jeudi 16 août 2018

Un 15 août à prise unique

Loin des privilégiés qui ont encore le loisir de tremper benoîtement leur anatomie d'athlètes dans une eau sinon correcte du moins pas pleine de saloperies potentiellement mortelles, il existe un monde où la FNSEA a définitivement enterrées les us & coutumes de la république, serait elle simplement bananière… Ce monde affreux où les rivières disparaissent en une semaine, où les plans d'eau se recouvrent peu à peu de jussie et dont les berges croulent sous les déchets généreusement abandonnés par les "fins pêcheurs" que l'on ne rencontre qu'au mois d'août, et bien, pas de bol, c'est le mien pig 

Mais où est donc passée la biodiversité de jadis, bordel ?


Difficile de convaincre, dans ces conditions apocalyptiques qui feraient passer un épisode des Walking Dead bien fourni en zombies de longue durée pour une enquête du Club des 5 se déroulant en baie de Morlaix, des quidams au cerveau normalement irrigué et pêcheurs occasionnels voire totalement débutants de se livrer en ma compagnie à une quelconque activité halieutique y compris de basse intensité… C'est pourtant une "tradition" que nous essayons d'entretenir, mes deux potes pêcheurs occasionnels et moi… L'année dernière, hélas, nous n'avions pas pu nous caler une implacable bredouille du 15 août mais heureusement cette année, même si les Pieds Nickelés de l'Estran ne sont que deux, nous voilà repartis  pour une performance maritime qui fera date Cool 






Comme de bien entendu, les débuts de l'épopée se révèlent cahoteux. Une fringale nocturne d'un de mes chats me pousse à me rendormir à une heure plus que limite et sans surprise, je suis victime de la panne de réveil qui tue. Damnitude. Nous nous retrouvons persécutés par un destin impitoyable qui prendra un malin plaisir à nous torturer par les biais les plus sordides comme la limitation de vitesse à 80 km/h ou les voiturettes sans permis conduites par les Patsy & Selma indigènes zigzagant sur la route des marais tout en semant de mégots incandescents jetés nonchalamment par la fenêtre les rives des étiers à l'eau croupie d'un engageant caca d'oie…


Malgré tous ces petits tracas, on finit quand même par arriver juste à temps pour nous retrouver au milieu de la troupe compacte, bigarrée et essentiellement rondouillarde des Bidochons claquettes-chaussettes se pressant sur le port pour découvrir extasiés l'animation chants de marins en état d'ébriété avancée menée d'une glotte vacillante par une chanteuse qui serait abattue préventivement si elle décidait de s'approcher de moins de 200 km du casting de la Star Ac' ou le stand de la Fédération Nationale des Pêcheurs Plaisanciers, sympathique barnum convivial où là aussi, étrangement, le muscadet semble couler à flot en milieu de matinée, au sein d'un public choisi de baby-boomeurs ayant encore de la ressource sans avoir besoin d'aller jusqu'au bar… Laisse Madeleine… J'me comprends What a Face Rolling Eyes 


Le Rockfishing, c'est comme tout… C'était FRANCHEMENT mieux avant !!!^^


A deux doigts de finir notre terne existence comme des ragondins inondés tentant de fuir leur terrier immergé en terminant les boyaux éclatés sur le bitume par un pauvre zoom-zoom à casquette cramponné au volant moumouté de sa caisse tunée d'un jaune moutarde tout en discrétion flirtant avec la classe à la British  clown et sonorisant, en mélomane altruiste distingué, de sa douce techno à 130 décibels le bras de mer jusqu'à l'estuaire tout ne forçant pas son talent pour s'emparer de la dernière place de parking dispo de l'île dans un dérapage digne des plus belles heures de Starsky & Hutch, nous constatons avec aigreur que le dit-chauffard est un pêcheur à la ligne du genre "dans le vent", fringué avec toute l'élégance d'un dealer moderne et semblant, nous pouvons le dire, assez redoutable tant au niveau technique qu'au niveau tactique pour foutre la chiasse au cul de tous les alevins du pertuis et couper définitivement court à toute tentative de sociabilisation venant de notre côté affraid On s'en  fout, nous, on va de l'autre côté du blockhaus de toute façon, Fangio tongue 



