sport à des proportions acceptables, franchement, je laisse ça aux caves. Moi, je me rebiffe. Je suis pas un demi-sel. Je vais pas faire du lard entre la mousse et la ronflette comme un vulgaire contribuable. Résultat des courses, en moins de temps qu'il n'en faut pour régler un différent commercial marseillais à la Kalashnikov, mézigue se radine à la cambrousse sapé milord, les waders rutilants  et la gaule prête à l'emploi...
Faut dire que j'ai pas mégoté sur le bucolique. Tant qu'à clapoter de chaleur dans mon babygro en toile cirée, j'ai ciblé l'immersion dans la brousse. Pas une quiche en tong prête à exhiber son matos bling-bling, sa tenue de fashionista métrosexuelle  et surtout à narrer ses exploits imaginaires à l'infortuné trop timide pour, à mon exemple fameux^^, passer loutre en fermant hermétiquement ses portugaises à la logorrhée de ce style de baltringue estival. Moustiques, orties et poissons seront donc une nouvelle fois mes seuls compagnons… 
N'empêche…Il ne manque que la poussière pour se croire à Tataouine tellement ça chauffe. Heureusement que les poissons sont fous avec la montée d'orage. C'est pire qu'à la Foire du Trône. Sous chaque feuille de nénuphar, au détour de la moindre caillasse, ça mord.
La cuillère Nymphe "miracle" de l'année dernière remontée par mes soins après une oxydation qui aurait pu s'avérer fatale repart derechef à l'assaut des poissons si  mal éduqués de nos campagnes !!!^^
C'est le Triangle des Bermudes du viandard : impossible pour le moindre étripeur de brocheton guetté par l'emphysème, traqué par la cirrhose et pratiquement circonvenu par la peur primate de quitter des yeux son C15 de venir massacrer ces coins où le baroudeur doit progresser entre les obstacles au milieu du courant sans se gaufrer sur les cailloux commençant à devenir bien glissants grâce à certaines pratiques agricoles que nous ne connaissons que trop bien…

Ce poisson-nageur Glenroy Caperlan reste une valeur sûre pour énerver les perches.
J'en suis là de mes pensées faisant porter le galure aux nabus quand me vient en loucedé comme qui dirait une illumination : pourquoi ne pas utiliser un des micro-chatterbaits fabriqués l'automne dernier, tiens, pendant qu'on y est ? L'idée est bonne sauf qu'à peine lancé, une gravosse de perche de derrière les fagots ouvre grande sa margoule, emplâtre l'engin à la cosaque fissa fissa  et me casse et la cabane et le bas de ligne… Je suis pas dans la mouscaille avec tout ça.

Et c'est pas fini. Quelques mètres plus loin, c'est un chevesne sévèrement burné qui me colle une peignée maousse avant de se faire la belle sur une nageoire d'honneur. J'ai une baraka de pingouin muté à Tombouctou ou quoi aujourd'hui ?^^

