samedi 17 novembre 2018

Microcosme éthique...

A vouloir peindre sans fard la triviale réalité de notre petit univers de pêcheurs à ligne, lorsque l'on s'imagine assurément loin de faire partie des meilleurs mais qu'on s'enorgueillit, avec une présomption téméraire, de ne pas se compter parmi les pires, on finit toujours par se heurter à la plate sottise, l'égocentrisme désolant ou la virulence débridée d'individus au cerveau mal irrigué, trop souvent persuadés que le Monde n'attendait que leur naissance pour devenir un endroit agréable à vivre selon leurs brillants  préceptes... Malthus avait raison : faut apprendre à vivre avec les cons tant qu'on a pas d'armes nucléaires à disposition...Je le cite de mémoire^^… Bien sûr, en bons socio-démocrates réformés pieds plats, je suis certain que vous allez tenter de me convaincre qu'on peut toujours la tenter pédagogue, essayer de changer le cours de l'histoire par le dialogue, convaincre les inconvenants grâce à la subtilité de raisonnements finement ciselés. Ouais. Bon. O.K... 

"Allen, 'spèce de crétin ! Papa nous a dit de ne pas faire ça ou nous allons effrayer le poisson !"


Hélas, cette théorie s'avère à l'usage assez limitée. Quand on connaît l'abyssal niveau de l'interlocuteur moyen que l'on peut croiser sur un forum de pêche, entre les démiurges de la Saint-Barthélemy de la syntaxe, ceux qui violent l'orthographe en lui faisant des petits non viables et les malfaisants qui, conduisant tous les jours au ravin le Bus de Knysna de la rhétorique,  on finit par comprendre qu'il n'y pas d'échappatoire. Toutes les tentatives d'édification de ce style de demeurés ne seront jamais, au fond, qu'autant d'occasions offertes pour tester la fiabilité de notre stoïcisme, la progression de notre ulcère et l'efficacité de nos anti-dépresseurs....

L'auteur de ces lignes surpris en pleine introspection…
En effet, parmi les pittoresques constantes comportementales du pêcheur à la ligne, il en est une des plus cocasses qui le pousse à être intimement convaincu d'être toujours meilleur que le voisin. Il n'y a que lui qui sait faire, qui fait bien, bref, les autres pêcheurs misérables créatures à peine dignes d'attention, bloquées sur l'échelle de l'évolution entre le protozoaire et le militant  trotskiste, qui, non contentes d'être des challengers d'un niveau insignifiant, ne méritent dans l'absolu que de survivre  pour faire  fonction de faire-valoir mal dégrossi, voire de fan-club énamouré... Quand, d'aventure, le dit-voisin prend plus de poissons ou, injure suprême, un poisson plus gros que les siens, notre pêcheur invoque la chance, le hasard ou un quelconque facteur n'ayant rien à voir du tout avec le talent intrinsèquement dévolu au moindre de ses gestes à lui, qui, rappelons-le, confinent ingénument à la perfection. Mais pourquoi devrait-il déroger à son statut et s'abaisser à reconnaître la moindre qualité à ses frères inférieurs ? Jamais, plutôt douiller !!! J'ai déjà évoqué, plus que nécessaire, en ces pages les Gilgamesh du publi-reportage, les Centaures provinciaux prodigues en pêches oniriques ou les consternants Rastignac résolus à des veuleries dignes d'un VRP formé chez Bygmalion pour avoir leur trombine dans le journal. Quand la vacuité épouse la fatuité, à trop se pencher sur la vie des bêtes, on finit inévitablement par gagner une bonne migraine qui nous colle la tête dans un étau… Logique.
A chaque génération sa définition du commerce… Responsable, équitable, éthique ou autre.