L'océan se retire majestueusement. Nous, on commence à cramer doucement sunny Une heure d'efforts puis deux, puis trois… On commence à songer à tuer les chiens de traineaux pour survivre en buvant leur sang avant qu'en un éclair inattendu de lucidité, on ne se rende compte que c'est une insolation qui nous fait délirer ainsi. Décillés  nous tombons des nues en nous apercevant que depuis un certain temps, nous beuglons aux goélands une chansonnette improvisée à la gloire d'un rapeur récemment incarcéré et qui commence par "Booba, Booba, tu dors en prison…" Bon, je vous passe le freestyle, il y a peut-être des enfants qui regardent clown C'est alors qu'un phénomène inexplicable à moins d'être un des frères Bogdanoff ou l'imaginatif avocat d'Alexandre Benalla se produit Shocked Shocked Shocked  

Un poisson se pique à mon leurre affraid affraid affraid 





Merci mon Dieu. La bredouille est sauvée !!! Il est temps d'aller célébrer ce triomphe en faisant honneur à une des tables étoilées du secteur avec un kebab-frite suivi d'une glace à l'Italienne. Oui, je sais. Mais voyez-vous, dans ce pays d'aigris où on jalouse la réussite d'autrui, j'assume ce côté élitiste de bobo cosmopolito-mondialisé. 
 
Bref, pour être honnête, tout ça n'a pas été facile  lévitation 



Pourtant, on n'a pas mégoté sur les changements de pattern. Mais en matière de poissons, à part une bande de petits tacauds et un crénilabre aussi hargneux que petit, on n'a pas vu grand monde  No Si l'on excepte les hordes de "morts de faim" en train de creuser un grand canyon-bis sur le Gois pour une poignée de palourdes qui auront dix fois le temps de tourner dans le coffre avant le retour au camping… Pauvre France… Une fois de plus, nous touchons donc d'un doigt tremblant de fatigue et tout gras de Biafine les limites de l'exercice : le 15 août, c'est la Saint Mimile, le Grand Pardon du débardeur fluo, l'Aïd el Kebir des moules-frites. L'exact opposé de la date qui convient pour pêcher comme on aime, dans le calme et la sérénité… Mais comme tous les autres cocus de la Croissance à deux chiffres pelant de leur couenne de laborieux sous l'ombre dérisoire de leur bob Ricard chiné à la caravane du Tour, on a pas vraiment le choix dans le timing de l'escapade. Poil dans la pierrade.







lundi 13 août 2018

Un peu de 109^^


Alors que le Peuple aoûtien fait trembler le monde au pas de ses claquettes-chaussettes impatientes de rejoindre la plage où l'attendent implacablement les coups de soleil, la dinophysis et les voleurs à la roulotte dissimulés nonchalamment sur le parking, quoi de plus bienvenu que de profiter d'un coefficient de marée de 109 (d'où le titre et son jeu de mot, disons-le, stratosphérique^^) pour rompre cette abstinence halieutique commençant à confiner au tragique ? Il commence à être pénible ce mois d'août à restreindre drastiquement le choix de mes points de chute. En effet, les pauvres  rivières du vignobles en quelques jours sont passées d'un étiage saisonnier normal, c'est à dire dramatique, à un bouillon de culture à l'odeur pestilentielle…



Rassurez-vous. Tout le monde s'en fout. Les ploucs du coin sont à la mer, en oublient leur boulot  déprimant et, la gueule en vrac après la soirée Sangria-Discomobile du Camping des Flots bleus, n'ont rien de plus urgent à gérer que d'avoir à assumer pour le restant de leur vie terrestre de s'être réveillés nus aux côtés de l'équivalent balnéaire de Murielle Bolle. Si c'était ça, finalement, créer du lien social tout en réapprenant le collectif ?^^

Bref, privé de mes lieux de prédilections pour une traque décontractée tout autant qu'estivale de la mutine perchette, me voila donc bien obligé de m'attaquer au Fleuve sauvage. Pas glop. Le coefficient est d'importance et mes disponibilités m'imposent de pêcher en pleine après-midi autour de la marée basse. Tranquille.