L'excuse est vite trouvée : j'ai le bulbe porté à thermostat 10 avec ce cagnard plus lourd qu'une vanne de Pierre Menés. Du coup, mes réflexes font dans le coup de sauce momifié depuis 3000 piges. Il y a pas : comme qu'il disait le poète, hein, si les moutards avaient moins de place dans le caberlot et si les darons en avaient encore sous la charentaise, ce serait pas la même limonade… 
Cela dit, quelques belles perches de ci de là, ça console un peu d'avoir loupé deux gros chevesnes...
Il est temps de trisser et d'aller turbiner dans une autre turne. Un peu de bagnole plus tard au milieu des champs de céréales et me voila sur le théâtre d'opération ciblé. Je suis le premier gonze à m'y aventurer. Les orties sont mahousses et il n'y a pas un blaireau qui a osé les franchir. Je prends l'entrée des artistes et passe par la rivière grâce à un accès repéré l'an dernier. Il y a de l'eau fraîche et personne n'a pêché le spot depuis le 1er Mai. Pas besoin de vous peindre le tableau...
C'est la fête. L'orgie. La java de Broadway sans la gueule de bois et les cagouinsses repeintes (désolé Michel mais les Français ont le droit de savoir). Je tape de la perche par dizaines sans pratiquement remuer mes arpions. Le bonheur. Jusqu'à ce que je change de leurre et que je mette l'ondulante vintage : encore un mastar de chevesne au bout du fil, encore un décrochage en bonnet difforme.
Une copie-maison de Kopyto, le Fléau des perchettes rustiques.
Du coup, revigoré par cette si belle émotion qu'est le désir aveugle de vengeance, je me mets au petit LS et score comme un goret de la perchette pour tenter désespérément de soigner mon égo à vif depuis ce double échec. Je suis au bon endroit,  visiblement toute la population piscicole du bief est concentrée sur 100m²... Pendant près de deux heures, c'est un lancer, un poisson ou presque...
En rentrant, cuit comme jamais par l'astre solaire, j'ai l'idée somme toute fâcheuse de m'octroyer un dernier petit arrêt-pinsage, histoire d'assurer le coup et de dépasser la barre des 100 poissons pris dans l'après-midi. Bien mal m'en prend puisqu'au hasard d'un galet algueux, je me ramasse un billet de parterre de toute beauté. Les cages à soufflets viennent érafler les caillasses, j'embarque de la flotte jusqu'au calbute et j'en suis quitte pour un crawl sauvage improvisé afin de sauver deux boites de leurres parties jouer à la Croisière sans retour dans le courant. La grande classe. Sur ce final pierrerichardesque de toute beauté, j'ai plié les gaules et suis rentré en mon antre soigner mes contusions multiples, mon amour-propre mis à mal par deux-trois poissons récalcitrants et la rédaction de mes mémoires…

Cela dit, les poiscailles, je les laisse faire les marioles. Qu'ils en profitent. Car dans pas plus tard que bientôt, je vais revenir les soigner à la sulfateuse à gros grains, les cabots contrariants du radier perdu. Je suis comme ça : pas le fond méchant, juste un tantinet rancunier...


samedi 30 juin 2018

Le retour du Surdoué^^

Un joli chevesne pris sur un courant de radier interdisant ou limitant pour le moins l'usage des leurres à bavette.
Accablé par une chaleur étouffante, la tronche en vrac après avoir lutté toute la nuit contre la déshydratation, les moustiques et l'envie de trucider massivement au gros calibre  les mélomanes avinés qui ont cru indispensable de faire écouter à tout le quartier  le déplorable tube de l'été 1985 à plein volume jusqu'à minuit passé, j'ai sagement repoussé ma partie de pêche envisagée en ce samedi matin. Autant récupérer physiquement, les volets fermés et le brumisateur à portée de paluche tout en bricolant un poil plutôt que d'aller cramer de la couenne dans la brousse… Bonne décision car j'ai par hasard retrouvé un moule de leurre dur totalement oublié depuis des lustres dans une boîte de rangement anonyme perdue dans mon garage. Bon sang. Un moule en  RTV de Flutterstick Storm dans la version 4 centimètres, celle-là même qui me fût jadis volée par un brocheton taquin du Maine-et-Loire. Enfin !!! On dirait que  la chance tourne !!!^^
La propension maladive du Flutterstick à simuler un alevin en détresse pousse souvent les perches à l'erreur...
J'avais complètement perdu le souvenir de l'existence d'un tel moule. Heureusement finalement puisque cette (re)découverte éclaire ce samedi dont l'atmosphère risque de s'assombrir cet après-midi en cas d'ouverture du score argentine… Pour ceux qui ignoreraient les potentialités démoniaques de l'engin, je me suis permis d'exhumer quelques photos de mes poussiéreuses archives. Voila qui mettra fin aux éventuelles polémiques sur mon supposé narcissisme outrancier que le titre de ce billet aurait pu faire naître au sein de la remuante communauté des  prolétaires mesquins toujours prompts à couiner sur l'air des lampions dès qu'on est suspecté de se la péter un tantinet^^...
En flag… Arrestation du fameux  gardon cannibale !!!^^ 
En effet, le Flutterstick, n'ayons pas peur des mots, est un surdoué. Alors que rien dans sa conception ne semble indiquer son côté redoutable, sans compter qu'un débutant endurera mille morts avant de trouver la meilleure façon de le secouer assez efficacement pour qu'il éborgne une perchette curieuse, ce petit leurre est un piège à poissons dès lors que les eaux sont basses, claires et courantes...
Ah ces perches… Si elles n'existaient pas, on se serait mis depuis longtemps au Sudoku.
Un des avantages de ce leurre est aussi qu'il est (ou était ?) vendu à un prix relativement bas ces dernières années. Ce n'est donc pas une question d'avarice si j'en ai fait un moule mais plutôt en raison des disponibilités ridicules de ce genre de produit pas cher et efficace dans les magasins de pêche de mes contrées. Pas assez cher sans doute… Hélas, n'ayant que peu de temps de libre en règle générale pour aller à la pêche, le bricolage est devenu le parent pauvre de mes récentes activités halieutiques. Pour être tout à fait honnête, les conditions météo de ces dernières saisons, ma condition physique aléatoire ainsi que les achats aliexpress ont aussi contribué à rendre moins urgente ma production artisanale de petits leurres à bas coût comme on dit en Azerbaïdjan...
Photo qui montre bien l'aspect imitatif quasiment parfait de l'engin...