Parmi les nombreux et chatoyants aspects dont est prodigue  la vie publique du pêcheur dit moderne, implacablement actif sur les réseaux sociaux et donc avide d'apporter à un monde, jusque là plongé dans les ténèbres de l'ignorance, les lumières aveuglantes de son intellect, reste son penchant prononcé pour les termes savants saupoudrés au gré de raisonnements laborieux... Parmi ces termes éminemment galvaudés par nos Captain Caverne du sophisme halieutique, je retiendrais tout particulièrement "l'éthique"... "L’éthique (du grec ηθική [επιστήμη], « la science morale », de ήθος (« ethos »), « lieu de vie ; habitude, mœurs ; caractère, état de l'âme, disposition psychique » et du latin ethicus, la morale1) est une discipline philosophique pratique (action) et normative (règles) dans un milieu naturel et humain. Elle se donne pour but d'indiquer comment les êtres humains doivent se comporter, agir et être, entre eux et envers ce qui les entoure." nous apprend, en son infinie sagesse, wikipédia qui est un peu, de nos jours, l'équivalent de la Pythie de Delphes, les hallucinogènes en moins…

"Elle se donne pour but d'indiquer comment les êtres humains doivent se comporter, agir et être, entre eux et envers ce qui les entoure"... Bon courage. Je crois que la Sainte Inquisition, la Tchéka ou même à son humble niveau l'éducation nationale ont déjà essayé d'atteindre cet objectif grâces à leurs petites recettes respectives, sans toutefois rencontrer, malgré des réussites ponctuelles, le succès dans la constance... Dans notre système social contemporain, pitoyable agrégat d'égoïsmes, où la seule volonté de puissance accessible au vulgaire est d'écraser la gueule de son voisin pour un ticket resto supplémentaire, avant de se faire, implacablement, à son tour, ratatiner la sienne pour un litre de gasoil, là où le fantasme prolétarien de réussite se limite au triptyque pavillon Mikit/Barbecue/Berger allemand pour protéger tout ça pendant qu'on enquille les heures sup' pour retarder au maximum l'irruption des huissiers, l'éthique, en tant que morale collective, n'est qu'un concept creux pour sinistrés du cognitif, un mantra pour indécrottables adulescents , bref, le dernier argument expiatoire des losers... Seul le résultat prime. Quels que soient les moyens à employer pour y parvenir. C'est sans doute cynique mais allez donc expliquer à un membre du Medef, du Hamas ou même, dans les cas les plus urgents,  à un agent de footballeur que l'éthique, c'est cool…

Adopter un comportement conforme à une éthique, quelle qu'elle soit, n'est, de toute façon qu'une démarche individuelle, nécessairement soumise à interprétations et pleine de contradictions, tout spécialement lorsqu'elle concerne la pêche à ligne ; domaine philosophique relativement mineur, certes, mais qui reste bon an mal an le principal objet de ce blog. Trouver commode de défoncer la gueule d'un poisson à coups de fishgrip ou de l'y laisser pendouiller 20 minutes pour le mitrailler de clichés, pêcher les nids ou camper au bord de bassines privées pour remplir sa page facebook sont pour la plupart de nos fins lettrés des actes considérés comme fondamentalement immoraux et susceptibles de recevoir des châtiments exemplaires...Enfin...Surtout quand ce sont les autres qui s'y livrent...Fin de l'aparté… L'éthique, transcrite en actes, n'a rien à voir avec une discipline intraitable fondée sur un règlement gravé dans le marbre, assorti d'une coercition immanente. Nul n'est parfait dans Sa pratique. Les gueules de perches se déchirent, le chevesne finit parfois par terre, les branchies du brochet restent de temps en temps à jouer les guirlandes sur une branche du triple, etc...
Débat musclé entre perfectionnistes…
Malheureusement, c'est aussi ça, la pêche...La perfection n'existe que lorsque on la décrit avec une emphase croustillante en tapant sur son clavier de PC. On ne peut, d'autre part, passer sous silence, sans verser dans la langue de bois, l'incommensurable propension du pêcheur se voulant d'élite, raisonné, voire raisonneur en mode tambour tournant dans le vide, à sempiternellement vouloir se mesurer la zigounette avec le concurrent ou le contradicteur en des termes révélant mieux que tout que chez eux la testostérone supplante le neurone…