Pas peu fier de l'engin… Un petit leurre à perche bien dense à lancer mais qui travaille juste sous la surface à la récupération.
Heureusement que je connais mes coins. Grâce à mes petites têtes plombées à palette agrémentées d'un grub chartreuse, j'enquille les perchettes. En tentant de pêcher un peu plus loin, à mesure que le vent commençait à se lever, j'ai pris quelques brochetons sur un Spinmad maison. Mais c'est un leurre totalement conçu par mézigues qui va décrocher la timballe...
Une vieille palette Willow, un corps de Flutterstick Storm copié en résine et plombé en queue… What else ?^^
Un joyeux carton pour le galop d'essai de la Chose. Plein de perches, un autre brocheton, un aspe décroché et une attaque d'un brochet plus que maillé qui, heureusement, s'est loupé car j'aurais eu l'air vraiment finaud en allant le chercher au milieu de la vasière. Bref, un franc succès pour ce petit truc sorti de mon imagination torturée voire parfois féconde...
Gratter les éboulis de caillasses à contre-courant avec un Area Spin même bricolé à la laborieuse par mes soins discutables permet de piquer quelques perches à l'affut de l'alevin distrait...
J'ai fini tranquillement à l'Area Spin maison pour explorer les berges jusqu'au parking en piquant quelques perches supplémentaires. Finalement, j'ai donc bien profité de cette petite sortie en mode Medium Light (limite haute de ce que peut encaisser ma tendinite) qui s'est avérée prolifique malgré les éléments à priori contraires. La Loire reste pour l'instant pêchable. Positivons malgré tout…


dimanche 5 août 2018

Summertime blues

Plus les années passent et plus je me renforce en ma sordide condition d'acariâtre acarien réfractaire aux transhumances automobiles de masse. Passer 8 heures à thermostat 10 dans ma bagnole pour faire 500 bornes tout en m'acquittant d'une somme somptuaire à chaque péage, pour au final m'emmerder comme un rat mort, les volets tirés, une semaine dans un pucier loué l'équivalent de 3 mois de loyer ou, pire, suffoquer sous la tente entre une colonie de Hollandais alcooliques et un groupe d'adolescents sociopathes exfiltrés temporairement de leur Z.E.P à la demande pressante de la B.A.C locale soucieuse d'échapper à la dépression nerveuse et confié au contrôle d'éducateurs gagnés peu à peu par la tentation du suicide, non, finalement très peu pour moi, merci… Je n'ai pas besoin de bouffer du kilomètre, du sable et des fruits de mer à la fraîcheur relative pour me donner la fragile impression d'avoir réussi ma vie de consommateur… 
Nouvel arrivage d'Area Spin "maison"... 
De toute façon, par ces temps de canicule, qu'on reste piteusement calfeutré chez soi, prolétaire navrant ruisselant en slip à côté du ventilateur, ou qu'on baguenaude, décontracté du mocassin Gucci, pull Lacoste négligemment noué au dessus de son polo Ralph Lauren en jouant ostensiblement avec les clés de son Audi RS3, dans les rues commerçantes d'un quelconque lieu de villégiature interdit aux allocataires du RSA, on se déshydrate tout pareillement. Le réchauffement planétaire, au moins, c'est l'égalité au niveau du calorifique. Que vous soyez puissants ou misérables, vous habitez tous la même planète, bande de cons.
Les petits black-bass sont généralement assez compréhensifs quand on est contraint et forcé de pêcher en plein après-midi caniculaire. Par contre, ce sont des poissons et donc, à un moment, ils ont quand même besoin d'eau pour survivre...
Bref, sur ces considérations puissantes qui, j'en suis certain, révolutionneront l'enseignement de la philosophie en bousculant les habitudes comme l'ont fait en leur temps Spinoza, Nietzsche ou Pascal Praud, revenons-en à mes tribulations estivales. Un petit peu de misérabilisme, ça ne fait jamais de mal^^. Après plus d'une semaine sans pêche, j'ai ressorti les gaules malgré un cagnard de plomb. J'ai été rapidement récompensé par la découverte d'un petit leurre aliexpress tout neuf oublié sur la berge et qui plus est d'un modèle dont j'avais envisagé l'achat cet hiver. Cette heureuse trouvaille va donc grossir ma pléthorique collection. Youpi.