Mais ce petit leurre, vu que je ne peux pas pêcher "lourd" sans réveiller une tendinite opiniâtre qui me donne de faux airs de crabe-violoniste à l'issue de chaque séance prolongée de catapultage de trucs plus lourds qu'un B'Freeze 65, va m'être bien utile… Et il l'est déjà puisque mon premier modèle, agrémenté d'une chute de gaine Jigskinz a déjà fait sa première victime !!!^^

Certes, ce n'est pas un poisson-record, j'en conviens. Mais c'est un de plus à venir confirmer l'utilité de mes petits bricolages. Ce qui est tout ce que je leur demande après tout…




mercredi 27 juin 2018

Même pas peur de la pleine lune^^

Chic, toujours de bon ton, l'ondulante à Mailloche pour débredouiller en douceur...

Pour tout dire, je n'avais aucune intention de défier un tant soit peu le salarié dépressif somnolant au volant entre boulot et dodo ni les escadrilles de moustiques féroces nourrissant une trouble dilection pour mon tendre épiderme et encore moins le risque majeur de bredouille induit par la montée d'une pleine lune assortie de celle des températures... Mais la prestation de l'équipe de France de baballe au pied m'ayant poussé aux frontières de la crise de nerfs malgré mon équanimité légendaire, il était urgent que j'aille dehors évacuer ma colère envers certains choix du sélectionneurs. Se priver de Giresse, de Tigana, de Platini... Non mais allo quoi ?... Comment ça, j'évolue dans une faille spatio-temporelle depuis que j'ai arrêté mon traitement ? Ah bon ? Zut, je vais en toucher un mot aux Bogdanoff... De toute façon, on devait se voir, je crois qu'ils ont ma carte bleue... Bref... Heureusement que l'Argentine, même à moitié morte, va mettre un terme à la pantalonnade samedi prochain car ça commence à bien faire la tournée des Pieds-Carrés chez les Soviets... Il y a des boulards à dégonfler.

Poisson-trophée s'il en est... La perche-soleil, le Graal du Pinseur émerite.

En parlant de boulard, le mien avait ces derniers temps, toutes proportions gardées (je ne suis pas Paul Pogba non plus^^), tendance à l'hypertrophie. Faut dire aussi qu'approcher la quarantaine de poissons par sortie, dans le secteur, ça tient plus de l'exceptionnel que de l'habitude. Heureusement que la nappe phréatique est dans l'état où elle est depuis plusieurs années. Le niveau de l'eau sur un des petits coins miraculeux de ces dernières semaines a baissé de... 50 cm en une semaine !!! Impressionnant. Là où je ne pouvais progresser en waders que précautionneusement, désormais l'eau m'arrive à peine au genou... La pêche ne s'en trouve du coup pas facilitée.