Bref, le pêcheur, dès qu'il sort de la simple pratique halieutique, en se présentant comme le porte-parole éclairé d'une avant-garde sans défauts, se voit un peu trop vite comme le chef sévèrement burné d'une tribu de bonobos-sandwiches. Et cela, d'autant plus que l'écart est important entre son cervelet format petit pois et sa boite crânienne melonisée aux proportion d'une montgolfière atteinte d'aérophagie chronique…

Ainsi, l'éthique est trop souvent considérée, par certains de ces valeureux primates, comme un alibi sur mesure pour d'une part s'arroger à peu de frais une once de supériorité morale légèrement hors de propos et de l'autre, s'immiscer dans la pratique d'autrui, avec une régularité dans l'outrecuidance dictatoriale qui constitue assurément la marque infalsifiable des crétins d'élite... Ce qui donne, avec une régularité mécanique, lieu sur internet à des sommets dans l'art de la rhétorique hypocrite que ne renierait pas un groupe parlementaire.
"Je me fiche de savoir ce que vous faites chez vous, Walters. Ici à Sea World, ce n'est pas du tout comme cela que nous traitons ce genre de problème…"

On en revient toujours aux fondamentaux, comme le disait Aimé Jacquet, dans son folklorique patois ayant échappé au formalisme académique des orthophonistes jacobins. Comment empêcher les cons de mettre à profit leur latitude à proférer des conneries, tout en sachant très bien qu'ils peuvent à tout moment passer de la parole aux actes ? Cette question résume à elle seule la condition humaine. Quoi que l'on fasse, on se heurtera toujours à la mauvaise foi des uns, au messianisme niais des autres et surtout au bon vieux réflexe qui consiste à faire passer sa gueule avant celle des autres... Bref, coercition ou persuasion ne sont plus que  les deux mamelles flétries de notre vache de société. Mettre préventivement un flic dispendieux de la matraque derrière chaque citoyen ou brandir, comme un talisman réchappé de Woodstock, le postulat que tout être humain est capable d'être responsable, c'est nier la terrible évidence. On débouchera toujours sur une impasse, consacrant l'impossibilité de jouer un coup supplémentaire sur l'échiquier du possible, qu'il soit soit légal ou tout simplement utile...On en arrive donc inexorablement au Pat-éthique (désolé, je n'ai pas pu me retenir). 
"Ainsi, Monsieur Cochon, vous avez allumé ce feu après avoir entendu mon client descendre par votre cheminée ? 
Saviez-vous que mon client fait partie d'une espèce menacée, Monsieur Cochon, alors que VOUS n'êtes
rien d'autre qu'une sorte de tranche de jambon qui marche ?"

Ne m'en veuillez pas trop si, par excès de  zèle, j'en arrive à conclure ces pages par un apophtegme des plus explicites quant à la considération que j'ai pour les inquisiteurs au petit pied, les ayatollahs du rapala et autres censeurs en culottes courtes…











mercredi 7 novembre 2018

Speedfishing en semaine sous une averse soudaine...

Un petit vorace victime temporaire de la Mepps n°2 "points rouges" trouvée l'autre jour sur les bords de Loire...

