jeudi 2 juin 2016

En état d'urgence...

"Ah, ah !!! Comment que je te l'ai bien niquée, la CGT !!!"
Au terme de près de deux semaines passées à déjouer avec malice les pièges sournois de la pénurie de carburant, j'ai enfin eu deux heures pré-crépusculaires à consacrer à cette exigeante discipline halieutique qu'est la traque printanière intensive de la perchette. Hélas, il ne suffisait pas que le pays soit livré aux hordes bolcheviques profitant lâchement de leur oisiveté militante pour s'humecter la truffe au Boulaouane en brûlant des vieux pneus. Les frontières de l'indicible n'étaient pas assez repoussées par la nouvelle glaçante nous apprenant que Robert Ménard était devenu à la surprise générale sélectionneur des Bleus ( au moins d'après les témoignages circonstanciés et désintéressés de Benzéma, Cantona, Djamel et de quelques autres sociologues d'envergure internationale...). Il fallait par ailleurs assumer subitement les conséquences découlant  du fait qu'Emmanuel Macron, le sémillant JFK du Cac40, soit passé, en l'espace d'un entrefilet du Canard enchaîné, du statut d'irrésistible beau gosse à celui, effroyablement moins glamour, de pitoyable victime expiatoire de la vindicte de médiocres fonctionnaires syndiqués ; minable camarilla de grincheux nostalgiques de la Tchéka sévissant dans les bas-fonds fangeux de l'administration fiscale. Du genre aigris pas foutus de se payer des costards à 1200 euros. Mais le pire restait à venir : la mousson qui s'abat et qui donne à la Seine-et-Marne et au Loiret, départements jusque là peu suspects d'exotisme débridé, de faux airs de Bangladesh...
Ma province reculée n'est pas épargnée non plus par le Déluge, même si les précipitations n'y sont pas d'une ampleur biblique comme à certains endroits. La Loire est en crue et ce qui déboule de l'amont n'incite guère à l'optimisme pour les prochains jours, voire les prochaines semaines... Il va falloir attendre un peu pour pêcher en eaux courantes. Je suis donc contraint de me replier en urgence sur un petit étang dont l'eau est restée par chance à peine teintée...
C'est arrivé sur les berges de ce petit plan d'eau que je m'aperçois que j'ai lamentablement oublié à la fois le stock de cuillères vintage et mes poissons-nageurs Trulinoya. Saperlipopette. Les tests attendront. Néanmoins, il me reste quelques trucs en réserve. Mes Spinmad "maison" en 7 grammes par exemple...
Ou ce swimbait "bonzai" qui n'a pas son pareil pour réveiller les perches tapies dans les herbiers de bordure. Même si, en toute franchise, c'est ma version maison du Spinmad qui m'a permis en moins de 2 heures de réaliser un chouette petit carton de perchettes. Pas mal du tout, voire carrément mieux que ça, pour un leurre qui me coûte environ 25 cents l'unité et dont je me servais pour la première fois !!!^^

Un seul bémol ( car il en faut toujours un dans le coin, hélas...) : l'étang a l'air d'avoir sacrément été viandé. Certes, c'est la première fois que j'y pêche autant de perches mais c'est aussi la première que je n'y prend pas une seule de taille correcte... Cruel rappel à l'ordre. En effet, dans ma contrée de morts-de-faim au QI de palourde,  il faut croire que la perchette farcie aux métaux lourds est une denrée bien précieuse quand on n'a pas trouvé de nids de sandre... En attendant, il pleut toujours et l'eau monte. Comme dans la chanson...


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