Les cuillères "vintage" prennent encore et toujours malgré la baisse drastique des niveaux d'eau et la chaleur ambiante...
Bénéficiant en tout et pour tout de deux heures de libre en plein après-midi, c'est peu dire que je n'attends rien d'exceptionnel de la sortie. Si je réussis à éviter la bredouille et/ou l'insolation, je pourrais m'estimer chanceux. Hélas, arrivé sur le lieu que je comptais explorer, je me retrouve rejoint dans les cinq minutes par Mister "White" Booba et un comparse désespérément moins "haut en couleur". Torse poil, biscotos travaillés en salle et casquette réglementaire de la dalle d'Argenteuil, le monsieur ignorant superbement mon timide salut se met à bombarder le filet d'eau coulant en contre-bas avec un leurre à brochet de plus de cent grammes aussi avant-gardiste chromatiquement parlant qu'une baraque à frite mexicaine tenue par un daltonien… Devant l'incontestable révélation que j'ai affaire à un intellectuel capable de traquer l'ésocidé métré dans 30 centimètres d'eau croupie au soleil, je préfère me retirer avec dignité avant de me sentir obligé d'exploser de rire… Ce qui, vous en conviendrez, est diplomatiquement discutable quand on se trouve à moins de deux mètres d'un abruti bodybuildé potentiellement susceptible…

Me transportant subséquemment sur un spot de secours quasiment perdu dans les tréfonds douteux de ma savane inhospitalière, j'ai la douloureuse surprise de tomber sur une troupe de joyeux branleurs, en pleine montée de produits psychotropes, fort occupés à vandaliser en faisant preuve d'une belle énergie les aménagements effectués pour assurer la continuité des milieux aquatiques par temps d'étiage par la société de pêche locale. Super. Face à une dizaine d'énergumènes défoncés, dopés par un subtil mélange d'hormones en ébullition, de 8°6 chauffée au soleil et de quelques gros pétards de drogue, je n'obtiens pour réponse à mes interrogations quant à leurs intentions de restructuration spontanée du lit de la rivière qu'un doigt d'honneur discret. Fichtre. Les vils coquins. Cela ne restera point impuni. Hésitant  in petto à déclencher un pugilat à 1 contre 10, je dois me résoudre à en référer à qui de droit. Une heure plus tard, après avoir exposés les faits à la maréchaussée territorialement compétente, je peux enfin entamer ma partie de pêche… Il me reste trois quarts d'heure. Cool.


Et là, récompensé sans aucun doute par le Dieu des Délateurs entre deux âges, je me mets à prendre du poisson. Rien de bien glorieux mais je ne boude pas mon plaisir ; quelques perches avec un Area Spin maison, des kiki-bass au LS et surtout le baptême du petit leurre trouvé par terre et qui, malgré (ou à cause ?) des billes bruyantes  qu'il héberge, a fait bouger des perches qui, par une chaleur pareille, avaient toutes les bonnes raisons du monde, pour rester amorphes. Profitons-en car il y a fort à parier que dans une à deux semaines, tous ces petits poissons auront fait la joie des hérons, des rats et des écrevisses…  



jeudi 26 juillet 2018

Pin's de canicule au crépuscule


Il y a toujours un moment où on se pose la question qui tue : est-ce vraiment une idée absolument géniale, au terme d'une journée épuisante passée dans l'équivalent urbain d'un autocuiseur, que d'aller baguenauder en waders au hasard des berges d'un fleuve à l'eau encore bien chargée pour la saison ? Malheureusement, j'en parle en toute connaissance, la réponse que nous apportons à cette légitime interrogation s'avère parfois fâcheusement  influencée par un besoin impérieux de prendre l'air en profitant de nos trop rares moments de liberté, sans mésestimer pour autant l'abrutissement dans lequel nous confine l'accablante chaleur ambiante qui obère par son intensité  la pertinence de notre jugement...

C'est l'engrenage fatal qui nous entraîne à nous retrouver en début de soirée face à (au choix) une horde de crétins en paddle hurlant à gorge déployée en s'aspergeant d'une eau composée d'une part non négligeable d'urine de gros rongeurs potentiellement porteurs de la leptospirose, de dizaines de familles de prolétaires défiant l'autorité et les panneaux "Baignade interdite" en trempant joyeusement leurs miches hypertrophiées par l'abus de Nutella en lisière de courants n'attendant qu'un instant pour emmener un de ces Bidubules visiter le Gulf Stream, voire à des propriétaires de bateau de plaisance jouant au tsunami dès qu'ils repèrent un couillon porteur de canne à pêche progressant avec peine dans la brousse rivulaire. Là, on jure un peu tard que l'on ne nous y reprendra plus...