Profitant éhontément d'une itinérance méridionale au hasard des côteaux du vignoble en ce milieu de semaine, j'avais subrepticement glissé canne, waders et musette dans le coffre de la bétaillère afin de tenter contre toute logique d'éviter la bredouille sur deux ou trois petites rivière de cette farouche contrée...
Encore une perchette au compteur pour ce petit leurre souple chinois...
Hélas, je ne peux me payer le luxe d'une sortie échevelée s'étendant de l'aube au crépuscule et durant laquelle j'aurais pu entasser les poissons avec une décontraction insolente confinant au surnaturel, voire au publireportage^^. L'escapade sera minutée, d'autant plus que les prévisions météorologiques annoncent en début d'après-midi des précipitations conséquentes.  
Mais "peu importe le Frodon pourvu qu'on ait l'elfesse" comme le disent avec justesse les dyslexiques un tantinet obsédés restés bloqués entre deux cartons de pizza vides sur Donjons & Dragons depuis l'élection de Jimmy Carter. L'essentiel, c'est d'aller à la pêche, même si les conditions n'apparaissent pas de prime abord comme optimales… Plus que 3 mois avant la fermeture, chaque fenêtre de tir mérite d'être exploitée.
La rivière est basse, pleine de feuilles mortes et même si l'eau est claire, le plafond bas et l'oubli de mes polarisantes m'empêchent de distinguer les détails de son fond. Je ne passe donc pas loin de la bonne vieille gamelle à l'ancienne dès mes premiers pas hésitants. Je commence malgré tout par décrocher une perche sur un "one up" aliexpress sur TP Palette (une affaire qui marche). Voila qui est bon signe...
Toujours pas d'eau dans le coin par contre...
Et bien, en fait, non… La sortie sera difficile et il me faudra bien insister pour prendre un petit brochet et une douzaine de perchettes. Le seul moment où l'adrénaline me réveillera sera constitué par les deux secondes durant lesquelles un joli brochet restera vaguement piqué au coin du bec par un Grub aliexpress toujours sur TP Palette… Je crois qu'on tient un truc là.
La cuillère-vintage pour finir une petite séance revigorante, il n'y a que ça de vrai !!!^^
De difficile, la session se muera en écourtée en début d'après-midi car la météo avait vu juste. La pluie, le truc improbable qu'on attendait depuis le mois de juin, s'est invitée en force. Enfin une bonne nouvelle. On en avait presque perdu l'habitude.



mardi 6 novembre 2018

Un billet de 20 qui le fait bien...

La petite taille de la famille des Mikey, poissons-nageurs articulés de sub-surface et ses jolis coloris, ça fait envie...
Le genre d'occasion qui fait voler en éclat mes résolutions de résistance au consumérisme… Un Mikey Jackall en taille 110... Des années que j'en rêvais mais que je reculais devant le prix somptuaire de la mignardise… Là, à 3,50 euros, la douloureuse est correcte.




Attention, ceci est "le vrai"... Vendu environ 10 euros l'engin dans la plupart des épiceries.
Pour un malheureux euro, comment pouvais-je humainement  passerà côté de l'acquisition compulsive d'une aussi belle "imitation" de ce Shadow Rap Rapala ?





A près de 30 euros la pièce dans nos échoppes hexagonales, il est inutile de préciser que le Flap Slap Megabass est réservé à une élite financière… Ou à des dispendieux guettés par des huissiers aussi attentifs et patients que le sont les vautours perchés sur les cactus dans tout bon western qui se respecte...


Mais quand on en trouve au tarif aliexpress, c'est la fête au village… Spécialement à 2,22 euros la bête.


Et si on passait aux leurres souples ? J'ai refait le plein de simili G-Tail Saturn… A 1,15 euro le paquet de 10, on va pas se priver. Soit 6 paquet pour 7,05 euros, ça reste tout à fait correct soit moins cher qu'un SEUL paquet en magasin en France…


Ah j'oubliais cet indispensable… Un Area Spin en 7 grammes qui va non seulement faire l'objet d'un moule en résine pour une production maison (non mais des fois^^) mais aussi compléter avec sérieux ma collection de petits leurres à patater en direction de chevesnes indolents ou d'aspes somnolents. Pour 2,50 euros, ça va, je reste dans les bonnes grâces de mon banquier…


Si vous avez bien suivi, j'en suis pour l'instant de 16, 27 euros pour mon panier d'accro à la pêche aux leurres. Je vais donc conclure ce petit billet en rajoutant mon Whopper Plopper 90 acquis pour la modique somme de 2,50 euros…


Soit un total de 18,77 euros (il reste de la monnaie pour le pain, super^^). Histoire d'en  rajouter une couche dans le démonstratif implacable, regardons un peu ce que cela nous aurait coûté en boutique, voulez-vous ?

-Mikey Jackall bros            33,75 euros (amazon)
-Shadow Shad Rap             11,79 euros (pêchechassediscount)
-Flap Slap Megabass          30,80 euros (pêche-net.com)
-G Tail Saturn 6cm x1         8,50 euros (pêcheur.com)
-Whopper Poppler 90        14,99 euros (pêcheur.com)
-Area spin                          13,50 euros (pêcheur.com)

Avec 51 euros pour 6 paquets de G Tail Saturn plus le reste, la note monte à... 155,83 euros. 