Les micro-shads aliexpress de 3cm sont des sauve-bredouille efficaces quand la situation l'exige^^
Sur les cent premiers mètres du parcours, je rate deux touches sur trois. Pas étonnant vu la taille des poissons qui y résident encore. C'est finalement en toute logique dans les deux "fosses" que l'ondulante et une tournante vintage ramasseront les plus jolies perches disponibles... Pendant ce temps, j'encaisse avec un stoïcisme au delà de tout éloge les assauts incessants d'une noria de moustiques rarement vue sous nos latitudes. Salopiauds. Votez Monsanto !!!^^
Les petites cuillères tournantes vintage continuent de rencontrer un succès chez les poissons ruraux non-éduqués.
Poil au nez.
Bon, on va pas se mentir. C'est pas la joie. On évolue plus vers un pinsage dans la douleur que vers une orgie de touche d'anthologie. Je pousse quand même jusqu'au dernier poste. On ne sait jamais. Il est bel et bien occupé mais par un petit bass qui inaugure une copie-maison de Surger Smith. Merci. 

L'heure tourne. Il est temps de changer de coin, histoire de trouver de l'eau, voire des poissons. Je me dirige donc avec mon à propos coutumier vers le deuxième spot miracle du moment. Pas de surprise, l'eau y a bien baissé aussi, les algues dégueulasses signalant que la qualité des eaux de surface ne s'améliore guère décorent les caillasses et la pêche ne va pas y être évidente. Dans le doute, j'en reviens aux valeurs sûres : la cuillère tournante vintage...
Encore une victime du revival vintage imposé par un pinseur conservateur !!! Quel scandale !!!^^
Je comprends bien ce qu'il peu y avoir d'excessivement pénible à cette interminable narration d'exploits halieutiques (qui, pour relatifs qu'ils soient, prennent tout de même corps dans cette contrée sinistrée du piscicole qu'est la Ligérie-Maritime-du-Bas, ne l'oublions pas^^) réalisés par le truchement d'artifices métalliques ayant connu Line Renaud jeune. Mais si vous n'êtes pas content, je suis certain que vous trouverez votre bonheur et des nouveautés neuves trop mortelles de la balle lolXD sur le web vu qu'il n'y a que ça dessus. En dehors des tarés complotistes pérorant sur leur canapé, des vidéos de chatons rigolos et des fesses lustrées de Kim Kardashian, je veux dire...
Comme quoi, ça valait le coup de servir de Whopper aux cucilidés de la brousse...
Fermons là cette digression un peu abrupte, certes, mais amplement excusable si l'on sait que l'auteur venait de  scruter attentivement la prestation d'Ousmane Dembélé face au Danemark tout en parvenant à afficher une telle maîtrise de lui-même qu'il ne s'état pas laissé jusqu'à fracasser  tous les trucs à sa portée en hurlant des obscénités la bave aux lèvres^^... Le deuxième coin est meilleur. Les touches y sont moins nombreuses, certes, mais les perches y sont plus jolies, sans toutefois verser dans la recordite, faut pas charrier non plus...
ô joie, ô bonheur... Le leurre-maison est retrouvé !!!
Depuis l'ouverture, seuls deux de mes petits leurres souples avaient fini accrochés au fond de l'eau. J'avais perdu aussi, il y a quelques jours,  assez bêtement un leurre-maison mais hier soir, bravant la possible présence d'un beauceron pas aimable dans le jardin attenant à la bucolique petite rivière, je l'ai retrouvé par miracle, à peine discernable qu'il gisait  sous une mince couche de sédiments déposés par la montée des eaux... Youpi !!!