Malgré tout,  on est bien obligé de serrer les dents et de tenter de pêcher quelques poissons afin de ne pas épuiser définitivement son crédit d'amour-propre. Bien évidemment, comme à chaque fois que j'ai pêché en soirée, les moustiques sont en appétit, ça fait plaisir cette exubérante biodiversité… En cherchant à sortir des sentiers battus, j'ai réussi avec brio à chuter dans les hautes herbes grâce à une pierre branlante dont le mouvement a aussitôt révélé la présence d'une colonie de frelons asiatiques goûtant assez peu le dérangement… L'aventure, c'est l'aventure.
Entre gamelles sordides, croisement industriel de ploucs pollueurs et agressions en réunion d'insectes versés dans l'ultra-violence, il devient difficile, y compris à notre d'ordinaire si conciliant regard envers nos propres turpitudes, de continuer à  considérer que, pratiquée dans ces conditions, la pêche à la ligne reste un loisir et ne s'est pas muée en chemin en une activité à mi-chemin entre le bondage et le survivalisme...
Tout ça pour péniblement prendre quelques pin's au milieu d'une activité nulle. Aucune chasse en vue. Pleine lune en train de monter. Bordel… Quand la pêche devient aussi palpitante qu'une émission de LCP sponsorisée par Lexomil, on ferait mieux de rester au frais…


Vu que je suis un acharné, j'ai poussé le vice jusqu'à tenir jusqu'à l'expiration de l'heure légale. Pour au final pas grand chose de mieux à me mettre sous la canne vu le marasme ambiant. Il va être temps de faire un petit break et de laisser passer cette canicule… Après tout, le feuilleton de l'été semble être pour une fois tout à fait passionnant et laisse présager de superbes rebondissements dont je savoure par anticipations les divins soubresauts.


lundi 23 juillet 2018

La sécheresse est déjà là...

Un seuil recouvert d'algues en décomposition dont émane un délicat parfum d'ammoniaque… 
Hmmm goûtez-moi ce bucolique. On en reprendrait presque...
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, cette année encore, on bat ou on s'apprête à battre des records d'étiage sur les petits cours d'eau généreusement nitratés où je folâtre d'ordinaire à la recherche d'hypothétiques pin's. Autant dire que tout le monde s'en fout. Jusqu'au jour toujours plus proche qui verra le robinet de la cuisine ne plus donner une goutte. Ce jour-là, peut-être que Raoul & Raymonde Bidochon se poseront quelques questions allant même jusqu'à relativiser l'intérêt de laver leur bagnole trois fois par semaine à grands jets, qui sait ? En attendant, la pratique du float-tube devenant plus une tentative de suicide par bactéries qu'un moyen ludique quoique palmé de pêcher dans la nature, j'ai du me retourner vers l'autoroute à blaireaux…
"Plus mon Loire Gaulois que le Tibre Latin,
Plus mon petit Liré que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur Angevine."

Oui, l'autoroute à blaireaux… La Loire, l'été, quoi. Ce n'est pas à dire vrai beaucoup mieux en ce moment. L'eau y est bien troublée et on ne peut pas dire qu'il soit agréable d'y tremper du fil par ces températures caniculaires propices à la baignade de meutes de juvéniles demeurés et bruyants adeptes de l'atelier vacance Noyade & Kronenbourg. De perrés en perrés s'agglutinent sous l'ombre parcimonieuse de parasols Ricard conquis de haute lutte à la caravane du Tour de France, des familles rondouillardes à l'épiderme flamboyant qui n'hésitent pas à défier le carcinome pour une glacière pleine de mulets. Du moins, c'était ça l'idée au départ. Au milieu, sur l'onde trouble, bourrinent comme ils n'osent plus le faire sur la route, cadres stressés et patrons de TPE aux commandes de leur petit bateau surmotorisé. J'ai un peu honte pour eux. Ils ont beau frimer devant les totognes viandeurs de muloches à la couenne cramée, ils se hissent à peine au dessus du statut de gueux, ces parvenus, vu qu'il faut se rendre à l'évidence : s'ils jouent les Fangio aquatiques sur ce vague mélange de lisier, de cyano et de PCB, c'est qu'ils n'ont pas de quoi se payer un mouillage à l'année à la marina de Pornichet. Total losers. Sad.
Triste époque… Obligé de gratter les caillasses au Spinmad maison pour rentrer de la perchette...