Bigre.

Et je vous fais grâce des frais de port majestueux en vigueur dans la plupart de ces boutiques… Quant aux 135 euros et quelques "économisés" (le terme est un peu aventureux vu que je n'aurais JAMAIS acheté du matos de pêche à ce tarif), je fais confiance au gouvernement actuel ainsi qu'aux prochains pour me forcer à les injecter à un moment ou à un autre dans l'économie… Mais en attendant, ils sont toujours dans mes poches rembourrées d'oursins.


lundi 5 novembre 2018

Pinsage au soleil

Les premiers frimas nocturnes sont pour le valétudinaire vétéran des vasières le signal qu'il va lui falloir affronter d'autres périls que les moustiques, les cyanobactéries et les cohortes hurlantes de Bidochon en tongs. Voici venu le temps non pas des rires et des chants (sauf abus manifeste, massif et rivulaire de Beaujolpif bien sûr) mais plutôt celui du petit vent de nord-est qui pique les oreilles, des spots déserts à l'eau cristalline et des genoux qui craquent en fin de session...
Après deux heures de touches loupées, de suivis dédaigneux et de jurons étouffés, hourra !!!
La bredouille est sauvée grâce une fois de plus à une cuillère tournante CP vintage !!!
En ce dimanche ensoleillé mais bien frais en matinée, mon instinct de grand fauve m'a conduit sur les bords du fleuve pour une des probables dernières occasions de prendre un peu de poisson aux leurres durs. Ne tournons pas autour du pot : la partie de pêche commence à la pénible. Pas  d'eau, pas d'activité. Pire,  j'ai beau carburer de la calebasse tout en psychotant du pattern, pas la moindre perchette de consolation ne vient honorer les artifices que je propose avec acharnement. J'en suis pratiquement réduit à envisager une retraite en bon ordre jusqu'à mon canapé lorsque par miracle, un chevesne compatissant me sauve de la bredouille. Ah ah ah, la forme revient !!!^^
Les aspes arrivent, les touches s'enchaînent mais si je décroche les "gros" avec une régularité forçant le respect, je ne parviens à sortir que la taille-portion...
J'ai finalement bien fait d'attendre et d'insister malgré mes doutes profonds sur le bien-fondé de mon obstination dominicale à bredouiller devant la moitié du patelin en promenade digestive. Les aspes arrivent avec la marée et le festival débute...
Le "pattern" du jour, One-up 2" aliexpress sur TP à palette… 

A chaque lancé, c'est la touche sur les petites têtes plombées aliexpress à palette. L'objet est efficace mais malheureusement l'hameçon est trop petit pour retenir efficacement les quelques mastards que je ferre dans le courant. Deux ou trois coups de tête rageurs et les monstres s'enfuient me laissant sanglotant de détresse^^… Par contre en ce qui concerne les petits, pas de problème majeur. Ils "coffrent" bien comme il faut. Un peu trop même parfois, ce qui me pousse à sortir les poissons-nageurs pour éviter d'en abîmer trop.
Leurre souple et tête plombée coffrés directement à l'impact sur l'eau. Facile.
Enfin, pour finir en beauté, c'est sur un Area Spin "maison" que je sortirais les derniers aspes de la session et que je décrocherais ma seule et unique perche de la sortie (fait assez incroyable vu que d'ordinaire, elles sont mes victimes sinon attitrées, du moins favorites^^), une fort jolie au demeurant mais assez mal piquée pour me fausser compagnie au ras du bord.
Le petit "plus"... Le Area Spin maison… Le ramasse-poissons^^

Au final, j'ai sauvé les meubles avec cette sortie sans gros poissons mis au sec mais heureusement rythmée par pas mal de touches pour une douzaine de prises. C'est sûr qu'en se repassant le film, on se dit toujours qu'on aurait pu mieux faire mais bon, pour être honnête, j'aurais pu tout aussi bien plier les gaules avant le chevesne pris à la cuillère et ainsi rentrer bredouille en invoquant toutes les ressources de la mauvaise foi pour expliquer voire excuser mon infâmant capot… Je ne vais pas me plaindre non plus vu qu'en ce moment, le simple fait d'aller à la pêche suffit déjà à mon bonheur. Pour ouvrir la vanne aux complaintes, je vais plutôt attendre l'inévitable grosse bredouille qui viendra inexorablement mettre à mal mon amour-propre d'ici la fermeture...


mardi 30 octobre 2018

Certains poissons comptent plus que d'autres...