Une petite série pour la route...
Ragaillardi par ce clin d'oeil du destin, je risque une petite incursion en aval de ce parcours. Bien m'en prend puisque j'y pique facilement une dizaine de perchettes qui ne doivent pas y être dérangées tous les jours et y rate une touche bien violente. Très bon, ça. Un petit coin de secours pour cet été en perspective...
Finalement, je clôturerais les débats avec un brochet bien énervé qui aura succombé aux charmes erratiques de l'ondulante vintage en taille XL. Comme quoi, même en montée de pleine lune, tout peut arriver quand on s'extirpe de son canapé !!!^^




lundi 25 juin 2018

Changement de décor

Profitant sans aucune retenue du moindre petit espace disponible pour me faufiler afin d'aller glander au bord de l'eau, je n'ai pas tergiversé plus que ça en cette fin d'après-midi de dimanche ensoleillé lorsque m'est échue l'occasion de m'éclipser quelques heures immédiatement mises à profit pour traquer la perchette. Histoire de compliquer un peu les choses, j'ai délaissé les spots paradisiaques qui, à l'issue de mes cinq sorties du mois, m'ont permis de dépasser la barre des 200 poissons. Dur retour à la réalité : il m'a bien fallu 10 minutes pour dédouiller grâce à quelques perchettes séduites par un petit leurre souple aliexpress. Ouf, ça, c'est fait.

C'est le moment de se lancer dans l'expérimental. Un rapide essai avec la taille au dessus de la cuillère ondulante de Monsieur Mailloche me permet de rafler les rares perches dépassant les 15cm ayant survécu aux exploits des viandards locaux...
Il est temps de lever le camp pour explorer le deuxième spot visé. Là, la grosse galère commence à pointer à l'horizon. L'eau est claire, les herbiers denses et il me faudra une bonne heure pour finir par prendre une perchette au Bevy Pencil 60 "rechapé" avec une chute de gaine thermorétractable Jigskinz, cette providence du leurre-fétiche ayant perdu sa peinture à force de mener une vie des plus aventureuses entre blocs de granit et poissons féroces... La moyenne chute drastiquement.
Il est vrai cependant que nous sommes en montée de pleine lune, que l'eau est encore relativement froide et que les poissons se remettent à peine de la crue subite des dernières semaines. Une fois les excuses trouvées, il ne reste plus qu'à se remettre à pêcher. Ce n'est pas facile mais en alternant les leurres métalliques et les petits leurres souples, la cadence des prises reprend petit à petit...

Je connaîtrais quelques frissons grâce à un brochet d'une quarantaine de centimètres qui gobera l'ondulante millésimée quasiment dans mes bottes mais qui aura l'extrême obligeance de ne pas couper la ligne. Quelques mètres plus loin, c'est un client-surprise, un gardon particulièrement querelleur (ou boulimique ?^^) qui se piquera sur cet artifice vintage après une spectaculaire attaque.
Heureusement que ces petites merveilles comptent parmi les fleurons de mon arsenal halieutique. En effet, malgré l'usage immodéré que j'en ai fait pendant cette escapade, pas un poisson-nageur (à l'exception d'un leurre de surface) n'a éveillé l'agressivité de la moindre perchounette sociopathe...

Une nouvelle fois, l'efficacité de la micro tête sabot articulée aliexpress associée à un Grub 2" a été démontrée. A l'origine acquises pour des hypothétiques virées en rockfishing, elles sont plus qu'adaptées pour peigner les spots typiques des petites rivières où j'affectionne rêvasser loin du tumulte urbain tout en empilant les petits poissons délaissés par la plèbe. J'en reprendrai !!!^^


Finalement, à force de gratter méticuleusement les bordures aux leurres souples et à peigner les courants trop dangereux à explorer en waders à l'ondulante, j'ai fini par atteindre ma faramineuse moyenne de prises par sortie en ce fastueux mois de juin. J'en finirais presque par chouiner sous ma permanente un peu comme un Neymar taclé par un meuuuchant-qui-lui-a-volé-sa-baballe en pensant que, sans ma tendinite récalcitrante qui m'interdit de prendre en main un combo plus couillu que du Medium Light, j'aurais pu aller défier les monstres fluviatiles en lieu et place d'enquiquiner les alevins tout au long de ce mois. Mais ce n'est que partie remise... Du moins, j'espère.