Une fois le décor figé et les acteurs cernés, revenons à ce qui nous occupe… Oui ? La pêche ? Bah non, faut être sérieux, je parlais de l'affaire Benalla, voyons !!!^^ Ne cachons pas notre plaisir de fin gourmet. Le favori du monarque aka le Bombardier de la Contrescarpe, lâché comme une merde par la bande d'arrivistes en chef. Classe. La séparation des pouvoirs utilisée comme papier hygiénique, une ravale de mensonges démontés en direct ou presque comme dans une garde à vue diffusée dans un haletant numéro d' Enquête d'Action sobrement intitulé "les migrants violeurs de poules du Pas de Calais sont-ils syndiqués à la CGT ?" et rediffusé en nocturne pour les insomniaques de la canicule ? Délectable. Même si on met de côté les délires complotistes dont Nadine Morano, en sa désarmante candeur, s'empresse de retweeter les pires scories ( "l'exolète de la ZEP", ça suintait son camelot du roi latiniste tripoté plus que de raison par les curés au pensionnat, ça, Nadine, t'aurais dû te méfier^^) on se demande ce qu'il a foutu notre Jupiter pour recruter chez Tonton. Tonton Macoute, certes, mais tout de même...
Benalla, une carrière-express et des compétences qui interrogent…

Promouvoir ou avoir tenté de promouvoir son gorille malgré son C.V équivoque (garde du corps de l'avocat du grand banditisme, procès pour violences sur une femme, délit de fuite…) au rang de lieutenant-colonel "expert" de la gendarmerie (à ce régime ainsi qu'à l'ancienneté, je pense d'ailleurs que je peux prétendre au titre de Maréchal d'Empire^^), de sous-préfet et de lui avoir filé un badge VIP de collaborateur du président de l'assemblée nationale, ça rappelle quelques précédents peu flatteurs au niveau du passe-droit injustifiable. De là à faire du triste sire le cheval de Caligula, voire pour les plus excités, le nouvel âne d'Héliogabale qui, soit en passant, était lui aussi arrivé beaucoup trop jeune au pouvoir suprême tout en se voulant "ET païen ET chrétien", ce serait un peu osé mais bon, au point où on en est…Ah, Héliogabale, ce boute-en-train, ce maître de l'orgiaque facétieux avec son idée novatrice en diable d'imposer à l'empire romain un brillant syncrétisme qui réussit plus que dans les rêves les plus fous de son opposition à énerver dans les grandes largeurs la plèbe  qui était, comme chacun sait, le mot romain pour  ceux qui n'étaient rien, ces feignasses illettrées alcooliques coûtant un pognon de dingue  à force de réclamer "panem et circonses" à longueur de jours chômés comme le savent ceux qui ont lu au moins un album d'Astérix... L'histoire se termina malheureusement dans une fureur débridée lorsque sa jusqu'alors si fidèle armée, après s'être sentie insultée par une politique de réduction des dépenses publiques un peu abrupte, le livra à une foule déchaînée qui le lyncha avant de le balancer à la flotte… De là à faire un aventureux parallèle pouvant me mener au tribunal, il y a là une marche à franchir que je laisse volontiers à d'autres vu qu'entre autres détails, un de ces deux autocrates ne s'est à ma connaissance pas uni à une vestale mais plutôt à un vestige…

Bref, pas besoin de vaseuses comparaisons historiques : on va bien rigoler vu que ça va ramer sévère chez les tenants de la "république exemplaire"... Tout ce beau monde va s'empresser en toute élégance de tirer la chasse en se pinçant le nez sur le factotum bodybuildé  opportunément  réduit à un rôle de Sturmabteilung pour noces & banquets à la limite du mongolisme, de nervi de basse-extraction, impulsif et désobéissant, bref d'homme de sac et de corde nourri aux stéroïdes et aux films de Jean-Claude Van Damme s'étant incrusté par surprise dans le tableau. Ben voyons... Et puis on va revenir aux affaires sérieuses : la retraite à 85 ans, le litre de sans plomb à 2 euros et la stérilisation forcée des chômeurs. Heureusement que la populace est en train de bronzer en rêvassant à sa deuxième étoile, tiens… Ils ratent quelque chose, je les envie pas… Gérard Collomb à l'assemblée en train de se faire cuisiner, il était renversant dans le rôle de Pinocchio : ça valait un Oscar. Ou un cocard. Au choix^^…



mardi 17 juillet 2018

Loire & Déboires saison 36 épisode 1

Le Tendinitator… Dernier fruit de mes divagations maladives.