Pour mon retour sur mes terres, j'ai été particulièrement gâté par le sort. N'ayant que 3 heures de liberté pour défier la bredouille, j'avais sélectionné tout un tas de leurres souples, des plombs-palette et drop-shot, des balles, bref l'attirail parfait pour gratter les caillasses à la recherche de la perche de taille intéressante… Sauf que rien ne va se passer comme prévu. L'eau est claire. Vraiment. Une satanée piscine au fond tapissé de feuilles mortes. Aie. Rien ne bouge dedans. Au bout d'une heure de patauge, le bilan est maigrelet. Pas un poisson entraperçu. Seule une Mepps n°2 trouvée dans la vase de la rive m'a redonné un bref instant le sourire…

Je change donc de coin et tente de remonter quelque chose d'un courant de bordure d'ordinaire fécond. Sauf que là, c'est vide de chez vide. Zut. Le temps m'est désormais compté. Plus qu'une petite heure avant de rentrer : la bredouille guette. Misant tout sur un dernier spot, alors que je n'ai emmené qu'une canne MH (le genre d'erreur fatale que j'aurais du apprendre à éviter pourtant depuis le temps…), j'y arrive en fin de marée descendante. Arf, c'est pas bien profond. Mais c'est suffisant pour que j'y enregistre mes premières touches : j'y décroche en Carolina un gros rotengle puis me fait couper en dropshot par un brochet pas énorme mais vigoureux amateur éclairé de larve de libellule aliexpress… Bon sang, je ne vais quand même pas faire capot, faut que je trouve quelque chose. Une chasse d'aspe va m'y aider. Mû par une inspiration confinant au divin, j'invente le "Carolina Spinner" pour lancer assez loin. Bon, on va rester factuel : je bloque une balle de 9 grammes devant la Mepps récupérée dans la vasouille et je la patate en force. Et là, hop-là, une perche puis un aspe me permettent de rester digne & propre dans l'adversité. Il y a pas à dire : certains poissons comptent plus que d'autres… 




jeudi 25 octobre 2018

Padawâneries à tous les étages

Sale temps pour les écureuils. Les vacance de la Toussaint reviennent et l'équipée sauvage aussi. C'est l'heure du stage de découverte de la pêche des carnassiers pour la joyeuse bande de pré-ados prête à transformer les saules pleureurs en sapins de Noel avant l'heure, à parsemer le fond de la Sèvre d'un attirail de leurres souples tous neufs, bref de mettre à l'épreuve l'équanimité de ses encadrants pourtant rompus à ce genre d'épreuves...
La sortie-pêche avec les jeunes : un moment de méditation transcendantale proche du zen ultime...
Les débuts de la fiesta furent prometteurs en diable : les perches répondent présentes et un brochet maousse manque de très peu de tester la résistance de mon 18/100° en attaquant un petit grub aliexpress sur TP Palette qui ne lui était pas du tout du tout du tout destiné. Tout semble donc réuni pour une session d'anthologie. Sauf qu'un petit détail grippe la machine dès l'aube du premier jour. Mon joyeux padawan n'a rien trouvé de mieux que d'oublier canne et moulinet flambant neufs sur la berge de la rivière où nous avions rapidement pêché la veille… 25 kilomètres aller-retour plus tard, le Dieu des Distraits est avec nous. Personne n'a ramassé le combo abandonné à quelques mètres du parking par le négligeant jeune homme. Un véritable petit miracle...
Une perche prise à vue dans deux mètres d'eau avec une larve de libellule aliexpress.
Comme s'il fallait aux Dieux compenser ce bienfait par une malédiction, la journée a été éprouvante. Un froid de canard congelé le matin  à peine égayé par quelques touchettes de micro-perchounettes n'a pas franchement aidé à faire monter l'enthousiasme dans les rangs de la jeune garde. Le pique-nique du midi expédié, un soleil timide commence à monter, on se dit imprudemment que le sort tourne en notre faveur. Et non, le vent se lève. Et quel vent. Un bien mordant venu du septentrion et pas avare de la rafale qui couche les branches, fait lever les vagues et pousse les leurres en haut des arbres. Aaaargh… Heureusement qu'au milieu du désastre, un petit brochet me sauve du déshonneur. Grâce à une monture "donzette" des stocks stratégiques du Maillochistan, ce poisson sort de l'herbier autour duquel tous les padawans avaient pataté pendant deux heures moult et moult leurres. Comme quoi, parfois, c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes...

Un pétulant pré-ado vient de découvrir les avantages du do-nothing millimétré pour bass difficiles par rapport au bobinage stakhanoviste primaire de leurres durs.
Le second jour débute comme le premier par un froid mordant et des juvéniles maladroits incapables d'éviter les tiges de nénuphars pourtant mal portants. Heureusement contrairement à la veille, le pique-nique de midi se déroule au soleil et les bass se réveillent, redonnant de la tonicité à la bande de joyeux drilles. Les prises s'enchaînent, les décrochages aussi. Comme quoi, on ne peut que se féliciter de l'existence de ce poisson glouton qui évite si souvent la bredouille aux enthousiastes mais encore brouillons apprentis.

Finalement, le seul ennemi d'une pêche automnale réussie (à part la grosse caillante et le vent sibérien soufflant à décorner tous les zébus de Madagascar évidemment) est parfaitement identifié. Il s'agit du sinistre téléphone portable avec connection internet. Une plaie caractérisée que cette addiction affreuse. La peste soit de ce gadget mortifère dont les misérables victimes minorent avec une pathétique candeur l'influence désastreuse sur leurs résultats halieutiques. Pourtant, quand on a le museau collé sur l'écran tout l'après-midi, il n'est pas vraiment surprenant qu'on prenne moins de poissons que les autres, jeune homme...

 Comment avec un seul poisson, une cuillère ondulante qui est pour les moins de 20 ans, rappelons-le,
"ce leurre de vieux tout pourri qui prend rien" réchauffe le cœur du Petit Scarabée…

A l'issue d'une deuxième journée féconde en prises, il était donc temps de prendre des décisions fortes. Au matin de la troisième et ultime journée de l'épopée, la consigne est claire: il n'y aura pas de portables au bord de l'eau. Aujourd'hui, c'est Lucky craft, pas Minecraft. Et là, paf, par enchantement, tout le monde prend du poisson dès le matin. Comme quoi, les leurres dans l'eau prendront toujours plus que ceux qui restent au sec, accrochés aux cannes, pendant que leurs propriétaires s'esbaudissent de vidéos mettant en scène des singes lanceurs de caca ou d'otaries en pétard tentant de tuer des kayakistes à coups de poulpe…

Bien sûr, tout ne fut pas parfait. Quelques leurres ne regagneront jamais le douillet confort de ma boîte Plano "spécial Crash-Test". D'autres, si, mais dans un état proche de l'Ohio comme dit le poète. Il m'a aussi fallu shampouiner d'autorité aux myriophylles un pétulant stagiaire qui avait découvert le formidable potentiel que possèdent ces plantes invasives (facilement récoltables au leurre souple traîné au fond soit dit en passant) comme projectiles destinés à ses petits camarades. La propagande par le fait, il n'y a que ça de vrai...
Pas faciles-faciles, les poissons du secteur no-kill… Mais au moins, là, il en reste.
Au grand soleil de l'après-midi, nous avons eu la chance de finir le stage en T-shirt sans que cela ait quoi que ce soit à voir avec le réchauffement climatique qui n'est qu'une invention perfide des écologistes soviétiques travestis agnostiques démocrates sociaux d'après certains experts autorisés par Total, Exxon et l'Amicale des tortionnaires méritants présidée par le capitaine Bolsonaro… Encore du bass au compteur pour la horde des trublions rivulaires… Mais pas aussi gros que certains l'espéraient, hélas.
C'est souvent à l'issue de ces stages en immersion que les jeunes découvrent les subtilités
de communication en vigueur au sein de la branche d'activité...
Le lendemain matin, sur le chemin du retour dans nos pénates, le Padawan & moi nous sommes arrêtés sur un petit parcours bien fréquenté et classé en no-kill. La pêche n'y a pas été très facile mais nous avons quand même pris quelques poissons "pour la route"... Histoire de nous consoler d'avoir à quitter ce petit coin de verdure pour regagner la grande ville, ses embouteillages et ses environs grisâtres parfumés au metam-sodium. Le temps passe toujours trop vite au bord de l'eau. Snif...