Comme le temps passe… On s'endort un beau soir carrossé comme Adonis et on émerge péniblement dans ce qui nous semble l'instant d'après avec la tronche de Roland Courbis. Chienne de vie. Il ne nous reste plus qu'à patienter la paupière mi-close devant une rediffusion de Derrick qu'un type en blouse blanche ( ou un gars poilu tout rouge avec des Nike en sabot, un sourire de communicant macroniste et des cornes sur le front si on a pas été sage…) nous annonce qu'on a un petit problème d'ordre médical tout à fait bénin mais nécessitant tout de même une remise en ordre de son assurance-obsèques-sait-on jamais. En attendant d'éventuellement passer au barbecue dans un carton premier prix choisi par la famille en train d'écouter, atrocement gênée, Johnny allumer le feu (si on peut plus faire de blagues pour ses dernières volontés, où allons-nous ?) ou, pire, de se voir subir un lavement au méthanol par des thanatopracteurs taquins, il devient assez désagréablement envisageable d'aller squatter quelques décennies une concession quelconque jusqu'à ce qu'un cantonnier-comptable s'avise du défaut de paiement et nous rempote gaillardement quoiqu'en vrac à la fosse commune. 
"Alors, comme ça, on lochait ses vifs, hein, petits chenapans ?"
Le tout dans un cimetière anonyme à dominante grisâtre vaguement coloriée le week-end de la Toussaint et dont l'ambiance un tantinet morose reste  seulement égayée hors de ce pic d'activité par quelques bandes d'ados satanistes en état d'ivresse. Sympa l'éternité. Bref, devant ces indubitables perspectives,  il ne nous reste plus à nous autres, décatis bancals frappés par l'immanente péremption (et dont la présence fortuite dans un Starbucks, un restau à sushis ou un quelconque autre lieu branché déclenche immédiatement une vague d'appels au 17 de 18-35 ans fous de panique), qu'à maudire l'époque et à nous replonger avec aigreur, tendresse ou mélancolie dans notre passé mythifié en une formule définitive : "c'était BEAUCOUP mieux avant, bande de branleurs !!!"
Petit bricolage maison ornant désormais une p*t**n de nasse de braconnier...
Bon, d'accord, je vous le concède : parfois, voire souvent, le passé qu'un géronte exalté peut vous présenter  sous un jour favorable n'a de valeur en soi que parce qu'il était le présent de la jeunesse de ce vieux birbe éructant vous tenant la jambe en vous narrant, des trémolos dans la voix, les évènements marquants de sa vie comme le premier homme sur la lune, la première femme dans un bureau de vote ou le premier Belge reconnaissant que les Français sont meilleurs au foot. Plus modestement, mes souvenirs me portent vers l'été 1982, une des périodes pourtant les plus sombres de notre histoire… Les jeunes ne peuvent pas comprendre : les riches ont peur, beaucoup ont fui, emportant leurs lingots d'or, leur porcelaine de Sèvre et leurs collections du Figaro-Magazine. Depuis un an, on vit dans l'angoisse de devenir une république soviétique. Pour parfaire l'ambiance lugubre à en faire passer l'Exorciste pour l'épisode-pilote des Télétubbies, on vient de se faire poignarder, humilier, piétiner par les Fridolins à Séville. C'est dans ce cadre que Stephen King trouverait trop glauque pour y plaquer une de ses histoires d'ados confrontés à des forces démoniaques encore plus effrayantes qu'un CPE consciencieux, des parents non-démissionnaires ou une Wifi saturée que j'ai découvert la pêche en Loire…