dimanche 14 octobre 2018

Speedfishing dominical

Une perche au leurre souple maison pour entamer les débats sur un bief quasiment à sec...
Cela faisait maintenant près de six semaines que j'avais délaissé les petites rivières du vignoble, après avoir été vacciné par la découverte de la catastrophe à l'occasion, déjà, d'une pêche rapide de fin d'après-midi dominical. Profitant sans vergogne de l'opportunité qui m'était offerte, à l'issue d'un repas familial, d'aller brûler des calories en dérapant sur des caillasses visqueuses, j'ai renoué avec ce biotope si particulier où le secret de la réussite automnale consiste essentiellement à trouver de l'eau sous les feuilles mortes…

Quand tout espoir semble vain, quand tout est contre nous… Non, pas besoin d'appeler les Ghostbusters ou même Julien Courbet, les mecs… Il suffit d'avoir des cuillères-vintage dans la musette. Tout le monde sait ça.
En effet, les niveaux sont encore plus bas que les probabilités qu'un jour lointain Cyril Hanouna remporte le Prix Nobel de littérature. Après le rapide survol d'un bief sinistré où je prends tout de même la seule perche survivante, je décide de tout miser sur le même secteur vu qu'il ne me reste qu'une grosse heure de pêche.

Si je peux me permettre, j'oserais rappeler à notre jeune public que TOUTES les perches aiment les cuillères tournantes.
Là, des débuts trompeurs me font rêver à une pêche d'anthologie. Plusieurs perches succombent tour à tour à une cuillère-vintage ramenée le plus lentement possible sous la surface. Mais l'eau est bizarre. Très claire sur les bordures peu profondes, elle se brunit au milieu alors que la profondeur n'y est pas si importante que ça vu qu'on distingue sur le fond les feuilles mortes… L'explication est vite trouvée. Ce sont les cyanobactéries en train de pourrir qui colorent le petit courant qui se dessine grâce aux vagues pluies des derniers jours. Pas cool.

Ce qui fait que là où la profondeur du bief dépasse les trente centimètres, je ne vois pas le fond et en raison de la viscosité de son substrat renforcée par trois mois d'apports en saloperies issues de l'agriculture irresponsable, j'y risque le gros gadin à chaque pas. Ce menu détail change la donne. Exit la cuillère-vintage que je ne veux pas voir à la merci d'un accrochage me forçant à une opération de secours à patauger dans la bouillasse. J'ai passé l'âge de ces conneries.
C'est donc en toute décontraction qu'équipé d'un Swing Impact aliexpress d'une blancheur immaculée ornant une tête plombée football moulée délicatement par mes soins diligents que j'achèverais cette rapide tournée. Quelques perches supplémentaires et un jeune brochet écervelé clôtureront l'exercice. Rien de bien extraordinaire, j'en conviens humblement, mais à mon échelle, où aller à la pêche relève de l'exception, hélas, plutôt que de la règle, vous excuserez ma satisfaction confinant à la fatuité la plus abjecte d'avoir pris un peu de poisson en moins de deux heures sur ces coins qui ont particulièrement soufferts de la sécheresse et qui, malgré quelques chiches gouttelettes tombées du ciel, semblent destinés à souffrir encore…