5 leurres-maisons qui restent au fond (dont au moins 2 sur des nasses de braco…), un brochet, un chevesne et une perche décrochés avant que ce chevesne aux proportions modestes ne me sauve de la bredouille en chiquant une cuillère-maison...
On a pas un métier facile^^.
Mes débuts n'y furent guère glorieux mais eurent le mérite de me pousser à continuer dans cette voie ardue, certes, mais ô combien gratifiante quand, comme hier soir,  par un miraculeux hasard, la victoire, matérialisée par un chevesne que l'on aurait à peine regardé d'ordinaire mais clôturant trois heures de bredouille,  vient déposer ses lauriers sur votre front baigné de sueur et tout luisant de projections de vase séchée… A partir de ce fameux "Summer of '82", je crois bien que les trois décennies suivantes me virent alterner phases de renoncement, flambées de passion et dépressions nerveuses jusqu'à ce que je succombe à l'addiction définitive au fluviatile grâce à l'apparition de l'aspe, il y a déjà 10 ans... La Loire est dure. Mais c'est la Loire. Car ce fleuve aux humeurs démoniaques donne toute sa quintessence au fameux aphorisme churchillien. Oui, la recette du succès est bel et bien d'aller d'échecs en échecs sans jamais perdre son enthousiasme !!!









samedi 14 juillet 2018

Pinsage Vespéral Compulsif


Quel rythme trépidant… Cette semaine, je n'ai pas eu la moindre minute à consacrer à la pêche depuis la rapide escapade champêtre de dimanche dernier. Ce samedi était bien parti lui aussi pour me tenir éloigner des gisements de perchettes mais sur le coup de 20 heures, renonçant à un plantureux en-cas, j'ai embarqué le combo UL pour un petit tour des plus rudimentaires au bord de ce qui fût jadis un de mes coins de prédilection…
S'il existe une donnée capitale pour nous autres, pêcheurs estivaux en milieux aquatiques perturbés, il s'agit bien du niveau d'eau des rivières. En l'espace d'à peine 6 jours, le dit-niveau a baissé de 30cm. Le truc qui calme… Bien évidemment, en raison de l'heure tardive, je n'ai pas le temps de me retourner et me retrouve donc à tenter contre toute attente de leurrer les derniers survivants du bief...
Dire que la traque de ces mystérieux spécimens s'avère ardue relèverait du même niveau de litote qui consisterait à exposer que tenter  l'ascension du K2 en solitaire, équipé d'une paire de tongs et vêtu d'un ensemble short-débardeur n'est pas excessivement prudent… Personne ne daigne se piquer sur mon Towadali, pas un poiscaille ne s'intéresse à mes petits leurres souples, snif...

Et pendant ce temps-là, l'horloge tourne et la fatidique heure légale de pliage des gaules se rappelle à mon bon souvenir. Devant l'adversité, les éléments contraire et la bredouille qui menace, vais-je sombrer corps & biens ? Quelle angoissante angoisse comme dirait l'autre… Bon, ça va cinq minutes. Plutôt que de psychoter du pattern, face au danger, je retourne aux fondamentaux.
Le pin's ligérien du bas. Toute une école.

La cuillère-vintage se charge du reste. Les prises sont peu nombreuses et de taille modeste, certes. Mais quand on se retrouve à une demi-heure du coup de sifflet final le corps boursouflé par les piqûres de moustiques et, les avant-bras brûlés par les orties, le tout boudiné dans une combinaison en PVC repoussant les limites olfactives du sudoripare en milieu fermé, vous pouvez imaginer sans trop d'efforts quelle ineffable joie fait naître sur le faciès porcin de l'auteur la moindre perchette frémissante se débattant suspendue à cette antiquité...
Le micro-spinnerbait "maison" et sa victime du soir : un micro-chevesne.
Sur l'ultime étape de ce chemin de croix proto-nocturne, au seul endroit où la profondeur du cour d'eau reste encore à peu près acceptable, c'est un bref essai d'un de mes "prototypes" (non mais quelle fatuité, j'en reviens pas…) qui se conclue magnifiquement par la prise d'un chevesne… Heu… D'un chevesne, voila. Finalement, malgré toutes les avanies qu'elle m'aura fait subir, cette sortie na pas été tout à fait inutile : je sais qu'il est désormais amplement contre-productif d'aller traîner mes bottes dans ce coin-ci du bassin versant. Les semaines qui viennent ne vont par ailleurs sans doute pas arranger les choses. Il va falloir choisir avec discernement mes points de chute pour profiter au maximum de mes trop rares disponibilités… Mais ça, c'est une autre histoire.